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Burkhalter Didier · Ständerat · Neuenburg · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2009-03-04

Wortprotokoll

J'aimerais d'abord remercier le Conseil fédéral pour ses réponses très circonstanciées aux quelques questions que j'ai posées sur les liaisons à grande vitesse. C'est techniquement complet. Ce qui laisse un peu un goût d'inachevé, c'est plus l'appréciation politique. C'est donc uniquement sur cet aspect que j'aimerais me concentrer.

L'objectif principal dans le dossier des liaisons à grande vitesse vers la France et compte tenu des décisions que l'on a prises au Parlement ces dernières années, en particulier avec la loi de 2005 sur le raccordement aux LGV, c'est d'inscrire durablement, de manière complémentaire et cohérente dans l'ensemble du réseau toutes les lignes dans lesquelles on investit, et c'est le cas entre Berne et Paris par Neuchâtel, mais aussi par Lausanne et bientôt par Bâle avec le TGV Rhin-Rhône. Pour toutes ces lignes, et spécialement pour Berne-Neuchâtel-Paris, il faut clarifier une série d'éléments d'ordre technique, mais il faut surtout clarifier la volonté politique et l'agenda. C'était le but principal de mon interpellation.

Le Conseil fédéral répond assez largement, mais partiellement à mon sens. Il dit, en résumé, que sur le sol français les travaux avancent bien - tant mieux, parce que c'est avec un investissement de quand même 40 millions de francs de la part de la Suisse -, que le plus gros investissement sur sol suisse, le tunnel de Rosshäusern, sera bien réalisé dès fin 2010 - un peu plus tard que prévu pour la mise en fonction vers 2015 -, que son financement est assuré selon des engagements des entités concernées. Il nous dit aussi que les temps de parcours seront grosso modo proches des objectifs. Le Conseil fédéral nous dit encore qu'il est conscient de l'importance de liaisons sans changement entre Berne et Paris, que ces liaisons s'inscrivent, selon lui, dans une perspective à long terme dans le réseau franco-suisse à grande vitesse.

Voilà qui est globalement positif. C'est bien de le dire, de le répéter. C'est bien de le confirmer, mais l'avenir reste encore incertain, comme toujours - on apprend d'ailleurs beaucoup ces temps-ci que l'avenir est incertain -, mais en l'occurrence il est encore un peu trop brouillardeux à mes yeux. Je pense qu'il faut faire preuve d'un peu plus de volonté politique pour aider cet avenir à se réaliser vraiment, comme on le voudrait. Il faut que la Confédération s'engage clairement en faveur de ces liaisons, afin que ces liaisons depuis Lausanne, Berne et Neuchâtel vers Paris soient conçues en complémentarité de la future liaison TGV Rhin-Rhône par Bâle.

Concrètement, il faut que ce principe soit constamment affirmé. Il faut aussi que le principe en question soit appliqué, notamment en ce qui concerne toutes les décisions qui touchent à l'exploitation et qui sont prises dès maintenant, que ce soit pour le matériel roulant, les horaires, en passant par la mise en valeur commerciale. Ces décisions pour l'avenir, notamment celles qui touchent au matériel roulant, sont prises maintenant, dès l'année 2009. Il faut donc que ces décisions n'affaiblissent pas la volonté politique de base, mais au contraire la renforcent, d'autant plus que - et j'aimerais encore ajouter cet élément - l'objectif de disposer de nombreuses liaisons directes, sans changement entre Berne et Paris, ne pourra, selon toute vraisemblance, pas être atteint autant qu'on le voudrait par Bâle. De fait, la correspondance Berne-Paris par Bâle impliquera assez souvent un changement et même assez souvent, je crois, une certaine attente à Bâle.

Je suis convaincu que seule une attitude forte, proactive permettra d'utiliser au mieux, de manière complémentaire, et au-delà de 2015 de manière durable, les investissements qui sont engagés ou qui vont l'être ces prochaines années. Je vous remercie d'avance, Monsieur le conseiller fédéral, de bien vouloir vous exprimer en la matière et je forme le voeu que votre intervention orale d'aujourd'hui permettra [PAGE 64] d'accroître la satisfaction un peu mesurée, mais réelle, que l'on a à la lecture de votre réponse écrite.