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Leuenberger Ueli · Nationalrat · 2008-03-17

Leuenberger Ueli · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2008-03-17

Wortprotokoll

La proposition que la majorité de la commission soumet à notre conseil est inacceptable. Les Verts affirment très clairement qu'il s'agit d'un projet misogyne, inadapté au marché du travail et contraire aux attentes de l'immense majorité de la population du pays. Au lieu d'un effort pour financer une réelle flexibilisation pour toutes et tous et non seulement pour les nantis de notre pays, on nous propose un exercice d'économies sur le dos des femmes.

Lors de sa dernière séance, la commission a fini par rejeter tous les modèles de flexibilisation élaborés par sa sous-commission. La commission propose le relèvement de l'âge de la retraite à 65 ans pour les femmes sans contrepartie. C'est un véritable affront envers les femmes. On ne tient toujours pas compte du fait que l'immense majorité des femmes [PAGE 330] se taillent la part du lion des tâches domestiques et éducatives non rémunérées. On ne tient toujours pas compte du fait que la majorité des femmes sont mal assurées au niveau du deuxième pilier ou n'en ont tout simplement pas. C'est aussi un mépris envers toutes celles et tous ceux qui, à cause de leur faible revenu, de leur mauvais deuxième pilier et de l'absence d'un compte en banque bien garni ne peuvent tout simplement pas s'offrir une préretraite. Par ailleurs, il s'agit souvent d'employées et d'employés qui exercent ou qui ont exercé des métiers usants et peu gratifiants. On ne tient pas compte non plus de la réalité des personnes de plus de 55 ans qui ont souvent les plus grandes difficultés à retrouver un emploi.

Je rappelle une fois de plus que l'initiative populaire des Verts "pour une retraite à la carte dès 62 ans, tant pour les femmes que pour les hommes" a été plébiscitée en 2000 par 46 pour cent des votants. Les cantons latins l'ont acceptée. Je rappelle également qu'en mai 2004, deux tiers des votants ont rejeté la première mouture de la 11e révision de l'AVS. Les citoyennes et les citoyens de notre pays ont ainsi clairement exprimé que la révision de l'AVS doit aller en direction d'une véritable flexibilisation, et qu'elle ne doit pas se faire sur le dos des femmes. Les promesses faites à maintes reprises se réduisent comme peau de chagrin; les Verts vous demandent de vous engager pour un départ digne à la retraite.

Nous rejetons la proposition de la majorité et soutenons prioritairement le modèle qui prévoit de mettre 800 millions de francs supplémentaires à disposition d'une véritable flexibilisation, modèle qui représenterait un contre-projet valable à l'initiative populaire de l'Union syndicale suisse. Nous avons aussi quelque peine à comprendre les manoeuvres de dernière minute du groupe radical-libéral, qui aurait eu tout loisir pendant les longs travaux de la commission de proposer d'autres choses que les "réformettes" que dénonce Monsieur Pelli.