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Freysinger Oskar · Nationalrat · 2008-06-03

Freysinger Oskar · Nationalrat · Wallis · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2008-06-03

Wortprotokoll

Le programme de la législature représente ce que d'autres pays appellent programme de gouvernement. En principe, en Suisse ce programme est une plate-forme minimale réunissant les principales forces politiques du pays. Depuis que l'UDC n'est plus représentée au gouvernement - d'autant plus que depuis hier la dernière moitié de conseiller fédéral nous a quittés -, l'UDC se doit d'opposer à ce programme gouvernemental son propre projet de société. Voilà la raison de nos multiples amendements, de nos critiques, de nos remises en question. N'étant plus partie prenante de la gestion gouvernementale, nous devons consciencieusement faire notre travail de parti d'opposition avec toutes les difficultés que cela comporte dans un pays qui n'en a pas encore l'habitude. D'ailleurs nos adversaires doivent se sentir rassurés par le scrutin de dimanche dernier; ils peuvent lire la presse et se réjouir de la scission annoncée du seul parti qui ose ne pas suivre la voie politiquement correcte, consensuelle et toute tracée par la mondialisation qui doit, à terme, amener notre pays dans le giron de l'Union européenne. Ils peuvent donc continuer à dormir tranquilles! Qu'à cela ne tienne, en ce qui nous concerne, nous ne romprons pas, malgré les difficultés, et nous nous permettons d'opposer ici notre vision divergente de la société à celle d'un gouvernement qui est bien plus monocolore que ce que l'on pourrait croire.

Pour ma part, j'ai à traiter de l'article 3 du programme de la législature, celui qui concerne la formation et la recherche. Dans ce domaine, l'UDC s'oppose à la dérive de ces dernières années, qui consiste à déposséder peu à peu les cantons de leurs prérogatives dans le domaine de l'école. Par divers amendements nous demandons que la centralisation encore plus marquée des systèmes scolaires soit abandonnée car nous croyons à la diversité pédagogique voulue par le fédéralisme et à une saine concurrence entre des systèmes divergents.

Je vois des avantages à la coexistence de plusieurs systèmes éducatifs. D'abord, une saine concurrence leur permet de se mesurer entre eux. Lorsqu'un système se plante pour avoir abusé des réformes, d'autres sont là pour lui rappeler qu'il y a différents modes de faire et que certaines techniques éprouvées résistent mieux que d'autres. En revanche, lorsqu'un système est sclérosé par l'habitude, la proximité avec d'autres qui ont osé des voies novatrices l'entraîne dans leur sillon.

A l'heure où nous parlons tant de sauvegarder la diversité biologique, je prône la diversité pédagogique, car elle permet de s'adapter aux multiples microcosmes dont est constitué notre pays. L'école de proximité souffre des tentatives de centralisation que l'on qualifie - doux euphémisme! - d'harmonisation et qui visent à uniformiser ce que l'histoire a façonné dans son individualité, son caractère, sa diversité. Que l'on collabore entre systèmes différents, je suis le premier à l'appeler de mes voeux et à le soutenir, mais que l'on doive pour se fondre dans un moule général renier son âme, je ne l'accepterai pas!

D'autre part, nous refusons l'étatisation de la formation continue qui doit rester l'affaire du privé. Les entreprises offrent déjà tout un panel de possibilités dans ce domaine, et les individus peuvent accéder à de multiples offres sans que l'Etat s'en mêle et introduise ici aussi une lourde et onéreuse bureaucratie. Une fois de plus, nous nous opposons au "tout-à-l'Etat", cet Etat qui tend de plus en plus à vouloir prendre le contrôle des citoyens, du berceau jusqu'à l'euthanasie rendue nécessaire pour libérer des places dans les homes pour personnes âgées.

Ce que nous avons perdu dans ce pays, c'est la confiance dans la responsabilité du citoyen, la confiance dans son génie, son désir de renouvellement. Nous avons perdu la confiance en nous-mêmes et voulons charger l'Etat de faire taire ce doute en compensant ce que nous appelons nos insuffisances.

Or le fameux "lifelong learning", c'est la vie elle-même qui l'impose: chaque instant est un apprentissage; chaque expérience est formatrice; personne ne peut rester figé de peur de voir passer le temps; personne ne peut annihiler le futur par l'habitude. Laissons l'économie privée offrir des possibilités adaptées à ses besoins, laissons le citoyen choisir librement dans ce catalogue dynamique et ne lui imposons pas l'exercice fastidieux d'un concept artificiel, bureaucratique, qui ne sert qu'à donner bonne conscience aux politiques et à faire tourner une machine alibi onéreuse.

Pour ce qui est du paysage universitaire suisse, un amendement déposé par nos soins demande de simplifier les structures existantes et d'utiliser les ressources de manière plus efficace avant que de nouveaux plans soient tirés sur la comète. Une nouvelle loi dans ce domaine nous paraît parfaitement inutile. Ce qu'il faut, c'est une réduction des acteurs et une utilisation plus rationnelle des moyens. Il faut que les universités se prennent en main, que des synergies soient créées sans qu'un nouveau corset légal vienne imposer de nouvelles rigidités depuis le haut. En résumé, nous demandons au domaine de la formation de se prendre en main et nous refusons qu'il se fige encore plus par le jeu de nouvelles lois et réglementations.

Finalement, dans le domaine de l'innovation et de la recherche, nous considérons qu'elles sont l'affaire de l'économie et non pas de la Confédération. Ayant rejeté l'avant-projet de révision partielle de la loi sur la recherche lors de la consultation qui s'est terminée le 31 mars 2008, nous ne faisons ici qu'appliquer ce que nous avons toujours prôné: l'implication de l'Etat dans ce domaine doit se limiter à offrir des conditions-cadres optimales au secteur privé qui est, lui, responsable de la recherche. L'une de ces conditions-cadres indispensables est l'épuisement national dans la loi sur les brevets sans lequel la recherche dans notre pays est menacée, car l'Etat ne saurait se substituer à la dynamique du privé dans ce domaine primordial pour notre survie économique.