Barthassat Luc · Nationalrat · 2008-06-09
Barthassat Luc · Nationalrat · Genf · Fraktion CVP/EVP/glp · 2008-06-09
Wortprotokoll
L'aide au développement est souvent la cible de critiques qui sous-entendent pour certains qu'elle ne servirait à rien et qu'elle n'aurait pas permis de réduire la pauvreté dans le monde. Cela est faux. L'espérance de vie des habitants du Sud a augmenté en moyenne de 48 à 68 ans depuis les années 1970. La mortalité infantile y est actuellement trois fois plus basse qu'il y a 40 ans. Certaines maladies ont même été éradiquées. L'alphabétisation affiche une progression continue et, dans de nombreuses régions, la fertilité des sols a été améliorée. Ainsi, le nombre des pays capables de couvrir les besoins en calories de leurs habitants a doublé et le pourcentage moyen de personnes ayant accès à l'eau potable est passé de 20 pour cent en 1970 à 60 pour cent en l'an 2000.
En 2000, la Déclaration du Millénaire pour le développement a été adoptée à l'unanimité par l'Assemblée générale des Nations Unies. Cette déclaration est basée sur l'idée d'un partenariat mondial entre les pays du Nord et du Sud pour réduire de moitié l'extrême pauvreté et la faim, assurer la scolarisation de tous les enfants, promouvoir et renforcer l'égalité des sexes et la place de la femme et réduire la mortalité maternelle. Elle a aussi pour objectif de lutter contre le sida et de renforcer l'accessibilité à l'eau potable, mais aussi d'établir des relations commerciales et financières équitables, de libérer les pays pauvres du fardeau de la dette et, bien sûr, d'accroître l'aide au développement.
La Suisse a cosigné cette déclaration en 2000. Après 2001, presque tous les pays donateurs ont augmenté leur budget. Au niveau mondial, il y a aujourd'hui deux fois plus de moyens financiers disponibles qu'il y a sept ans. En 2005, les ministres des finances de l'Union européenne décidèrent d'augmenter l'aide par étape jusqu'en 2015 pour atteindre 0,7 pour cent du produit national brut. Depuis 2005, la politique de notre pays se trouve à contre-courant concernant le budget de l'aide au développement.
La Commission de politique extérieure du Conseil national a examiné et approuvé le projet du Conseil fédéral d'ouvrir un crédit de programme d'un montant total de 4,5 milliards de francs destinés à la Direction du développement et de la coopération (DDC) du Département fédéral des affaires étrangères. Elle a adopté à cet égard plusieurs propositions visant à porter la part de l'aide publique au développement à 0,5 pour cent du produit national brut dès 2010; à 0,6 pour cent dès 2012; ainsi qu'à 0,7 pour cent jusqu'en 2015.
La commission en a profité pour faire le point sur les orientations stratégiques de la politique suisse en matière de coopération au développement. Cela a donné lieu à de vifs débats, notamment en ce qui concerne l'augmentation de l'aide au développement pour atteindre l'objectif fixé par l'ONU de porter à 0,7 pour cent la part du produit national brut consacrée à l'aide publique au développement. Nous avons entendu des représentants du DFAE et du SECO, qui sont venus présenter certains aspects concrets de la coopération au développement aux membres de la commission. Nous avons aussi entendu la communauté des oeuvres d'entraide, dont Alliance Sud, afin de mieux comprendre le point de vue des ONG. Les discussions ont aussi porté sur des domaines aussi divers que la concentration géographique et thématique, le rapport entre aide bilatérale et aide multilatérale. Nous avons aussi parlé de l'efficacité de la coopération au développement. Sur ce sujet, la DDC se voit régulièrement attribuer de bonnes notes à l'étranger, grâce à la proximité qu'elle entretient avec les groupes cibles; à ses mesures de promotion du développement, axées sur les besoins et empreintes de pragmatisme; et à son aptitude à apporter des réponses novatrices aux spécificités locales et nationales.
L'aide au développement doit pouvoir répondre aux défis mondiaux que sont la crise alimentaire, les changements climatiques, les épidémies, l'accès à l'eau potable, etc. Un de ces défis reste toujours le même, celui de promouvoir le développement d'approches novatrices et d'obtenir l'impact nécessaire au moyen des ressources disponibles. Nous avons aussi beaucoup discuté de la coordination entre la DDC et le SECO. Une constante néanmoins: le principe de base, à savoir l'engagement solidaire de la Suisse à l'égard des pays du Sud, n'a été remis en cause à aucun moment.
Si certains membres de la commission ont fait valoir l'état des finances publiques et ont estimé que la DDC devrait d'abord poursuivre ses réformes, d'autres sont partisans de ses efforts accrus en faveur de l'aide au développement et souhaitent donner un signal politique fort, montrant la volonté de la Suisse d'atteindre les Objectifs du Millénaire de l'ONU. Ces mêmes personnes pensent que la Confédération devrait aspirer à un budget de développement adapté à une Suisse qui sort gagnante de la mondialisation, car la Suisse fait en effet partie de la minorité des pays industrialisés et en développement qui profitent de l'économie mondiale actuellement globalisée. Elle est ainsi l'un des pays les plus riches du monde. Elle est par conséquent invitée à accroître son budget de coopération.
Je vous demande donc d'adopter ce projet.