Couchepin Pascal · Bundesrat · Wallis · 2009-06-02
Wortprotokoll
C'est une question que je me pose tous les jours. Si les gens qui sont au contact du marché, les assureurs, font une estimation, quels sont les instruments dont nous-mêmes disposons - ou dont nous pourrions disposer - pour dire aux assureurs qu'ils se trompent, alors qu'ils sont quotidiennement au contact du marché, paient les factures, voient si certaines assurances - ou certains prestataires de soins - retiennent des factures pour ne les présenter que l'année suivante? Ce dernier cas s'est présenté cette année, semble-t-il, avec certains hôpitaux qui ont retenu des factures au mois de décembre 2008 pour les présenter en 2009, de telle sorte que le chiffre de l'augmentation des dépenses dans ces hôpitaux - c'étaient des hôpitaux universitaires - apparaisse comme moins élevé qu'il ne l'était en réalité.
Les assureurs se trouvent à proximité du marché. S'ils ne sont plus capables de tester le marché, je ne crois pas que les collaborateurs de la Confédération puissent le faire. C'est pour ça qu'il y a des réserves. Celles-ci, finalement, ne sont pas là pour que l'auteur du commentaire "Reflexe" dans la "NZZ" puisse dire des banalités sur les capitaux, le capitalisme et ainsi de suite. Elles sont là pour couvrir des risques, et le premier risque existant est celui d'avoir sous-estimé les coûts.
Encore une fois, cette sous-estimation représente des montants importants en chiffres absolus, mais c'est relativement faible en pourcentage. Est-ce que vous êtes capable, Monsieur Leuenberger - moi pas, en tout cas! -, d'estimer à 2 pour cent près vos dépenses de l'année prochaine? Moi pas, je le répète. Et pourtant, le calcul est relativement [PAGE 952] simple: c'est vous seul qui décidez de vos dépenses, ou pratiquement. Dans le cas présent, il y a une multitude d'acteurs et de partenaires qui interviennent, chacun avec des circonstances locales particulières, et une erreur de 2 pour cent n'est pas extraordinairement importante.
Ce qui est vrai, en revanche, c'est qu'il était peut-être imprudent d'estimer à 2,5 pour cent l'augmentation des dépenses alors qu'historiquement, ces chiffres s'élèvent à 4 à 5 pour cent. Mais je le répète toujours: en 2006, on a eu une bonne surprise, car on avait surestimé les dépenses; en 2007, on était à peu près dans la cible; c'est à partir de 2008 que la situation a commencé à déraper. Je suis convaincu que ceux qui sont proches du marché sont davantage aptes à sentir l'évolution de ce dernier que l'administration fédérale.