AB 87975
Rime Jean-François · Nationalrat · Freiburg · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2008-03-19
Wortprotokoll
Tout d'abord, je déclare mes intérêts. Mon entreprise est un client d'une certaine importance de CFF Cargo. Elle expédie en effet chaque année plus de 1000 wagons.
Pour les médias, le grand public et une partie du Parlement, nous l'avons entendu, le débat se limite à la suppression des postes de travail à Bellinzone, Fribourg et Bâle. Les employés de ces différents endroits méritent naturellement toute notre attention et il est choquant qu'ils doivent faire les frais de l'incompétence de l'ancienne direction, du conseil d'administration et probablement du chef du département fédéral concerné. CFF Cargo est aujourd'hui virtuellement en faillite. Nous sommes donc confrontés à un assainissement d'entreprise.
L'ancienne direction a toujours parlé d'un équilibre financier proche. Le nouveau CEO des CFF doit malheureusement constater que la réalité est bien différente. La perte de 2007 s'élève à 200 millions de francs et les pertes cumulées de 2001 à 2007 à près de 600 millions de francs. D'où viennent-elles? Quelles en sont les causes? Personne ne peut donner une réponse précise. CFF Cargo ne dispose d'aucune comptabilité analytique digne de ce nom. Y a-t-il d'autres cadavres dans les placards, comme c'est en général le cas dans toutes les entreprises en difficulté? Nous attendons des réponses précises et rapides à ces questions. Les représentants des cantons concernés par les restructurations, et probablement vous tous, ne sont en effet pas prêts à soutenir des mesures sans avoir obtenu des réponses aux questions que je viens de poser.
Si je fais personnellement confiance à la nouvelle direction, j'espère aussi qu'elle obtiendra le soutien du conseil d'administration et du département fédéral concerné. Je dois malheureusement constater que vous, Monsieur le conseiller fédéral Leuenberger, et les anciens directeurs, Messieurs Weibel et Nordmann, ainsi que le président du conseil d'administration, Monsieur Lalive d'Epinay, êtes responsables de la catastrophe à laquelle nous sommes confrontés aujourd'hui. La semaine dernière, le magazine "L'Hebdo" titrait à juste titre "Le crash du copinage socialiste". Pour les prochaines nominations au conseil d'administration et à la direction, le seul critère de choix doit être la compétence.
Pour terminer, permettez-moi d'aborder le problème des stratégies. Je pense personnellement que nous devons d'urgence mettre en place une politique qui favorise une collaboration entre la route et le rail - je ne sais pas si c'est [PAGE 425] Monsieur Giezendanner ou quelqu'un d'autre qui l'a dit -, contrairement à ce que nous avons fait durant des dizaines d'années où nous avons toujours confronté la route et le rail - d'ailleurs, Monsieur Hämmerle vient d'en faire la démonstration.
Nous devons assainir CFF Cargo pour en faire une entreprise performante, au service de l'économie suisse. J'ai lu avec plaisir dans les documents qui nous ont été remis que le marché suisse a repris de l'importance. Nous devons arrêter de subventionner nos concurrents étrangers qui traversent la Suisse sur l'axe nord-sud et nous font concurrence. Les chiffres publiés ce jour par BLS Cargo prouvent d'ailleurs que cet objectif est loin d'être irréalisable.
Nous avons effectivement deux variantes, avec quelques sous-variantes. Ou bien nous créons rapidement une entreprise efficace dont toute l'économie du pays a besoin, ou bien, pour satisfaire le programme du Parti socialiste et ses ambitions de service public et de régie d'Etat, nous continuons à financer, sans connaître vraiment les coûts, une sorte d'atelier protégé à la tête duquel vous aurez peut-être encore quelqu'un à nous proposer parmi vos relations politiques!