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Darbellay Christophe · Nationalrat · Wallis · Fraktion CVP/EVP/glp · 2008-12-08

Wortprotokoll

Pour le groupe PDC/PEV/PVL, les événements d'une ampleur sans précédent de ces derniers mois ont clairement démontré la nécessité de mener un débat sur les valeurs, et cela entre les acteurs de l'économie et entre la politique et l'économie. Il appelle les dirigeants de l'économie à la modération et au sens des responsabilités, tout à fait conscient qu'il est que le gros des entreprises n'est pas en cause, car elles ne posent pas de problèmes, et que seuls quelques moutons noirs sont à l'origine des difficultés importantes que nous connaissons. Les rapports entre l'économie et l'Etat doivent se décrisper. L'Etat pose un cadre. Moins d'Etat, plus de liberté: cette devise qui a servi de boussole pour beaucoup doit aujourd'hui être revue de manière critique, car seul un Etat fort, un Etat qui fonctionne, favorise le développement économique. L'économie n'est pas une fin en soi, elle est au service de l'homme, du bien commun. Les dirigeants d'entreprise ont aussi à assumer une responsabilité sociale.

L'économie de marché sociale, ce modèle qui est à la base de notre vision de l'économie depuis des décennies, doit redevenir et rester le modèle prioritaire. Nos objectifs sont clairs: nous voulons éviter les répercussions de la crise économique sur les autres secteurs; nous voulons améliorer la protection des épargnants; nous voulons éviter un resserrement de la politique des crédits vis-à-vis des petites et moyennes entreprises. Dans le domaine financier, nous voulons que la politique des bonus soit revue et qu'elle soit basée sur les véritables succès à long terme des entreprises.

Pour éviter les retombées négatives de la crise économique, nous voulons un paquet de mesures de croissance.

Nous voulons aussi la révision de l'imposition des familles. Nous demandons moins d'impôts pour la classe moyenne et plus d'argent dans le porte-monnaie des familles. Nous demandons au Conseil fédéral de ne pas perdre de temps, de ne pas traîner les pieds avec des consultations à n'en plus finir et d'agir rapidement et efficacement en faveur des familles.

Concernant les prix des produits importés, nous avons les choses en main pour les faire baisser avec les importations parallèles, en faisant une exception pour les médicaments. Nous pouvons faire baisser les prix, alors agissons! Avec le principe du "Cassis de Dijon", nous avons là aussi une possibilité de faire baisser les prix.

Nous demandons de ne pas mener des débats sans fin sur le taux unique de la TVA ou sur le sexe des anges! Nous voulons une simplification rapide et technique de la TVA pour les petites et moyennes entreprises.

Nous voulons un programme d'armement accepté sans retouches, car il est aussi à l'origine de la croissance et du maintien d'emplois.

Nous voulons, et c'est aussi le sens des mesures proposées par le Conseil fédéral, anticiper les investissements d'ores et déjà prévus, notamment pour les routes, les transports publics et pour lutter contre les dangers naturels.

Nous voulons enfin qu'il y ait un oui sans équivoque à la voie bilatérale, également garante de notre succès économique ces prochaines années.

L'intervention de l'Etat était indispensable. Le paquet de mesures qui nous est soumis ressemble en effet à une pilule amère, mais il est inévitable sur le plan économique. L'objectif est d'éviter le pire, de stabiliser le système financier suisse dans sa globalité. Le groupe PDC/PEV/PVL considère que le programme qui nous est fourni est équilibré et qu'il est bien ficelé. Il considère aussi que le Conseil fédéral, la Commission fédérale des banques et la Banque nationale suisse ont bien jugé cette crise.

Toutefois, permettez-moi un mot sur la société de portage et sur le plan de sauvetage. Cette société a été prévue d'abord aux îles Caïmans, voulue ensuite à Berne, puis transférée enfin dans un paradis fiscal anglo-normand, sur l'île de Jersey. Sur le plan politique, c'est incompréhensible; c'est même une faute. Comment un Etat peut-il se renier lui-même dans un moment aussi symbolique, aussi important et aussi délicat? C'est n'importe quoi!

La remise en cause du paquet de mesures par certains ténors de la gauche va à l'encontre des efforts fournis pour restaurer la confiance. Ceux qui jouent avec le feu peuvent se faire mousser encore un petit moment, mais en définitive il faudra aussi assurer la stabilité et l'emploi.

Nous voulons l'amélioration de la protection des épargnants. Ce paquet ne peut, en effet, se limiter aux banques. Avec la motion Bischof 08.3529, "Renforcement de la protection des déposants", notre groupe a voulu dès le début de cette crise le renforcement de la protection des épargnants, pour ces hommes et ces femmes qui, leur vie durant, ont économisé chaque sou. Nous voulons l'augmentation de 30 000 à 100 000 francs de la garantie accordée à l'épargne. Nous voulons un privilège en cas de faillite. Enfin, nous voulons la protection séparée des deuxième et troisième piliers, ce qui nous paraît être une mesure particulièrement importante. Nous saluons le fait que le Conseil fédéral ait pris lui-même ces mesures, lui qui a dit encore le 21 septembre dernier qu'il n'y avait pas de nécessité d'agir.

La crise financière a aussi mis en lumière un système en matière de rémunération des dirigeants des entreprises du secteur financier, qui suscitait des doutes certains. Ces manquements sont à relever.