Marty Dick · Ständerat · Tessin · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2009-03-12
Wortprotokoll
J'aimerais réagir au sujet de ce que Monsieur Germann a dit. Il a parlé de l'intervention de Staline dans la guerre d'Espagne, comme si cette intervention avait privé le camp républicain de toute légitimité et de tout idéal. Je lui rappelle simplement que si aujourd'hui nous sommes libres, c'est aussi grâce à l'intervention de Staline dans la Deuxième Guerre mondiale. Je vous rappelle que pour un soldat américain mort, cent soldats russes sont morts. Et aujourd'hui il est historiquement prouvé que, sans l'intervention de l'Armée rouge dans la Deuxième Guerre mondiale, on n'aurait pas pu anéantir le fléau nazi.
Dans chaque conflit armé, on commet des deux côtés des excès, des abus et des choses horribles. Du côté nazi on sait très bien ce qu'il s'est passé, mais je vous rappelle le bombardement de Dresde, qui était totalement inutile et qui constitue, selon le droit actuel, certainement un crime de guerre. Il faut donc faire attention avec les jugements simplistes du type: "Parce que Staline était de leur côté, les Républicains ont perdu toute légitimité."
Aujourd'hui, nous devons simplement décider si les Suisses qui ont été condamnés pour avoir été volontaires durant la guerre civile espagnole doivent être réhabilités ou non. Je crois pour ma part qu'il n'y a plus aucun doute - et je remercie Monsieur Inderkum pour son intervention absolument magistrale sur ces aspects du problème - que ces personnes sont intervenues dans un esprit idéaliste, pour sauver des valeurs, pour payer de leur personne. Je crois que cela mérite le respect. Une société libérale et responsable comme la nôtre, même avec du retard, devrait pouvoir reconnaître cet engagement en faveur d'idéaux.
Nous avons aussi, alors, condamné des gens qui ont aidé des réfugiés juifs à trouver asile en Suisse pendant la Deuxième guerre mondiale; nous les avons considérés comme des délinquants. Avec retard, nous avons aussi reconnu que ces personnes sont intervenues motivées par un idéal. C'est de cela qu'il s'agit aujourd'hui.