Zisyadis Josef · Nationalrat · 2008-12-08
Zisyadis Josef · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2008-12-08
Wortprotokoll
Dites-moi: est-ce que l'on donne de l'alcool à un alcoolique notoire pour le guérir? Au moins pour les toxicomanes, la politique suisse en matière de drogue, appelée politique des quatre piliers, permet de prescrire de l'héroïne sur ordonnance médicale. Dans le cas de l'UBS, les toxicomanes financiers toucheront le pactole de 68 milliards de francs sans aucun contrôle public, à fonds perdu ou presque. L'argent des citoyens sera investi pour exonérer ces dangereux trafiquants de toutes leurs responsabilités dans leur propre débâcle. Le chantage auquel le Parlement suisse est soumis et auquel, j'en suis persuadé, il répondra positivement tout à l'heure, c'est renflouer l'UBS ou mettre au chômage des centaines de milliers de travailleurs. Ce chantage fonctionne, y compris auprès de la gauche sociale-libérale, qui ne jure que par une prise de participation dans le capital de l'UBS. Quelle audace! Quelle responsabilité sociale!
Que l'UBS actuelle soit démantelée, c'est le meilleur assainissement financier que nous pourrions souhaiter. Ce n'est pas l'UBS en tant qu'institution qu'il faut sauver, mais les milliers d'emplois qui pourraient être affectés. C'est tout différent! Est-ce que le Conseil fédéral est intervenu pour injecter de l'argent dans Swissmetal? Est-ce qu'il est intervenu en injectant de l'argent dans CFF Cargo pour faire en sorte qu'il y ait toujours des emplois? Eh bien non! Et là, il choisit d'injecter de l'argent public, alors que celui-ci doit être injecté ailleurs. Il doit être injecté pour maintenir des emplois socialement utiles, pour créer un pôle public de crédit et pour développer un bouclier social. Contre la tyrannie des marchés financiers, il n'y a pas de demi-mesures. Nous avons besoin, en tant que peuple suisse, d'une socialisation de l'UBS, avec une expropriation sans aucune indemnisation, parce que c'est la seule façon de créer un pôle public de crédit créateur d'emplois et producteur de biens utiles.
Les 68 milliards de francs doivent aller, selon nous, directement aux travailleurs. Nous n'avons pas besoin de scénarios d'intermédiaires douteux qui vont plonger l'ensemble des intérêts publics dans la spirale de la croissance des intérêts financiers privés et qui, peut-être, vont même mettre en danger la Banque nationale suisse. A notre sens, ce qu'il y a d'urgent, c'est de créer un bouclier social, c'est la mise en place d'un salaire minimum et d'un revenu maximum acceptables. Il faut enfin arrêter tout de suite toute réforme de l'assurance-chômage dans le sens de celle qui est en préparation et qui va pénaliser les chômeurs.
Tout franc public détourné dans le sauvetage de l'UBS sera un franc qui sera soustrait au bouclier de la justice sociale et à la lutte contre le réchauffement climatique. C'est pour cela que je vous invite à soutenir la proposition de non-entrée en matière ainsi que les deux propositions de renvoi.
Cela me fait un peu sourire, Monsieur le conseiller fédéral, lorsque je découvre que le Conseil fédéral, à majorité néolibérale, devient tout d'un coup étatiste à outrance. Il est vrai que c'est votre système économique qui est en crise et que vous avez une telle peur de subir l'effondrement de votre "mur de Berlin"!