Calmy-Rey Micheline · Bundesrat · Genf · 2008-09-18
Wortprotokoll
Une chose est sûre: il y a une pression accrue pour que la Suisse apporte sa part juste au financement des institutions multilatérales. La Suisse s'est jusqu'à maintenant engagée très activement en faveur d'un système multilatéral efficace, et elle doit pouvoir poursuivre cette politique. Le Conseil national a fait une proposition qui fixe des pourcentages à 40 et 60 pour cent: 40 pour cent pour l'aide multilatérale et 60 pour cent pour l'aide bilatérale. Nous avons jugé - et la Commission de politique extérieure du Conseil des Etats aussi - que ce n'était pas là un bon moyen de régler les choses, puisque cette formulation nous obligerait à diminuer de quelque 272 millions de francs la part de l'aide multilatérale telle qu'elle est prévue aujourd'hui dans le message qui vous est soumis. Cela correspond à 34 millions de francs de moins par année, ce qui est un montant conséquent. Cette proposition ne pourrait être suivie qu'avec une augmentation des moyens.
En revanche, j'ai compris la proposition Sommaruga Simonetta comme visant au maintien des pourcentages qui sont fixés pour la part des aides multilatérale et bilatérale, pourcentages qui sont fixés dans le message. En 2005, le Conseil fédéral avait placé à 43 pour cent la barre pour l'aide multilatérale, auxquels sont venus s'ajouter ces 3 pour cent de désendettement multilatéral. Cette répartition a été réitérée par le Conseil fédéral quand il s'est prononcé sur la contribution de la Suisse au réapprovisionnement des fonds de développement. Et le message qui vous est soumis aujourd'hui propose de continuer avec cette même proportion entre multilatéral et bilatéral pour l'ensemble de la période couverte par le crédit-cadre, c'est-à-dire 2009-2012.
Je tiens à souligner qu'il ne s'agit pas ici de décider entre coopération bilatérale et coopération multilatérale. Ces deux instruments sont complémentaires; la Suisse peut apporter une contribution importante à la coopération bilatérale: son savoir, son expérience, son approche pragmatique. Elle a aussi intérêt à garder sa présence et sa place dans les institutions multilatérales, puisque la Suisse est un pays qui dépend fortement du système international, et elle est tenue de respecter ses engagements internationaux afin de garder sa crédibilité.
La contribution à la résolution des problèmes transnationaux renforce la réputation et la nécessité pour la Suisse d'être présente sur le plan international. Nous devons pouvoir nous engager, avec les moyens financiers adéquats, dans les institutions multilatérales telles que les Nations Unies, la Banque mondiale, les institutions financières régionales. Mais nous devons aussi pouvoir nous engager avec une certaine crédibilité dans des programmes bilatéraux.
C'est la raison pour laquelle, dans la mesure où la solution de la proposition Sommaruga Simonetta se base sur les pourcentages fixés dans le crédit-cadre, à ce moment-là, nous pouvons être favorables à cette proposition.