AB 91508
Brunschwig Graf Martine · Nationalrat · Genf · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2008-12-08
Wortprotokoll
L'auteur de la proposition de la minorité a déclaré qu'il ne comprenait pas que ce conseil puisse repousser sa proposition. Je dirai que la majorité de la commission, dans un certain sens, comprend très bien le sens de sa proposition qui est, en définitive, dans l'hypothèse où la situation deviendrait extrêmement négative, de participer au capital de l'UBS dans une proportion très importante. Mais une chose qui n'est pas compréhensible, ce sont finalement les raisons pour lesquelles il la fait.
Premièrement, il faut rappeler qu'à l'origine, l'UBS, dans le cadre de la société de portage, doit donner 6 milliards de dollars comme base de capital propre. Cela signifie, dans l'hypothèse où il pourrait y avoir des pertes, que ces 6 milliards sont destinés à faire office de première couverture contre les pertes. Donc, en admettant qu'on se base sur un montant de 6 milliards de dollars, c'est une discussion où 10 pour cent déjà, au départ de la société de portage, sont couverts par l'UBS à concurrence de 6 milliards de dollars.
Deuxièmement, s'agissant de l'option d'achat de la BNS portant sur 100 millions d'actions UBS: c'est justement un calcul curieux que celui de limiter le nombre d'actions, la couverture à 1,5 milliard de francs. Puisque vous avez évoqué ici la possibilité que l'UBS fasse des affaires faramineuses, qu'elle se porte de façon extraordinaire, et que vous avez relevé qu'il serait donc parfaitement injuste d'avoir, d'un côté, une société de portage qui clôt avec des pertes et, de l'autre, une UBS qui se porte le mieux du monde, je vous ferai remarquer ceci. Si l'UBS se porte le mieux du monde, on ose imaginer, si la Bourse existe encore, que ses actions vont, elles aussi, se porter le mieux du monde, et que le savant calcul, qui se fonde sur une valeur de 1,5 milliard de francs, portera sur plus de 1,5 milliard de francs, s'agissant de la valeur de 100 millions d'actions. On peut imaginer que l'action UBS, qui a atteint d'autres valeurs dans les belles années - et les belles années ne sont pas très lointaines -, peut atteindre 45 ou 50 francs. Et si vous faites ce même calcul à ce moment-là, vous ne vous retrouvez plus du tout avec les mêmes montants, mais avec 5 milliards de francs de couverture pour 100 millions d'actions. Cela signifie tout simplement que le raisonnement tenu ici n'est pas le bon.
De plus, le fait de devoir donner encore une garantie totale sur les pertes, c'est un découragement par rapport à la façon dont nous attendons que l'UBS s'active pour la réalisation des actifs. Quand on veut s'activer, il faut une motivation et la motivation ne peut pas être obtenue par une garantie totale; c'est exactement le contraire qui se produit dans de tels cas.