Savary Géraldine · Ständerat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2009-06-05
Wortprotokoll
Je vous offre aujourd'hui une occasion inespérée - j'espère que vous saurez la saisir - de montrer votre souci, même en petit comité comme ici, pour ceux qui restent, d'agir contre le chômage des jeunes. Ne me remerciez pas! Acceptez plutôt cette motion, car elle est importante pour agir contre le chômage des jeunes.
On le sait, les jeunes sont les premières victimes de la crise parce que les gens restent à leur place de travail en cette période, parce que les entreprises n'embauchent plus et parce que l'effort consenti par l'économie pour engager des personnes manquant d'expérience ou en phase d'apprentissage diminue en période de récession. Résultat des courses: le marché du travail est figé et la mobilité entre les secteurs professionnels n'existe plus, ou plus beaucoup. Une autre conséquence est que le chômage chez les jeunes a explosé de 30 pour cent en un an, et c'est une situation qui nous inquiète toutes et tous, du moins je l'espère. [PAGE 558]
Madame la conseillère fédérale, je vous ai entendue une fois à la Radio suisse romande, lors d'une émission où quelqu'un vous interpellait, sans doute quelqu'un de mon parti, pour vous dire: "Mais qu'est-ce que vous faites pour les places d'apprentissage? Il y a un problème de places d'apprentissage pour les jeunes. Que fait le département?" Et vous disiez, je trouve à juste titre: "Au fond, le problème ne réside pas dans les places d'apprentissage. Le problème se pose quand les jeunes sortent d'apprentissage parce que, justement, le marché du travail est complètement figé. Les portes sont fermées pour les jeunes." Je pense que vous aviez raison de répondre à mon camarade de parti en insistant sur ce problème. Je crois que c'est un vrai problème, et c'est la raison pour laquelle j'ai déposé cette motion.
Cette motion est assez simple. C'est une proposition parmi d'autres qui vise à offrir un chèque de formation de 5000 francs aux jeunes qui sortent d'apprentissage mais qui ne trouvent pas de travail. Ce chèque de formation permettrait de se perfectionner dans une institution professionnelle reconnue. Les jeunes choisiraient cette dernière, soit tout seuls, soit sur le conseil d'un spécialiste en orientation professionnelle. Ce système permettrait aux jeunes de tenir le coup pendant la crise. Il permettrait bien sûr d'améliorer leurs compétences. Il permettrait aussi d'imaginer, pourquoi pas, des passerelles entre la période d'apprentissage et éventuellement une formation supplémentaire, par exemple dans une haute école spécialisée.
Comme je l'ai dit, c'est une proposition parmi d'autres. Ce qui compte, c'est de lancer des idées pour faire en sorte qu'on puisse travailler ensemble à des solutions communes. Je serais ouverte à toute autre suggestion en la matière. J'espère que nous pourrons avoir cette discussion à la fin de l'été ou en septembre prochain; j'espère que le DFE imaginera des solutions pour lutter contre le chômage des jeunes, et c'est au fond une piste de réflexion que je vous propose aujourd'hui.
Pour les raisons qui précèdent, je vous invite à soutenir cette motion, pas forcément pour la proposition telle quelle, mais pour montrer que le Conseil des Etats souhaite travailler sur la question du chômage des jeunes et souhaite que le DFE et Madame Leuthard, conseillère fédérale, esquissent des pistes de réflexion et apportent des réponses afin que nous puissions en septembre, pourquoi pas, revenir sur le sujet.