Rime Jean-François · Nationalrat · 2009-03-09
Rime Jean-François · Nationalrat · Freiburg · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2009-03-09
Wortprotokoll
Sur un point, je partage l'avis de Monsieur Rennwald: la crise économique et financière est grave, très grave. Elle va probablement durer longtemps. Elle va aussi changer de manière définitive plusieurs secteurs économiques. Les causes de cette crise sont nombreuses; elles sont surtout la conséquence de nombreux excès. Monsieur Rennwald et la gauche en général parlent de l'ultralibéralisme; les esprits libéraux comme moi auraient tendance à critiquer les interventions intempestives de l'Etat.
Une chose est sûre: la politique monétaire expansive de la Banque centrale américaine est certainement responsable de la crise des subprime qui a marqué le départ de cette crise. Les nombreux excès doivent être corrigés. Ils ont pour nom salaires indécents de certains managers, gestion à court terme, endettement énorme de trop nombreux Etats, systèmes financiers basés sur des modèles mathématiques auxquels personne ne comprend rien, et j'en passe.
Mes collègues de parti vous ont parlé des plans de relance; je ne ferai à ce sujet qu'une seule remarque. A l'exception des investissements d'infrastructure que l'on peut anticiper, la plupart des autres projets contribuent à augmenter dangereusement l'endettement de l'Etat et à travailler à crédit sur le dos des générations futures.
Je l'ai déjà dit, plusieurs secteurs ne seront plus les mêmes après la crise. La finance et les banques font certainement partie de ces secteurs. Pour ne pas tout mélanger, je ne vais pas aborder aujourd'hui le secret bancaire et la fiscalité, qui feront l'objet d'un débat urgent la semaine prochaine. Je rappelle quand même que la place financière, c'est 12 à 14 pour cent du PIB, 200 000 emplois dont 120 000 dans les banques, des revenus fiscaux très importants. Mais c'est aussi 40 milliards de dollars de la BNS, donc la fortune des Suissesses et des Suisses, qui ont été investis pour reprendre des actifs toxiques, un emprunt convertible obligatoire qui fera de la Confédération un actionnaire de l'UBS à hauteur de 10 pour cent, et peut-être de nouvelles demandes. On a lu dans la presse dominicale que l'UBS et probablement le Credit Suisse auraient recours à la Centrale de lettres de gage des banques cantonales suisses pour financer leurs liquidités.
D'autres établissements sont également trop importants pour que l'Etat les laisse disparaître.
Auront-ils besoin de l'aide de la Confédération? J'espère que non, mais personne ne peut répondre à cette question. Si la nomination de Monsieur Oswald Grübel à la direction d'UBS est plutôt une bonne nouvelle - je crois qu'il n'a rien à perdre et que c'est un manager de crise -, celle de l'ancien conseiller fédéral Kaspar Villiger me laisse sceptique. A-t-il bien géré la crise des fonds en déshérence et celle de Swissair? A-t-il empêché les placements hasardeux chez Swiss Re comme administrateur? Il n'est en tout cas pas l'administrateur représentant la Confédération que nous attendons au conseil d'administration d'UBS.
Un certain nombre d'entreprises font courir un risque à notre pays, un risque économique insupportable. Le groupe UDC a fait un certain nombre de propositions qui ont été reprises dans la motion 09.3019, "Réduire les risques pour la place financière suisse", adoptée par la Commission de l'économie et des redevances et la Commission des finances. Monsieur Theiler a critiqué le fait que cette motion venait du groupe UDC et de la gauche. Je crois que nous vivons une situation exceptionnelle et particulièrement grave et qu'à situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. Je l'ai déjà dit comme rapporteur de commission: cette motion comprend cinq points. Je les répète brièvement:
1. Il s'agit d'étudier la séparation des activités bancaires en Suisse et à l'étranger.
2. Il s'agit de fixer des règles salariales - je l'ai dit aussi: ces salaires exagérés sont certainement une cause de cette gestion à court terme qui a amené la catastrophe qu'on connaît.
3. Il s'agit aussi de fixer des règles pour les entreprises qui pourraient avoir besoin de l'aide de la Confédération.
4. Il faut que la Confédération obtienne un siège au conseil d'administration d'UBS.
5. Il s'agit de tout mettre en oeuvre pour que la Confédération récupère, dès que possible et avec bénéfice, les fonds qu'elle a engagés pour le sauvetage d'UBS.
On a parlé de la FINMA. Monsieur Rechsteiner Paul - sauf erreur - l'a dit: la FINMA a fait quand même l'objet en séance de commission d'un certain nombre de critiques. Elle manque de moyens, elle manque peut-être de compétences dans certains domaines et elle manque peut-être aussi d'indépendance.
Enfin, je crois que le but pour nous n'est pas que la Confédération reste un actionnaire important d'UBS; elle doit s'en sortir au plus vite. Cette mesure était une mesure d'urgence et nous devons essayer de libéraliser UBS.
Je vous demande de soutenir la motion de la Commission de l'économie et des redevances et de la Commission des finances afin de garantir à notre pays une diminution des risques inconsidérés qu'il court aujourd'hui.