preparatory:AB 98663
Maury Pasquier Liliane · Ständerat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2009-06-03
Wortprotokoll
J'ai déjà évoqué cette question dans le débat d'entrée en matière, mais j'aimerais juste rappeler deux éléments qui me semblent importants: le premier, c'est le fait que l'espérance de vie varie fortement selon les catégories professionnelles et qu'il en va de même pour l'espérance de vie en bonne santé; le deuxième, c'est que si l'on observe le profil professionnel des personnes qui ont profité de la possibilité de prendre une retraite anticipée, on constate une surreprésentation des cadres et des personnes exerçant une fonction dirigeante. Bien sûr, les personnes à petit revenu qui doivent - parce que la plupart du temps c'est plus une obligation qu'une volonté - prendre une retraite anticipée ont accès à un revenu relativement correct grâce aux prestations complémentaires. En revanche, pour la catégorie qui se situe juste un tout petit peu au-dessus, il n'y a rien, alors que ces personnes n'ont pas non plus toujours le choix de prendre ou non une retraite anticipée.
J'ajouterai qu'en période de crise économique, nous assistons bien évidemment à une augmentation du taux de chômage et, avec cette crise, vraisemblablement à une augmentation du chômage de longue durée, notamment pour les personnes de plus de 55 ans, et ceci malgré toutes les promesses et tous les encouragements, en tout cas oraux, à maintenir les personnes de cette catégorie en emploi. Dans ce sens, la solution que je préconise est, certes, une solution coûteuse, mais là encore, lors des débats en commission, j'avais maintes fois signalé ma disponibilité à chercher une solution plus modeste. Comme je n'ai pas trouvé d'écho, j'ai choisi la minorité la plus généreuse qui avait été discutée en séance plénière au Conseil national, même si je n'en fais pas une religion. Je pense qu'il y aurait moyen de trouver une solution intermédiaire.
J'ai finalement soutenu la solution de la majorité de la commission parce que, effectivement, "qui veut le plus veut le moins". Et, à défaut d'une solution vraiment satisfaisante, je préfère quelque chose que rien du tout. Je préfère cette solution bancale, même si elle impose des conditions, notamment le lieu de domicile, le nombre d'années de cotisation, [PAGE 468] et même si le fait qu'elle soit limitée à dix ans me paraît très problématique.
Maintenant, bien évidemment, c'est à ce conseil de se décider. Ceci étant, et je l'ai déjà exprimé, la solution de la majorité de la commission n'est malheureusement à mes yeux qu'un "susucre" pour essayer de faire passer la pilule amère de la 11e révision, et notamment l'augmentation de l'âge de la retraite des femmes. Dans ce sens, il est vrai que cela ne suffit pas à rendre cette 11e révision acceptable, cela d'autant plus vu les décisions que nous venons de prendre par rapport au rythme d'adaptation des rentes.
Dans ce sens également, je vous remercie de soutenir ma proposition de minorité.