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Epiney Simon · Ständerat · Wallis · Christlichdemokratische Fraktion · 2000-12-05

Wortprotokoll

Vous avez entendu tout à l'heure de la bouche du président de la commission que, au sein de la sous-commission, la proposition de modification du budget de cette rubrique a été acceptée à l'unanimité, et que, au sein de la Commission des finances, elle a été refusée par 8 voix contre 5, alors qu'au Conseil national, à deux voix près, la même proposition aurait subi un sort différent.

Le 24 septembre 2000, le peuple s'est prononcé en matière d'énergies renouvelables. Nous avons eu l'occasion d'entendre M. Villiger, conseiller fédéral, interpréter à sa manière le vote alors que, en réalité, le peuple ne s'est pas prononcé contre les énergies renouvelables, mais qu'il s'est prononcé contre une taxe sur l'énergie qui avait notamment comme incidence un renchérissement du prix de la benzine et du mazout. Par contre, tout au long de la campagne, les opposants ont constamment affiché leur attachement au développement des énergies renouvelables et, dans ce même esprit, ils se sont aussi engagés à prendre un certain nombre de mesures pour que nous puissions réduire le taux de CO2 et éviter que la loi que nous avons adoptée soit mise en vigueur, si nous ne pouvons réduire de 10 pour cent le taux de CO2 en 2010.

Ce sont donc ces considérations qui nous ont amenés à proposer une augmentation de différents postes consacrés à la recherche et au développement des énergies renouvelables. En 1990, le peuple a accepté à 71 pour cent l'article constitutionnel qui nous demande, d'une part, d'utiliser de manière plus rationnelle l'énergie et, d'autre part, de soutenir les énergies propres. Il a été promis à ce moment-là, lors de la campagne, d'affecter les ressources nécessaires. Or, pour des raisons budgétaires notamment, tant le Conseil fédéral que le Parlement n'ont affecté que le tiers de ces ressources promises, soit 55 millions de francs, comme vous l'avez également entendu. A ce rythme, il est évident que nous n'arriverons pas à réduire le taux d'émission de CO2 et que lorsqu'il s'agira d'appliquer cette loi, eh bien, nous allons nous trouver devant de très grandes difficultés à cause, notamment, du renchérissement du prix de la benzine.

Donc, il faut utiliser toute une série d'instruments, notamment pour sensibiliser la population et les autorités au besoin d'économies. L'augmentation que nous proposons, de l'ordre de 35 millions de francs, est une mesure modeste, mais qui peut avoir un impact important, de l'avis même de l'Office fédéral de l'énergie, pour le maintien d'un programme crédible en matière d'utilisation rationnelle de l'énergie.

La Suisse dispose dans ce contexte d'un savoir-faire considérable. Elle a des écoles de pointe. Elle dispose depuis très longtemps de différents outils pour valoriser les énergies que nous avons, pas seulement l'énergie hydraulique, mais également la biomasse, le bois, le solaire. Nous avons là tout un potentiel que nous pourrions développer et que nous laissons véritablement en friche.

A titre comparatif, savez-vous que l'Autriche utilise, comme la Suisse, 12 pour cent de ses besoins énergétiques sous forme hydraulique? En revanche, l'Autriche produit, à partir de la biomasse, du bois et du solaire, 29,7 milliards de kilowattheures contre 6 pour la Suisse, soit cinq fois plus en Autriche qu'en Suisse.

L'Office fédéral de l'énergie a démontré, pour ceux qui sont réticents vis-à-vis de cette proposition, qu'avec le programme "Energie 2000", on peut fonctionner sans bureaucratie dans ce domaine, donc fonctionner avec efficacité en soutenant des projets concrets promis à un bel avenir. Nous jouons, dans le domaine de l'énergie, un peu aux apprentis sorciers. Les dernières études qui ont été faites ont démontré que les réserves pétrolières connues sont aujourd'hui de l'ordre de 50 à 70 ans, que le réchauffement de la planète est inquiétant et que nous sommes dès lors appelés toutes et tous à économiser et à soutenir les énergies propres, sans pour autant passer pour des missionnaires de l'environnement que nous ne sommes pas.

C'est dans cette optique que je vous demande d'appuyer cette proposition de minorité qui a risqué de passer le cap du Conseil national, et pour une fois, de ne pas jouer le rôle d'une simple Chambre d'enregistrement.