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Maury Pasquier Liliane · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2000-12-13

Wortprotokoll

Bien sûr, beaucoup de choses ont déjà été dites lors du débat d'hier et je me suis donc posée la question de savoir si j'allais encore prendre la parole sur cette initiative. Toutefois, partant du principe qu'il est un certain nombre de choses qu'il vaut mieux prononcer soi-même plutôt que de les laisser vous ronger de l'intérieur, et donc pour ma propre santé, j'ai décidé de prendre encore la parole et de retenir votre attention quelques minutes.

Ainsi, notre commission, dans sa majorité, sourde et aveugle, a décidé de recommander le rejet de l'initiative populaire "La santé à un prix abordable" et n'a pas daigné non plus entrer en matière sur un contre-projet. Pourtant, au fil des dernières années, les primes d'assurance-maladie sont devenues le problème numéro un de très nombreuses personnes en Suisse, le plus souvent des familles, de celles qui sont dans le haut des revenus modestes ou dans la classe des revenus moyens. Pourtant, de plus en plus de personnes ne payent plus leurs primes d'assurance et se retrouvent, au moment où elles tombent malades, justement dans la situation que l'institution d'une assurance devrait permettre d'éviter: elles sont alors confrontées non seulement à la maladie, mais aux difficultés économiques qu'implique le remboursement de leurs dettes. Pourtant, cela a été rappelé de nombreuses fois, le montant de 8 pour cent du revenu utilisé comme référence tout au long des débats sur la LAMal est dépassé, et parfois largement pour de nombreuses personnes, et là encore spécialement pour des familles. Pourtant, la Suisse est le seul pays à pratiquer ce système inique de la prime per capita et l'initiative santé nous donne l'occasion d'en finir enfin. Pourtant, les différents systèmes mis en place par les cantons au titre de la réduction des primes non seulement n'atteignent pas leur but, en tout cas dans les cantons où les primes sont élevées, mais aussi n'assurent pas cette égalité de traitement qui nous est chère. Tout cela, vous le savez, mais malheureusement, jusqu'à aujourd'hui, aucune proposition n'allant dans le sens de décharger par exemple les familles n'a été acceptée par ce Conseil. La simple énumération de ces faits devrait vous permettre de comprendre qu'il ne suffit pas de déclarer que vous allez vous pencher sur ce problème, que vous allez étudier la question au sein d'une sous-commission, ni non plus qu'il suffit de responsabiliser les malades potentiels que nous sommes tous.

Alors, de deux choses l'une. Soit votre but est celui, à force de presser les gens comme des citrons, de les pousser finalement dans la voie de l'individualisme, de la désolidarisation et du "après-moi-le-déluge", ce qui vous permettra - c'est du moins ce qu'un certain nombre d'entre vous souhaite - de démanteler l'assurance-maladie, en revenant par exemple sur l'obligation de s'assurer ou en limitant drastiquement le catalogue des prestations, histoire d'en venir vraiment cette fois à une médecine à deux vitesses: une pour les riches qui peuvent tout s'offrir et une espèce de service minimum pour les plus pauvres - la majorité finalement d'entre nous; soit, en revanche, vous êtes réellement attachés à la solidarité entre générations et entre bien portants et malades. Dans ce cas, je vous en prie, écoutez celles et ceux qui vous ont élus: ils vous disent à quelles difficultés ils sont confrontés! Faites vraiment quelque chose pour résoudre ces difficultés, maintenant! Et si vous ne pouvez pas soutenir notre initiative pour des raisons idéologiques - ce que je regrette -, reconnaissez au moins l'importance du problème en chargeant votre commission d'élaborer un contre-projet, et soutenez donc la proposition de renvoi Robbiani.