Calmy-Rey Micheline · Bundesrat · 2007-03-20
Calmy-Rey Micheline · Bundesrat · Genf · 2007-03-20
Wortprotokoll
Depuis le début des années 1990, le nombre de conflits impliquant un gouvernement a passé de 50 à 29 et le nombre de réfugiés de jure a passé de 17 à 10 millions de personnes. Cependant, de 1982 à 2003, le nombre de personnes déplacées à l'intérieur des pays a passé de 3 à 23 millions, soit un chiffre presque multiplié par huit, car les conflits sont devenus internes et ont changé de nature.
De 1985 à 2005, le nombre de catastrophes causées par les êtres humains - les catastrophes technologiques et autres - a été multiplié par cinq, passant de 50 à 250 par année, et le nombre de catastrophes naturelles a triplé, passant de 50 à 150 par année durant la même période. Dans le même temps, il faut bien avouer que le respect du droit international humanitaire a diminué; la lutte contre le terrorisme a également fait reculer le respect de ce droit; et il existe une violence accrue contre les populations civiles, en particulier contre les femmes, les enfants et les personnes les plus vulnérables.
Géographiquement, vous le savez, l'Afrique demeure la région de la planète la plus fragile, frappée qu'elle est à la fois par les désastres naturels et par des guerres, des violences contre la population, un afflux de réfugiés et de personnes déplacées à l'intérieur des pays.
L'aide humanitaire de la Confédération suisse est donc nécessaire. Elle s'inscrit dans le cadre d'une politique extérieure de la Suisse, qui est cohérente, universelle et crédible, en faveur des victimes des catastrophes et des conflits. Elle contribue à protéger la vie humaine, s'efforce d'apaiser les souffrances, contribue à prévenir les destructions et apporte assistance et protection.
Elle s'attache à la prévention des catastrophes essentiellement naturelles, technologiques et écologiques et à la préparation face aux catastrophes. Elle applique des principes d'humanité, d'indépendance, de neutralité, d'impartialité et ne soumet pas ses interventions à des conditions d'ordre politique. Elle respecte et fait respecter le droit international humanitaire.
Elle agit, comme dans le passé d'ailleurs, à la fois sur le plan bilatéral et sur le plan multilatéral. Un tiers de ses moyens est consacré aux actions menées par le Corps suisse d'aide humanitaire et le soutien apporté aux oeuvres d'entraide. Un [PAGE 233] tiers environ de ses moyens est consacré, sur le plan multilatéral, à soutenir l'action du CICR, et le dernier tiers environ à soutenir les acteurs humanitaires du système onusien.
Le crédit-cadre qui vous est présenté aujourd'hui s'inscrit dans l'effort général attendu afin d'assainir les finances fédérales. Les moyens financiers demandés dans ce crédit-cadre ne dépassent pas ceux qui étaient octroyés dans le crédit-cadre précédent, à savoir un montant de 1,5 milliard de francs couvrant une période de quatre ans au moins.
Je suis à votre disposition pour répondre à vos questions, si vous en avez encore.
Je vous remercie de votre soutien et vous invite, dès lors, à adopter ce crédit-cadre selon le projet du Conseil fédéral approuvé par la commission.