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Zisyadis Josef · Nationalrat · 2009-05-26

Zisyadis Josef · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2009-05-26

Wortprotokoll

Je vois bien quel est l'intérêt politique du Conseil fédéral dans toute cette affaire. C'est un peu le mot d'ordre: "rassurer, rassurer", parce qu'il faut donner un signal positif et, comme il le dit d'ailleurs dans le texte, "susceptible d'établir la confiance avec la constitution de réserves financières". Mais très franchement, je ne suis pas convaincu que ce soit justement ressenti favorablement, aussi bien chez les consommateurs qu'au sein du monde paysan. En effet, à ce jour, absolument rien n'est établi en ce qui concerne les mesures d'accompagnement. Une fois de plus, on ne veut pas voir que le budget pour l'alimentation en Suisse est l'un des plus bas d'Europe et que ce n'est pas l'agriculture qui est responsable de cette situation. Bien d'autres secteurs grèvent le budget des familles, et mettre l'accent là-dessus est à mon sens totalement contre-productif.

Dans tout ce débat, le concept de souveraineté alimentaire devrait être essentiel, parce que lorsqu'on négocie, il s'agit de défendre un certain nombre de points de vue. Or ce qui est le plus important pour les familles paysannes, c'est bien l'écoulement des produits et donc d'avoir les meilleurs accès au marché indigène. Avec toutes les incertitudes qui règnent dans les négociations actuellement, comment voulez-vous que nous puissions nous déterminer sur un montant et sur une forme de financement? Aujourd'hui, l'agriculture mérite plus que cela. Comme je vous le disais tout à l'heure, il faut notamment avoir un concept basé sur la souveraineté alimentaire qui permette une agriculture rémunératrice aussi bien pour les familles paysannes que pour leurs employés. Surtout, il faut repenser à une agriculture créatrice d'emplois dans le cadre général dans lequel nous vivons.

Jusqu'à maintenant, l'essentiel dans cet accord de libre-échange est une suppression des normes sociales et écologiques, ce qui ne va évidemment pas dans le bon sens, aussi bien du point de vue de l'agriculture suisse que de celui de l'agriculture européenne - qui n'a pas besoin non plus que l'on baisse les standards suisses.

Par conséquent, en l'état actuel, un refus pur et simple me paraît être la procédure la plus adéquate - en l'état actuel, je le dis bien. En effet, l'avenir des familles paysannes n'est pas à vendre au plus offrant.

Sur la forme même du financement proposé, de deux choses l'une: soit les montants sont insuffisants, et alors je ne vois pas comment on pourrait répondre avec cette réserve au bilan; soit on parle de hausse éventuelle de la TVA, ce qui me paraît quand même assez hypothétique dans la situation actuelle. On prétend même que le montant de l'affectation pourrait être inférieur - c'est dit dans le texte - en fonction des négociations. Permettez-moi alors de souligner que, dans tous les cas de figure, nous sommes face à quelque chose d'inacceptable, aussi bien pour l'agriculture suisse que pour les consommateurs.

En l'état, je vous invite à ne pas entrer en matière.