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Marty Dick · Ständerat · 2008-03-04

Marty Dick · Ständerat · Tessin · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2008-03-04

Wortprotokoll

La nicotine crée une dépendance et a des effets psychotropes sur l'organisme humain. C'est donc une drogue au même titre que l'alcool, le cannabis, la cocaïne, l'héroïne et toute une série de médicaments - je pense notamment aux benzodiazépines. Parmi toutes les drogues que j'ai citées, c'est la consommation de nicotine qui a le plus haut taux de mortalité et de morbidité dans notre pays. Ce qui est intéressant - et je dirai, déroutant - est que l'on criminalise par exemple la consommation de cannabis et celle de cocaïne, qui font infiniment moins de dégâts du point de vue de la santé, alors que l'on discute maintenant à l'infini pour savoir si l'on peut consommer de la nicotine dans les lieux publics.

Contrairement à bien d'autres substances auxquelles s'applique la notion de drogue, la consommation de nicotine ne cause pas seulement un dommage à la personne qui la consomme directement, mais aussi à tous ses voisins à cause de l'inhalation de la fumée. Je crois qu'il faut garder à l'esprit cette réalité. Je ne suis nullement ami des interdictions, mais, comme Monsieur Gutzwiller l'a dit, il est indiscutable qu'il y a un changement culturel dans notre société sur l'attitude que l'on doit avoir envers ces phénomènes.

Je peux vous dire qu'au Tessin, qui a introduit un régime extrêmement rigide, les choses marchent très bien et qu'aucun signe ne permet de dire que la gastronomie est en train de périr; ce qui est curieux est que même les fumeurs, finalement, sont d'accord avec ce régime. Cela a d'ailleurs été très bien compris dès la votation populaire, la majorité ayant été absolument écrasante. Je peux vous dire aussi qu'en Italie, pays dont les citoyens ont la réputation d'être plutôt indisciplinés, cette interdiction est scrupuleusement respectée, et, ce qui est encore plus étonnant, c'est que pratiquement tous les Italiens sont maintenant d'accord de respecter cette interdiction.

Je crois que notre Parlement devrait être à l'écoute de l'opinion publique, et que si nous ne le comprenons pas aujourd'hui, je crains que nous le comprendrons au plus tard lorsque nous serons confrontés à une initiative populaire qui demandera exactement ce qui a déjà été fait au Tessin et ce qui est en train de se faire à Genève.