Lexipedia

Polla Barbara · Nationalrat · Genf · Liberale Fraktion · 2000-12-12

Wortprotokoll

Pour le groupe libéral, l'initiative populaire "La santé à un prix abordable" doit absolument être rejetée, ceci pour de multiples raisons, notamment pour une solidarité bien comprise. Non pas que nous soyons favorable à une santé à un prix exhorbitant, mais malgré les difficultés évidentes auxquelles se trouve confronté notre système de santé en termes de coûts, nous aimerions d'abord, en tout état de cause, souligner, une fois de plus, d'une part, la qualité des soins et, d'autre part la solidarité intégrée dans notre système actuel des primes par tête.

Les cotisations d'assurance-maladie ne sauraient être assimilées à un impôt. Car c'est bien à un impôt que l'on aboutirait si l'on envisageait une taxation sur le revenu et la fortune. Or, la solidarité devant la maladie est, et doit être, une solidarité entre personnes en bonne santé et personnes malades, et non entre riches et pauvres. Cette autre solidarité entre les personnes fortunées et celles à revenus modestes est évidemment aussi fondamentale dans notre société, mais pas devant la maladie. Cette solidarité-là est d'ailleurs déjà largement prise en compte par notre système fiscal et contribue pour beaucoup à la prospérité et au bien-être général de notre pays.

Mais il ne faut pas tout mélanger, même en termes de solidarité. Il y aurait beaucoup à dire à cet égard aussi sur l'utilisation de l'augmentation de la TVA et la fausse équité sociale que ce système entend imposer.

L'initiative entend aussi accorder à la Confédération des pouvoirs supplémentaires en termes de réglementation et de planification. Les libéraux sont fondamentalement opposés à une centralisation et à une étatisation de la médecine, y compris de la médecine dite de pointe. Dans ce domaine aussi, la planification, la réglementation et la centralisation ne peuvent que nuire en fin de compte aux patients. La solidarité et la qualité des soins ne reposent pas sur la réglementation. Prenons un exemple: une nouvelle technique de transplantation de moelle se développe à San Diego et un médecin aussi compétent que passionné s'y rend pour l'apprendre. Il est de Lausanne et revient au CHUV. Mais hélas, la Confédération vient de planifier la transplantation de moelle et d'en réglementer la pratique uniquement à Zurich, ceci au titre de la rationalisation; une rationalisation qui devrait pourtant reposer bien plus sur les cantons et les régions que sur la Confédération.

Puis, si cette nouvelle technologie est beaucoup plus efficace, elle est aussi plus chère. Or, selon l'alinéa 5 de l'article 34bis tel que proposé par l'initiative populaire, la Confédération vient malheureusement de déterminer le prix maximum des prestations pour la greffe de moelle. Voilà qui mettrait fondamentalement en cause à la fois la qualité des soins et l'équité que nous visons tous en la matière. Les solutions à apporter aux problèmes des coûts de la santé, qui pèsent si lourd sur les budgets des citoyens et des ménages, ne sont pas à trouver dans l'initiative. Ce n'est pas le moment ici de vous développer les solutions envisagées par les libéraux, mais je vous invite, en leur nom, à rejeter cette initiative délétère. Qu'elle soit modifiée ou non, nous disons, Monsieur Robbiani: "Non!" Point à la ligne.

Cette initiative délétère risquerait, en effet, d'entraver même les activités du Docteur D. Moniack, symbole de notre promotion de la santé.