Saudan Françoise · Ständerat · Genf · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2000-11-27
Wortprotokoll
La présidente (Saudan Françoise, présidente): La vie de notre Conseil est marquée par certaines traditions. Elles vont bien au-delà des habitudes dont on aurait oublié les origines. Ainsi en est-il de l'élection à la présidence de notre Conseil. Elle traduit des valeurs fondamentales de notre démocratie, l'équilibre entre les diverses forces politiques et la possibilité accordée aux différents cantons et aux différents partis d'accéder à la présidence pendant un an. Un an, un laps de temps suffisant pour apprécier le pouvoir, mais insuffisant pour prendre de mauvaises habitudes, une des grandes vertus de nos institutions.
C'est donc à une représentante de la minorité latine que vous venez d'accorder votre confiance, ce dont je suis profondément honorée, à une Genevoise dont le canton, comme celui du Tessin, est isolé à l'extrémité de notre pays, ce qui peut parfois donner l'impression que nous serions attirés par nos grands voisins, la France et l'Italie. Mais il n'en est rien. Notre pays n'est pas une nation au sens strict du[PAGE 728] terme. Nous n'avons pas d'unité géographique, nous n'avons pas d'unité linguistique, culturelle ou religieuse, mais nous avons la volonté de vivre et de construire notre avenir ensemble.
Dies, lieber Carlo Schmid, verstehe ich jetzt noch besser, nachdem ich ein Jahr als Vizepräsidentin an Deiner Seite verbracht habe. In diesem Jahr habe ich Deine Qualitäten, Deine Kompetenz, manchmal Deine Ungeduld, vor allem aber Deinen tiefen Respekt vor unseren Institutionen und vor dem Föderalismus schätzen gelernt. Ich verstehe jetzt noch besser, was die Stärken unseres Landes sind und wie wertvoll es ist, sich in den anderen hineinzudenken und seine Eigenart zu würdigen.
Ein Bild insbesondere habe ich in sehr starker Erinnerung: Du hast uns am Tage nach der Bürositzung auf den Kronberg geführt - einen wunderbaren Aussichtspunkt in Deinem Kanton. Das Wetter war prächtig. Wir sahen in der Ferne Österreich und Deutschland. Europa lag da zu unseren Füssen. Du hast mir jede Stadt auf der anderen Seite der Grenze erklärt. Natürlich hast Du mir auch jedes Tal, jeden Gipfel und jedes Dorf von Appenzell Innerrhoden gezeigt, und Du hast mir die Geschichte deines Kantons in Erinnerung gerufen, vor allem die Weisheit des Appenzellers, zwei Halbkantone zu bilden, um einen Religionskrieg zu verhindern.
J'ai ainsi été confortée dans une priorité essentielle à mes yeux: la nécessité de renforcer notre cohésion nationale. Renforcer notre cohésion nationale, c'est reconnaître la vertu et l'importance du débat politique dans notre système de démocratie semi-directe. C'est repenser, redéfinir de manière constante notre réalité helvétique. Nous, les citoyens et les politiciens, devons construire l'avenir de notre pays jour après jour, dans un esprit de tolérance à l'égard de nos concitoyens et de toutes les personnes qui vivent dans notre pays, dans un esprit d'ouverture vis-à-vis de nos voisins. Nous appartenons à la famille européenne; nos liens avec l'Europe se sont renforcés au cours du temps, mais l'intégration en Europe et au sein du monde ne peut se faire que si nous cultivons et renforçons nos liens avec nos propres concitoyens.
Capirete che la sessione di primavera dell'anno prossimo a Lugano ha per me un'importanza particolare. La nostra presenza nella Svizzera italiana traduce questa preoccupazione, questa volontà di andare incontro ai nostri compatrioti d'oltre-Gottardo, per meglio capire la loro specificità e il loro contributo indispensabile alla Confederazione.
Vus avais fatg quai per la Svizra franzosa. Nus vegnin a far quai damaun per la Svizra taliana. Pertge betg in di per la Svizra rumantscha?
Non pas pour en revenir à la Diète tournante des débuts de la Confédération, mais pour marquer l'attention et l'intérêt que nous portons à toutes les composantes de notre pays. Car les liens qui nous unissent ne vont pas de soi. Ils exigent une attention particulière de tous les instants. C'est pourquoi je suis très sensible à la présence des autorités cantonales genevoises et des autorités de ma commune de Chêne-Bougeries. Je les remercie ainsi de manifester l'attachement des autorités politiques genevoises à la Confédération.
Permettez-moi de consacrer encore un instant aux Genevois qui ont fait, selon la formule consacrée, le voyage de Berne. Ce sont celles et ceux qui m'ont précédée sur les bancs de ce Conseil, mes amis et ceux qui me sont le plus chers, ma famille. Leur présence témoigne de l'importance que revêt pour moi cette journée et de la compréhension, de l'amitié dont ils ont toujours fait preuve à mon égard. Car nous en sommes tous conscients, tout engagement, qu'il soit politique ou autre, implique des choix. Ces choix se font au détriment d'autres engagements, fussent-ils professionnels ou privés. C'est la grande leçon de modestie que m'a apportée la politique. Et j'ai appris encore une chose: dans notre système politique, auquel je suis profondément attachée, rien ne peut être entrepris, rien ne peut être réalisé seul. Nous devons nous entendre, car il nous faut trouver la solution qui soit acceptable pour le plus grand nombre de nos concitoyens.
C'est dans cet esprit que j'assumerai le mandat que vous venez de me confier, en étant pleinement consciente que c'est grâce à votre soutien, grâce à votre aide que nous continuerons à oeuvrer pour le bien de notre pays. (Applaudissements)
[VS]
[VS]
2. Wahl des ersten Vizepräsidenten des Ständerates
2. Election du premier vice-président du Conseil des Etats
[VS]
La présidente (Saudan Françoise, présidente): M. Anton Cottier vous est présenté comme candidat à la fonction de premier vice-président.
Je prie M. Plattner, scrutateur, et M. Schiesser, scrutateur suppléant, de délivrer les bulletins.