Fournier Jean-René · Ständerat · Wallis · Fraktion CVP/EVP/glp · 2009-03-12
Wortprotokoll
Lors de la session de décembre dernier, je n'étais pas, et de loin, satisfait de la réponse apportée par le Conseil fédéral à l'interpellation Burkhalter 08.3452. C'est pourquoi je salue aujourd'hui sa motion 08.3928, qui contraint la Confédération à agir de manière proactive dans ce domaine en élaborant une convention de partenariat.
Nous sommes en 2009, et il n'est plus temps d'attendre ni de tergiverser: il est certainement temps d'agir. Une sécurité moderne digne de ce nom se juge à l'aune de ce que l'on entreprend pour la protection de ses membres les plus vulnérables, et bien sûr les enfants et les adolescents en font incontestablement partie. Chaque année de nombreux mineurs disparaissent en Europe, et également parfois dans notre pays; fort heureusement, il s'agit dans la majorité des cas de fugues qui trouvent une issue heureuse. Un certain nombre de disparitions toutefois relèvent d'une autre cause: l'enlèvement d'enfants et d'adolescents par des prédateurs sexuels.
Cette réalité, indépendamment de l'horreur du fait divers, nous concerne tous; pour faire face à cette menace, il s'agit aujourd'hui de pouvoir compter sur des systèmes d'alarme toujours plus performants. En cas d'enlèvement, il est indispensable que l'alarme puisse être diffusée le plus rapidement possible sur l'ensemble du territoire national. Comme vous le savez, tout se gagne - et malheureusement aussi, tout se perd - dans les premières heures qui suivent la disparition; si les systèmes mis en place par nos polices cantonales donnent, Dieu merci, de bons résultats à l'heure actuelle, ils souffrent du fait de ne pas être en mesure de diffuser immédiatement un message d'alarme à la population. La mise en place du dispositif "alerte enlèvement", tel qu'il est prévu dans la motion, comblera justement ce manque.
L'élaboration d'une convention de partenariat ainsi que la faisabilité du projet sur les plans technique et juridique ne devraient pas présenter de problèmes majeurs; par ailleurs, les charges financières générées par ce nouveau système d'alerte ne doivent pas non plus constituer un obstacle rédhibitoire, persuadé que je suis que les partenaires prendront en charge chacun leur part.
Je regrette la position par trop légaliste du Conseil fédéral, qui se retranche derrière le principe de la souveraineté cantonale en matière de sécurité publique. Nous ne sommes pas ici en train de discuter d'une répartition des tâches, mais bien de proposer un système pour protéger notre population et en particulier les enfants et les adolescents. Le système "alerte enlèvement" n'a donc de sens que s'il est mis en place au niveau national. C'est la raison pour laquelle la Confédération doit prendre le leadership dans cette affaire. En élaborant une convention et en la présentant aux différents partenaires - cantons, sociétés de transport ou de télécommunication -, elle mettrait à ce moment-là la pression sur ces partenaires, qui devraient se préparer à la signer.
Pour toutes ces raisons, je vous invite donc à soutenir la présente motion en l'adoptant.