preparatory:AB 90414
Maury Pasquier Liliane · Ständerat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2008-09-18
Wortprotokoll
Quelles sont les relations entre la Suisse et l'ONU? Quel bilan tirer de la participation de notre pays à cette institution au cours de l'année écoulée? Quels sont à l'avenir les défis politiques et la stratégie d'implication de la Suisse au sein des Nations Unies? C'est à ces questions qu'entend répondre le rapport du Conseil fédéral dont nous discutons aujourd'hui.
Au lendemain de l'ouverture à New York de la 63e session de l'Assemblée générale des Nations Unies, il convient de rappeler, comme le fait ce rapport, les principaux développements survenus récemment à l'ONU et concernant la Suisse. Sous la houlette du nouveau secrétaire général, Monsieur Ban Ki-moon, l'ONU a, au niveau thématique, davantage mis l'accent sur le changement climatique et, au niveau structurel, réformé le Département des opérations de maintien de la paix, pour mieux répondre à la demande croissante de casques bleus. La Suisse a pris une part active au débat sur l'environnement, en faisant observer qu'il faudrait négocier des règles à caractère juridique contraignant dans la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. Sur le plan structurel, notre pays s'est particulièrement engagé en faveur de l'amélioration des méthodes de travail du Conseil de sécurité.
Globalement, le bilan de la participation suisse à l'ONU est largement positif. Les relations avec Monsieur Ban Ki-moon sont "très bonnes", selon le Conseil fédéral, qui rappelle pour la Suisse "l'importance et le caractère unique des Nations Unies comme instrument pour faire face aux défis mondiaux actuels", tels que la crise alimentaire, énergétique et environnementale ainsi que les problèmes migratoires. Il mentionne aussi, en parlant de la Suisse, les "opportunités offertes par cette plate-forme pour la défense et la promotion de ses intérêts au niveau global". Permettez-moi toutefois un petit bémol: la Suisse n'étant membre d'aucune alliance du type de l'Union européenne, elle se voit privée, dans certains moments décisifs, d'un soutien automatique et d'une masse critique.
Notre pays se distingue cependant par sa capacité à jeter des ponts entre différents Etats dans un contexte de tension croissante entre nouvelles puissances émergentes. Et la Suisse a remporté de beaux succès, par exemple en faisant [PAGE 641] adopter une résolution qui invite les puissances nucléaires à abaisser le niveau d'engagement opérationnel de leurs armes. Notre pays a également poursuivi son engagement de longue date dans le domaine des armes légères et de l'interdiction des mines antipersonnel. Et il a prôné l'adoption d'un mandat de négociation sur les bombes à sous-munitions.
En plus de la sécurité, l'ONU se concentre traditionnellement sur les droits humains et le développement économique. Sur le premier point, la Suisse soutient l'indépendance du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme qui subit des pressions de la part du Conseil des droits de l'homme. Quant au développement, faut-il encore dire que la Suisse s'est engagée comme les autres pays membres à réaliser les Objectifs du Millénaire et à accroître son aide au développement? Nous en avons bel et bien parlé ce matin.
Un moment fort des relations entre la Suisse et l'ONU, durant la période sous revue, réside dans l'examen périodique universel de notre pays par le Conseil des droits de l'homme le 8 mai de cette année. Ce nouveau mécanisme a conduit, sur la base d'un rapport rendu par la Suisse après une large consultation auprès des autorités cantonales et de la société civile, à une série de questions et de recommandations constructives adressées à la Suisse, dont la participation a du reste été jugée exemplaire. Les propositions faites à la Suisse portent notamment sur le respect des personnes migrantes, l'égalité hommes-femmes et les droits humains.
Et l'avenir dans tout cela? Le rapport rappelle les défis qui se posent à la Suisse en tant qu'Etat hôte de 25 organisations internationales. Une situation qui permet à notre pays d'exercer une influence plus que proportionnelle à son poids dans les relations internationales et qui contribue à la réalisation de nos objectifs de politique étrangère, sans oublier les avantages économiques générés par la présence sur notre territoire des organisations intergouvernementales et non gouvernementales.
La commission a soulevé la question de la stratégie qu'entend adopter la Suisse pour renforcer son influence au sein de l'ONU et, en quelque sorte, rattraper le retard dû à son adhésion tardive en 2002. Cette stratégie vise à représenter notre pays dans les organes de direction de l'ONU qui s'inscrivent dans les domaines prioritaires de notre politique extérieure et notamment au Conseil des droits de l'homme, eu égard à l'engagement traditionnel de la Suisse dans ce domaine et au rôle important qu'elle a joué dans la création de cet organe.
Partant, la Suisse a déposé sa candidature pour être réélue à ce conseil durant la période 2010-2013, afin de pouvoir défendre au mieux ses intérêts au moment du réexamen complet du statut prévu en 2011. La Suisse juge également prioritaire sa candidature au Comité du patrimoine mondial de l'Unesco, à l'horizon 2010, et pour trois ans, candidature qui s'inscrit dans les efforts déployés par notre pays pour sensibiliser la population à la protection du patrimoine culturel et naturel. Toujours dans l'optique de renforcer son influence, la Suisse souhaite renouveler l'effectif de ses agents et agentes au sein des secrétariats, dont près d'un quart atteindra l'âge de la retraite dans les années à venir.
Il y a exactement six ans, la Suisse adhérait à l'ONU. Depuis, son expérience multiculturelle et son savoir-faire diplomatique lui permettent de faire entendre sa voix dans le concert des nations. Et nous ne pouvons que nous en réjouir.
Réunie le 19 juin 2008, la Commission de politique extérieure a approuvé ces objectifs et pris acte du rapport 2008. En son nom, je vous invite à en faire de même.