preparatory:AB 95357
Calmy-Rey Micheline · Bundesrat · Genf · 2009-03-02
Wortprotokoll
Le postulat "Stratégie globale pour la promotion de la paix et le désarmement" touche à des problèmes d'une grande importance. C'est juste, notre réponse est courte, mais cela ne signifie pas que le Conseil fédéral n'a pas compris le message, c'est-à-dire le message qui réclame de la cohérence et qui prévoit que l'ensemble des mesures de promotion civile et militaire de la paix soit présenté dans un seul rapport.
Ceci étant, l'élément nouveau qui a été discuté en commission est celui du désarmement et de la non-prolifération nucléaire, et c'est la raison pour laquelle le Conseil fédéral s'est plutôt concentré sur cet élément. Si vous le permettez, j'aimerais aborder aussi cet aspect des choses, puisqu'il manque un peu dans ce qui a été fait jusqu'à présent.
Les défis de sécurité se multiplient. Les conflits interétatiques et régionaux sont fréquents. Les combattants militaires utilisent des armes légères qui proviennent souvent d'arsenaux résiduels de la guerre froide. Les transferts illicites de ces armes intensifient et prolongent les hostilités dont souffrent surtout les populations civiles. Le danger que représente la prolifération d'armes de destruction massive s'est également accru. Et pourtant, on observe un blocage des processus internationaux de désarmement et de non-prolifération: à témoin, le blocage de la Conférence du désarmement à Genève.
Par le passé, la Suisse n'est pas restée inactive devant ces défis. Elle s'est engagée dans la lutte contre le trafic d'armes légères et de petit calibre. Elle a soutenu l'élaboration d'un instrument des Nations Unies qui vise à l'identification et au traçage des armes de petit calibre. Dans le domaine de la lutte contre les mines antipersonnel, la Suisse a engagé 64 millions de francs. Elle a aussi lancé le processus international de la Déclaration de Genève sur la violence armée et le développement. Cependant, dans le domaine du désarmement des armes de destruction massive ainsi que dans le domaine de leur non-prolifération, l'engagement de la Suisse est resté très limité, car il n'existe pas de crédit général consacré à des projets dans ce domaine. Et un crédit spécifique et limité dans le temps a cependant permis, vous vous en souvenez certainement, de contribuer à la destruction des armes chimiques en Russie et en Albanie.
Si la Suisse n'est pas restée complètement inactive par le passé, elle s'est surtout occupée des armes légères et l'évolution de la situation internationale requiert un renforcement de nos activités, en particulier dans le domaine des armes de destruction massive et de la non-prolifération. La Suisse pourrait ainsi renforcer sa propre sécurité et celle des autres pays.
En tant qu'Etat neutre permanent, la Suisse est prédestinée à s'engager activement en faveur d'un désarmement international durable. Nous avons une solide expérience dans la fourniture de bons offices, nous jouissons d'une bonne réputation dans le domaine du désarmement conventionnel et [PAGE 6] nous entretenons des relations avec tous les Etats. Nous disposons d'une crédibilité et d'une liberté d'action dans notre engagement en faveur du désarmement, ceci du fait que nous n'appartenons à aucune alliance militaire.
Je salue donc l'initiative qui est prise par la Commission de la politique de sécurité du Conseil des Etats. Le postulat nous donne l'opportunité de réfléchir en profondeur aux actions qu'il importe d'entreprendre et le Conseil fédéral soutient ce postulat et vous invite à l'adopter. Nous sommes prêts à rédiger un rapport sur l'ensemble - j'espère vous avoir rassuré, Monsieur Burkhalter - de la question de la promotion de la paix et du désarmement, une vision globale, une sorte de "Leitbild Frieden" qui vous sera remis en temps voulu.