Levrat Christian · Nationalrat · Freiburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2008-12-15
Wortprotokoll
Je commencerai par deux remarques préliminaires à l'attention des orateurs du groupe UDC.
Monsieur Föhn, dans son exposé, semblait regretter l'absence de transparence du dossier. Permettez-moi de lui rappeler un certain nombre d'éléments, qui a mon avis ont tous été exposés avec une transparence absolue. Le projet ZEB dont nous débattons aujourd'hui est l'un des quatre projets des grands projets ferroviaires. Ceux-ci comprennent premièrement la NLFA, deuxièmement les liaisons à haute vitesse vers les capitales des pays voisins, troisièmement la lutte contre le bruit, et quatrièmement le projet Rail 2000.
Premièrement, le projet ZEB dont nous débattons est la deuxième étape de Rail 2000 et je ne vois pas en quoi il y a lieu de se plaindre d'une absence de transparence vis-à-vis des quatre projets énumérés. Au contraire, depuis maintenant presque dix ans nous débattons à intervalles réguliers, au sein de ce conseil et dans les commissions compétentes, de l'évolution et du financement de ces projets. Chaque étape a été chiffrée, actualisée, commentée et discutée, notamment par vous-mêmes, et il y a quelque mauvaise foi à soutenir que vous ne bénéficiez pas de la transparence suffisante. Je suis heureux que vous ayez conclu vous-même à cette mauvaise foi en retirant votre proposition de minorité de renvoi au Conseil fédéral.
Deuxièmement, si j'ai bien compris vos explications, vous considérez que ces projets ne sont pas surveillés, ne sont pas suivis par le Parlement, avec une attention suffisante. Je me permettrai de vous rappeler qu'avec la Délégation de surveillance de la NLFA, composée de membres de la Commission des finances, de la Commission de gestion et de la Commission des transports et des télécommunications des deux conseils, nous avons un organe de surveillance des [PAGE 1844] plus stricts pour évaluer le suivi des travaux; un organe de surveillance tellement strict que nous avons demandé, dans le cadre de l'opération de la Banque nationale suisse en faveur de l'UBS, d'instaurer une surveillance similaire pour les 60 milliards de francs dont il est question. Malheureusement, notre conseil a refusé de prévoir cette surveillance dans le cadre de l'opération précitée, ce que je regrette, mais nous reviendrons à la charge. Mais, de grâce, ne nous dites pas d'un côté qu'il n'y a pas une surveillance suffisante pour refuser de l'autre une surveillance minimale.
J'en viens au sujet qui nous occupe, le projet ZEB 2, avec une réflexion finalement assez simple. Nous assistons dans ce projet à la collision de deux ordres temporels assez différents. D'un côté, il y a les besoins qui sont évalués à extrêmement court terme, une actualité qui se fait et se défait en fonction des habitudes de la population et au fil - il faut le dire aussi - des campagnes de presse auxquelles nous pouvons assister dans les différentes régions du pays. Ce sont des campagnes publiques - pour la troisième voie en ce qui me concerne; pour les tunnels de Gléresse, du Wisenberg ou du Zimmerberg en ce qui concerne d'autres personnes. Il y a donc d'un côté une pression médiatique et populaire assez forte à relativement court terme, une pression à laquelle nous devons tenter de répondre par une adaptation du matériel roulant, par une adaptation des prestations des CFF avant tout. De l'autre côté, il y a quelques réflexions en termes d'infrastructures; des réflexions qui, elles, doivent beaucoup plus porter sur le long terme. Pour le Parlement, il y a probablement peu de tâches aussi gratifiantes que celles qui consistent à planifier, à réfléchir à long terme - sur des dizaines d'années - à propos du développement de nos infrastructures publiques.
Nous devons, par le biais de ce projet, fixer des priorités qui répondent à trois critères. Tout d'abord, il faut établir des critères d'efficacité du réseau ferroviaire dans son ensemble. L'essentiel de nos décisions doit être dirigé par cet élément-là.
Deuxièmement, il faut tenir compte d'impératifs financiers. Monsieur Hämmerle l'a rappelé: nous vivons actuellement dans une période où l'évolution est un peu schizophrénique. D'une part, il y a de fortes pressions allant dans le sens de révisions à la baisse, des pressions exercées par le biais de l'examen des tâches de la Confédération, qui conduiraient le DETEC à renoncer à toute une série de projets déjà adoptés. D'autre part, on constate des souhaits d'extension en veux-tu, en voilà, formulés par l'ensemble des représentants des régions concernées.
Troisièmement - et il est juste que ce critère n'intervienne qu'en troisième lieu -, il faut prendre en compte l'équilibre régional. Ce critère vise à une acceptation minimale dans la population des projets que nous débattons ici. A ce titre, comme élu romand, je dois me faire l'écho d'une certaine frustration de la région lémanique, une frustration liée au reclassement en deuxième phase de la troisième voie Lausanne-Genève.
Mais dans une approche globale du réseau, dans une approche qui tienne compte des réalités financières du réseau dans son ensemble et de la deuxième phase prévue, soit le ZEB 2, nous vous invitons à entrer en matière sur l'ensemble du projet.