Sommaruga Carlo · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2009-09-07
Wortprotokoll
Il y a une proposition de minorité qui prévoit d'affecter 10 pour cent de 257 millions de francs à des projets destinés à des communautés roms, à savoir 25 millions de francs sur cinq ans. Je pense qu'aujourd'hui en Europe, nous n'avons toujours pas tiré les leçons de l'histoire, et tout particulièrement du génocide des Roms pendant la Deuxième Guerre mondiale, probablement parce qu'il n'y a pas eu de travail de mémoire. Cette absence de travail de mémoire fait que les Roms sont encore aujourd'hui fortement discriminés à travers l'Europe, et que l'hostilité vis-à-vis de cette communauté s'est encore renforcée ces dernières années. Dans les faits, la situation de cette communauté à travers l'Europe est grave, et même très grave.
Le Programme des Nations Unies pour le développement estime que 79 pour cent des Roms au Kosovo, 69 pour cent [PAGE 1340] en Roumanie et 61 pour cent en Serbie, pour ne citer que trois chiffres, vivent en dessous du seuil de pauvreté. L'espérance de vie des Roms est de dix ans inférieure à celle des autres Européens. Et les discriminations dans le domaine de l'emploi, de l'habitat, de la santé et de l'éducation sont conséquentes.
Bannis de nombreux pays, une partie importante des 10 millions de Roms d'Europe vivent en marge de la société. Retranchés en périphérie des villes, parfois dans de véritables bidonvilles, un nombre croissant d'entre eux vivent dans des conditions sanitaires inadmissibles. La ségrégation physique des Roms aggrave leur marginalisation. Ils sont de fait exclus de l'accès aux services publics, de l'enseignement et de la santé. Corollaire de cette évolution, on constate également que le nombre d'expulsions forcées de Roms de leur logement ou de leur terre a considérablement augmenté ces dernières années.
La situation est si préoccupante que finalement l'Union européenne a décidé de décréter la décennie 2005-2015 comme la décennie de l'inclusion des Roms, afin d'éliminer la discrimination et de combler les écarts inacceptables entre les Roms et le reste de la société. Le 16 septembre 2008, la Commission européenne a organisé à Bruxelles un premier sommet européen sur la question des Roms en Europe, au cours duquel elle a invité l'Union européenne à prendre des mesures communes pour favoriser leur intégration.
Il appartient donc aujourd'hui aussi à la Suisse d'aller dans ce sens et, finalement, de faire un effort financier. Oui, la proposition qui nous est soumise aujourd'hui par la minorité Fehr Hans-Jürg est concrète et permet de financer des projets en faveur des communautés roms. Elle va dans le sens de l'initiative du canton de Genève 08.300 qui a été évoquée, mais elle est surtout un élément concret pour éviter l'arrivée des migrants en Suisse et que ceux-ci ne soient accueillis que par des mesures répressives prises dans des démarches populistes, comme on l'a vu en 2007 à Genève.
Dans cette perspective, je vous invite, au nom du groupe socialiste, à adopter la proposition de la minorité Fehr Hans-Jürg.