Lexipedia

Hêche Claude · Ständerat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2008-09-18

Wortprotokoll

Le temps consacré au service civil est, chacun le sait, un facteur important. Une durée équivalant à 1,2 fois la durée des services d'instruction prévue par la législation militaire nous semble suffisante. Tout d'abord parce que le service civil n'est pas une voie de la facilité: les tâches à assumer sont à bien des égards aussi astreignantes, je dirai voire plus, que celles du service militaire. Les civilistes encadrent et soignent des personnes âgées, accompagnent des personnes handicapées, déblaient des gravats après des catastrophes, aident activement des paysans de montagne ou participent à la reforestation de zones déboisées. Durant son service, le civiliste est aussi amené à côtoyer d'autres générations de la société, à découvrir d'autres professions et d'autres régions de notre pays. Il partage ainsi les difficultés auxquelles certaines personnes sont confrontées et aide ces dernières à les surmonter. Grâce à de telles expériences, le service civil favorise l'intégration socioprofessionnelle des jeunes; à l'image du service militaire, le service civil est donc aussi une école de vie, mais qui touche encore plus directement les besoins de la société civile.

L'histoire montre un succès éclatant et unanime du service civil. Le bilan tiré à l'occasion de ses dix années d'existence a confirmé le rôle du service civil en tant que service citoyen précieux, efficace et à moindre coût pour la collectivité. Depuis 1996, ce sont plus de 15 000 jeunes qui ont servi la communauté de cette façon au sein de plus de 1800 établissements. L'action des civilistes sur le terrain représente l'équivalent de près de 1000 postes à plein temps en continu pendant dix ans au service de la population. Les actions des civilistes, bien que très utiles, viennent s'ajouter aux activités préexistantes; le service ne fait donc pas, ou plutôt très peu, de concurrence au marché de l'emploi.

Je me permets de relever au passage que l'étude "Sécurité 2007" menée par l'Académie militaire et le Centre de recherche sur la politique de sécurité de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich montre que les Suisses soutiennent massivement - 86 pour cent des sondés - l'idée d'une transformation des obligations militaires en un service obligatoire avec, et c'est important de le dire, la possibilité de choisir la forme de service: civil ou militaire.

Dès lors, nous avons aujourd'hui suffisamment de recul sur le service civil pour affirmer d'une part qu'il est une réussite. Accomplir un service civil est également une démarche qui a un sens, malgré la difficulté des efforts à consentir. La collectivité et les jeunes en sont convaincus. L'inscription du service civil sur le long terme est donc dans l'intérêt de tous. D'autre part, la diversité du travail accompli par les civilistes est sans aucun doute un facteur de cohésion sociale important. A l'écoute des besoins de la population, le service civil permet aux jeunes de se rendre compte du rôle qu'ils occupent dans la société et de quelle manière ils peuvent contribuer à son bien-être. Enfin, l'évolution de l'armée au cours des dix dernières années a fait naître une nouvelle attente de la population vis-à-vis des obligations de service, de sorte que le maintien d'une inégalité trop marquée entre service civil et service militaire ne se justifie plus.

Je ne vous demande pas un changement de philosophie dans ce dossier, mais tout simplement une meilleure reconnaissance du travail effectué par les civilistes. Pour toutes ces raisons, je vous invite à soutenir la proposition de la minorité.