Protection des marais et agriculture
Moorschutz und Landwirtschaft Protection des marais et agriculture Tutela delle paludi e agricoltura
REDACTION
Problèmes et ébauches de solutions 3.1 Les conflits d'intérêts réels et potentiels entre la protection des marais Manuel et l'agriculture sont aussi variés que les marais et les sites marécageux. Conservation des marais en Suisse 2 L'éventail va de problèmes d'exploitation de petites surfaces qui 2/1995 peuvent être facilement résolus à des conflits complexes qui mettent en question l'existence même des exploitations agricoles concernées. Les dégâts de piétinement localisés qui peuvent être évités par une amélioration de la gestion de la pâture constituent un exemple de problème assez facile à résoudre. En revanche, si des biotopes marécageux sont exploités trop intensivement sur de grandes surfaces, une adaptation de l'utilisation à la protection des marais peut entraîner des problèmes pour l'ensemble de l'exploitation. La conséquence peut être, par exemple, une forte réduction du nombre d'animaux sans possibilité de compenser totalement la perte de revenu qui en résulte.
La diversité des problèmes et des situations fait qu'il n'existe pas une MANUEL méthode unique pour résoudre les conflits et que chaque cas doit être CONSERconsidéré pour lui-même. Néanmoins, certains principes éprouvés de VATION DES MARAIS gestion des conflits peuvent être présentés pour différents conflits EN SUISSE d'utilisation. C'est le but du présent chapitre.
BEAT VON WYL / WALTER DIETL / DANIELE WENGER
Le pacage des hauts et (les bas-marais 3.1.1
MANUEL CONSER- VATION DES MARAIS EN SUISSE
1 UN GRAND NOMBRE DE MARAIS SONT PATURES Fig. 1: Dans les zones de flysch, les pâturages marécageux constituent souvent une bonne partie des L'inventaire des bas-marais de Suisse (DEPARTEMENT FEDERAL alpages. DE L'INTERIEUR, OFEFp, Ed., 1990) mentionne plus de 20'000 Photo: B. von Wyl hectares de bas-marais avec une surface minimale d'un hectare. Plus de la moitié de ces objets sont entièrement ou partiellement pâturés. Un grand nombre de hauts-marais (GRÜNIG et al., 1986) sont également exploités de la sorte. Les surfaces pâturées de marais sont principalement des alpages situés dans les zones de flysch des Préalpes. Il n'est pas rare que les marais recouvrent plus de la moitié des alpages.
· . • 1
2 LE PACAGE DES MARAIS DU POINT DE VUE DE L'ECONOMIE ALPESTRE
Les plantes les plus fréquentes des marais sont des cypéracées, comme les laîches (Carex sp.), les linaigrettes (Eriophorum sp.), le trichophore cespiteux (Scirpus cespitosus) ou le scirpe des bois (Scirpus silvatica) ainsi que diverses joncacées. Leurs tiges dures aux angles souvent tranchants livrent un fourrage de piètre valeur et peuvent même blesser les muqueuses ou les parois stomacales des animaux. Même les graminées qui dominent parfois dans les prairies humides, comme la canche bleue (Molinia caerula), ne fournissent que de la litière et non un véritable fourrage. Lorsque l'on fertilise les marais, ce sont le plus souvent les espèces toxiques de renoncules (Ranunculus sp.) et les populages des marais (Caltha palustris) qui se multiplient, mais aussi les cirses des marais (Cirsium palustre) ou les reines des prés (Filipendula ulmaria).
Les bonnes plantes fourragères comme le trèfle des prés (Trifolium pratense), le lotier corniculé (Lotus corniculatus) , le liondent hispide (Leontodon hispidus), la fétuque rouge (Festuca rubra) et l'agrostide capillaire (Agrostis capillaris) couvrent rarement plus de 5 à 10% de la production des prairies marécageuses. C'est pourquoi les marais ne fournissent toujours qu'un fourrage de fortune qui souvent peut même s'avérer malsain pour les animaux domestiques. Ce fourrage a perdu toute signification, vu les exigences des animaux domestiques actuels (LEHMANN et al., 1985; STÀHLIN, 1971). Les alpages sur flysch ne sont aussi plus que rarement utilisés pour les vaches. Les pâturages marécageux ne sont donc pas appréciés pour leur productivité, mais bien plutôt pour les vastes surfaces qu'ils offrent au bétail: «C'est la grandeur qui fait l'alpage». Lors du pacage de marais, il faut cependant aussi prêter attention à des considérations d'ordre vétérinaire. Le parcours sur des sols mouillés favorise certaines maladies des sabots. L'appareil digestif est régulièrement infecté par des douves ou d'autres parasites qui trouvent dans les stations humides des conditions particulièrement propices pour se développer. Seule une prévention sanitaire globale de nature médico-chimique permet l'utilisation de sites marécageux comme pâturages.
3.1.1 Les marais sont donc, du point de vue de l'économie alpestre, des surfaces productives de moindre valeur qui, dans leur état actuel, ne permettent pas une exploitation économique intéressante et sont liées à des risques sanitaires pour les animaux (SCHNEEBERGER, 1985; VOLLRATH, 1973).
L'importante valeur attribuée subitement, pour des raisons de protection de la nature, à ces marais peu accueillants contredit l'échelle des valeurs séculaire des montagnards. Il va de soi que cette nouvelle appréciation des marais ne peut pas être adoptée telle quelle d'un jour à l'autre.
3 MODIFICATION DES MARAIS PAR LE PACAGE MANUEL CONSER- Dans les régions qu'exploite l'économie alpestre et qui englobent des VATION DES MARAIS marais, la compatibilité du pacage des marais avec la conservation de EN SUISSE leur qualité écologique devient désormais une question primordiale. Dans l'économie alpestre suisse, le pâturage à bovins (veaux, génisses, vaches) occupe le premier plan, c'est pourquoi nous parlerons en général de cette forme d'exploitation. A côté de cela, le pâturage à ovins sera brièvement mentionné. Le pacage des marais peut avoir les conséquences suivantes:
3.1 Dégâts dus au piétinement
Le piétinement est certainement ressenti comme la plus forte conséquence du pacage; le spécialiste n'est en effet pas le seul à constater les dégâts qu'entraîne le piétinement du bétail pour la végétation des marais; même le profane peut les observer. Ainsi se crée une impression de perturbation dans l'aspect du paysage, liée entre autres au sentiment que les marais sont des zones écologiquement précieuses.
Les plus forts dégâts de piétinement s'observent dans les surfaces de passage. Les alpages dont la charge est trop importante enregistrent de fortes atteintes dans la majorité des surfaces marécageuses. La charge est considérée comme trop importante lorsque le nombre d'animaux qui pâturent est supérieur à celui qui pourrait se nourrir sur les bonnes surfaces du pâturage. Avec une charge adaptée, les marais
sont à peine utilisés par le bétail. Les génisses et les vaches n'apprécient pas les herbes et les graminées coriaces de ces surfaces et pâturent autant que possible sur les meilleures parties. Les marais ne constituent ainsi dans les alpages que des surfaces complémentaires (cf tome 2, contribution 3.1.2). Les dégâts de piétinement sont en outre très importants pendant les périodes humides, et cela d'autant plus que la charge du pâturage augmente. Durant les mauvais étés caractérisés par une faible croissance du fourrage, les animaux sont contraints d'aller brouter les surfaces marécageuses. Dans plusieurs régions, une partie des marais pâturés est fauchée en automne pour la litière. Une telle coupe d'entretien permet de limiter la formation des trous dus au piétinement, car elle favorise la formation d'une couverture herbacée compacte et robuste. Dans les parties raides et les ravines de ruisseaux, le pacage crée souvent de petites érosions. Ceci peut augmenter l'écoulement de l'eau et favoriser la formation de lézardes dans le terrain, voire de petits glissements. Dans certaines situations, il est donc recommandé de clôturer de telles surfaces pour se protéger contre les dangers naturels.
3.2 Fertilisation directe par le bétail au pâturage
Dans les surfaces employées principalement comme pâturage permanent, le bétail passe le plus clair de son temps à l'extérieur et laisse ainsi la plus grande partie du fumier sur le pâturage. L'apport d'éléments nutritifs de même que l'enlèvement de biomasse par le bétail restent modestes et jouent ici un rôle secondaire.
3.3 Influence de l'embroussaillement
Il suffit de quelques années aux marais de basse altitude pour s'embroussailler complètement. La plupart des marais pâturés se situent toutefois en altitude. L'embroussaillement devient donc un problème secondaire. En outre, il est ici exposé à la dent du bétail et du gibier. D'autre part, dans les surfaces mouillées, les bords des trous de piétinement sont souvent les seuls emplacements qui permettent à la végétation ligneuse de se propager.
3.1.1
MANUEL CONSER- VATION DES MARAIS Fig. 2: Les stations marécageuses EN SUISSE riches en tourbe, notamment les hauts-marais, subissent souvent des dégâts irréparables par le piétinement du bétail. Photo: B. von Wyl
4 DEGATS ECOLOGIQUES PROVOQUES PAR LE PIETINEMENT
L'ampleur du piétinement dépend de l'intensité du pacage, des conditions atmosphériques et du sol. Les dégâts écologiques englobent tout d'abord des modifications négatives des conditions de la station et par là même des conditions de vie des animaux et des plantes. A côté de cela, il faut aussi mentionner la destruction directe ou indirecte de plantes.
, . .'
4.1 Modifications du régime hydrique
Puisque le parcours du bétail Au niveau des modifications du régime hydrique par le pacage, il faut dans les hauts-marais endommage sérieusement le régime hydridifférencier les hauts-marais des bas-marais. que, le pacage des hauts-marais est incompatible avec la protec- Dans les hauts-marais (y compris les marais de transition), qui sont tion des marais. normalement recouverts d'une épaisse couche de tourbe et d'un tapis Pour le pacage des bas-marais, de sphaignes, le pacage a le plus souvent un effet dévastateur sur le c'est l'intensité du parcours qui régime hydrique. Les sphaignes qui s'imbibent d'eau sont détruites, la est déterminante. Lorsque la couche de tourbe est altérée et ainsi exposée à l'érosion. Il se forme charge en bétail correspond au potentiel naturel des meilleures alors souvent d'importantes surfaces de tourbe mise à nu qui subis- surfaces, les bas-marais ne sont sent une forte érosion sous l'action des orages et de la glace. L'obser- que peu parcourus et les attein- .'
vation nous montre que les conditions hydriques dans les hauts-marais tes ne sont pas excessives. Le pacage extensif des bas-marais sont clairement détériorées par le pacage, ce qui a entraîné de nomainsi défini est considéré comme breux cas de destruction complète de hauts-marais. compatible avec la protection des marais. Pour les surfaces qui subissent de plus gros dégâts ou Si le parcours du bétail est important, les bas-marais subissent eux sont particulièrement mouillées, aussi des gros dégâts de piétinement. Les sabots de l'animal tassent la il faut trouver des mesures adécouche supérieure du sol, ce qui entraîne un mélange des horizons du quates dans chaque cas. sol, notamment sur un sous-sol minéral. L'eau de pluie s'infiltre plus Le pacage de moutons est génélentement et la croissance des joncs est stimulée. Dans les marais ralement incompatible avec les mouillés, le piétinement des animaux provoque une destruction de la objectifs de la protection des tourbe (minéralisation), ce qui peut amener une fertilisation directe marais. non souhaitée de ces stations. Cependant, en respectant les règles de charge des alpages, le pacage traditionnel peut en général se poursuivre: si la charge correspond au potentiel naturel d'un alpage, le bétail restera principalement, selon ses dispositions naturelles, sur les surfaces fermes et sèches. Le basmarais ne sera traversé que pour atteindre des surfaces de fourrage dispersées çà et là (cf. chiffre 6), ce qui ne provoquera que peu de dégâts.
4.2 Destruction de plantes
Le piétinement du bétail au pâturage provoque sur le sol une charge mécanique nette qui peut aussi endommager, voire détruire, certaines plantes. Pour des espèces rares, le risque de dégâts importants existe. Mais, en général, la destruction individuelle de plantes dans les marais n'est pas considérée comme un problème grave.
3.1.1 5 PACAGE PAR LES MOUTONS
Les pâturages à ovins modifient fondamentalement la végétation de toutes les surfaces extensives. Comme les moutons broutent de manière sélective au ras du sol et qu'ils produisent une importante fertilisation directe, les espèces typiques des marais sont totalement supplantées en quelques années. C'est pourquoi le pâturage à ovins doit être considéré en général comme incompatible avec les objectifs de la protection des marais. Seuls des pâturages très extensifs ou limités à la période automnale peuvent, dans des cas fondés, entrer en ligne de compte.
6 MESURES NECESSAIRES POUR PROTEGER LES MARAIS DANS LES ALPAGES MANUEL CONSER- La protection des marais dans les zones d'économie alpestre ne doit pas VATION DES MARAIS se concrétiser sous la forme de mesures isolées, mais s'intégrer dans une EN SUISSE planification globale de cette économie (DIETL, 1972; cf. tome 2, contribution 3.1.2). Il ne faut pas considérer les mesures mentionnées par la suite comme un recueil exhaustif de solutions, mais bien plutôt comme Fig. 3: Marais de transition particudes points à observer lors de planifications dans l'économie alpestre. lièrement sensible au piétinement qui ne pourra se développer que sous la protection d'une clôture. pas de drainages: Photo: B. von Wyl L'excédent d'eau dans le sol constitue la principale caractéristique de tous les marais. La renonciation aux drainages est donc l'objectif premier de la protection des marais.
pas de fertilisation: La plupart des associations végétales et des espèces des marais prospèrent sur des stations non fertilisées. Les stations maigres sont de toute façon menacées par un apport aérien en éléments nutritifs. Pour ces raisons, il faut exclure toute fertilisation des bas-marais. Ceci est déjà exigé dans l'Ordonnance sur les substances. Dans les prairies humides (Calthion), une légère fumure avec du phosphore et du potassium ou du fumier bien décomposé est tolérable de cas en cas. La fertilisation directe par les bovins est en général compatible avec la protection des marais, celle des ovins pose en revanche de gros problèmes en raison de la teneur élevée en éléments nutritifs de leur fumier. En favorisant le fumier plutôt que le purin comme engrais sur l'alpage, on n'agit pas seulement en faveur de la protection des marais, mais on
aide à prévenir les pollutions de cours d'eau et des captages. Nous recommandons à ce sujet de revoir la pratique des autorisations pour les installations de fumure.
régulation de la charge de l'alpage: Du point de vue de la protection des marais, la charge ne doit pas dépasser une certaine limite. Celle-ci est déterminée principalement par la capacité de production des meilleures surfaces de l'alpage et par le climat moyen. Des déterminations sur la base de conditions atmosphériques sont toutefois difficilement applicables. Souvent les surfaces marécageuses forment une fine mosaïque avec les surfaces de pâturages plus sèches. Vouloir clôturer chaque petite surface de marais n'est pas une solution réaliste. La limitation de la charge (c.-à-d. du nombre de bêtes en considérant l'espèce animale et la durée de la mise à l'alpage) permet tout aussi bien d'atteindre les objectifs de la protection des marais et doit être appliquée comme mesure principale sur tous les alpages riches en bas-marais. Cette mesure permettra d'atteindre plusieurs buts: moins de fourrage Fig. 4: Lors de la planification de de piètre valeur, diminution des infections parasitaires du bétail et des l'économie alpestre, il faut protéger du pacage les zones humides et maladies des sabots, conservation des bas-marais. détrempées particulièrement sensibles au piétinement par la pose de clôtures et coupes d'entretien: clôtures. Photo: B. von Wyl Les hauts-marais et les marais de transition doivent être en général clôturés. La majorité des bas-marais pourra toujours être pâturée si la charge de l'alpage est adaptée au potentiel des meilleures surfaces. Seules les surfaces très mouillées ou spécialement sensibles au piétinement seront clôturées lorsque les atteintes sont trop fortes. Lors de la pose de clôtures, il faut veiller à ne pas transférer vers d'autres surfaces ces atteintes. Les clôtures et les coupes d'entretien sur les surfaces subissant des dégâts par piétinement contribuent en général à une régénération de la végétation (WENGER, 1994).
chemins pour le passage du bétail: Il faut tout d'abord étudier les possibilités de faire passer le bétail en dehors des zones marécageuses. Lorsque cela n'est pas possible, il faut construire des chemins bien consolidés (p. ex. en madriers) pour protéger les zones marécageuses et aussi dans l'intérêt des animaux. Dans les bas-marais pauvres en calcaire, il faut éviter d'utiliser du gravier calcaire.
3.1.1 maintien de l'exploitation: Du point de vue protection des marais, le pacage peut normalement se poursuivre; cela est même expressément souhaité sur les surfaces plus productives. L'exploitation extensive des pâturages peut créer de légers dégâts dans les bas-marais et peut aussi être légèrement profitable. L'exploitation traditionnelle de la litière a des conséquences tout à fait positives sur la qualité des bas-marais, car la coupe de surfaces étendues offre de bonnes conditions de croissance, en particulier aux espèces héliophiles. Dans ce sens, il faut considérer très favorablement la coupe de la litière dans les alpages en automne. En haute altitude, la coupe de la litière (coupe d'entretien) ne doit pas obligatoirement se pratiquer chaque année.
débroussaillement local: Il peut être indiqué de débroussailler localement aux endroits où le MANUEL pacage n'empêche pas la venue de quelques épicéas ou autres bosquets. CONSER- VATION DES MARAIS mise à disposition d'abreuvoirs adaptés: EN SUISSE Souvent le bétail pénètre dans les marais parce qu'il ne trouve que là un point d'eau pour s'abreuver. En créant ou en délimitant des points d'eau adaptés, on arrive en bien des endroits à diminuer le piétinement.
7 RESUME
Le pacage extensif des bas-marais est en général compatible avec les objectifs de la protection des marais pour autant que la charge des pâturages soit respectée et qu'ils ne soient ni drainés, ni fertilisés. Les hauts-marais et les marais de transition doivent être clôturés, de même que certaines associations des bas-marais. Il faut encourager sciemment l'exploitation de la litière, également comme exploitation accessoire sur les alpages.
La protection des marais dans les alpages ne doit pas se concrétiser par des mesures isolées, mais bien plutôt s'intégrer dans le cadre d'une planification de l'économie alpestre qui englobe les différentes exigences et exploitations. La régulation de la charge de l'alpage représente dans cette optique l'instrument de planification le plus sensé et le plus important.
BIBLIOGRAPlDE ADRESSES DES AUTEURS
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WENGER, D. (1994) Einfluss der Beweidung auf Feuchtgebiete. Thèse, Uni de Berne, 125 p.
FRANZ STADLER
Protection des marais dans des zones d'exploitation alpestre 3.1.2 1 SITUATION INITIALE Les milieux agricoles et alpestres Dans les Alpes, surtout en zone de flysch, de grandes parties des pâtu- prétendent souvent qu'une protection des marais dans le sens rages exploités sont souvent constituées de bas-marais. En outre, les des lois et ordonnances est inutipâturages et les bas-marais sont souvent étroitement imbriqués. Dans le sur les alpages. L'existence des ces alpages, les bas-marais ont toujours été pâturés, si bien que la com- marais et leur valeur prouveraient que l'économie alpestre position de leurs espèces s'est adaptée en conséquence. La composiprend soin des marais et les tion des espèces s'est formée et maintenue par une exploitation exten- entretient de manière approsive (c.-à-d. par une faible pâture), par un apport nul ou très faible en priée. Quelle est la valeur de tels arguments? substances nutritives et souvent par une coupe de litière automnale. Il y a une intensification par rap- L'exploitation alpestre est nécessaire à leur maintien. port à l'exploitation tradition- Ces 15 à 20 dernières années, des modifications importantes sont sur- nel!e lorsque l'alpage est pâturé venues dans le mode d'exploitation de nombreux alpages du fait que par des animaux plus nombreux ou plus lourds ou est fumé les moyens d'exploitation utilisés ont fortement changé. C'est pour- activement. De gros dégâts de quoi l'exploitation actuelle n'est plus comparable avec l'exploitation traditionnelle en ce qui concerne ses répercussions sur la végétation. piétinement, un enrichissement en substances nutritives, une 2 modification du régime des MANUEL Les répercussions des modifications d'exploitation peuvent se résumer eaux, etc. sont les conséquences CONSERcomme suit: VATION fréquentes d'une intensification. DES MARAIS
Intensification généralisée (voir tab. 1) avec pour conséquence un Ils entraînent un appauvrisse- EN ment et finalement la destruc- SUISSE accroissement disproportionné du piétinement. tion de la couverture végétale
Sur de très nombreux bas-marais, la coupe automnale de litière autrefois continue et équilibrée. n'est plus réalisée. D'une part, les marais sont beaucoup plus forte- Si de tels dégâts apparaissent, on ment broutés par suite des besoins accrus de fourrage et, d'autre part, ne peut plus parler d'entretien
approprié, bien que l'aspect du les bas-marais ne sont souvent plus fauchés vu qu'ils ne peuvent pas paysage puisse ne pas être grandeêtre travaillés mécaniquement, c'est-à-dire fauchés à la faucheuse et ment modifié par l'exploitation. récoltés à l'autochargeuse.
Tab. 1: Cause de l'intensification de Desserte: Apport d'adjuvants, de fourrage et de l'exploitation des alpages machines facilité Répartition de la pâture: Pâture concentrée sur la surface Charge du pâturage: Souvent davantage d'animaux et animaux plus lourds à exigences en fourrage plus élevées Fumure plus intensive: Nouvelles étables, fosses à purin plus grandes, stabulation plus longue, production d'engrais plus élevée, meilleure répartition Cantonnement de la forêt Surface totale plus réduite, animaux concentrés et du pâturage: sur les surfaces de marais ouvertes
2 ENVIRONNEMENT AGRICOLE
L'essentiel du fourrage de tout alpage doit consister en bonne herbe poussée "au sec", c.-à-d. en dehors des marais. Les autres fourrages ne correspondent ni aux principes de l'élevage du bétail de rapport ni aux exigences d'affouragement du bétail d'engraissement. Les alpages humides sont des stations à faible rendement, car les basmarais fournissent dans le meilleur des cas un fourrage d'appoint. Dans les conditions actuelles de l'économie agricole (déficit élevé de transformation, nécessité de mise en friche de surfaces étendues), il n'est donc pas indiqué d'exploiter de tels alpages au delà d'une mesure supportable. Il faut dans tous les cas renoncer à intensifier l'exploi- ,,' .. tation des stations marginales. Du fait de cette situation, il peut être nécessaire d'établir des directives d'exploitation en particulier pour les alpages du flysch qui comportent une proportion importante de marais. De telles directives sont également judicieuses du point de vue agricole. Si la forme traditionnelle d'exploitation et ses conditions peuvent être reconnues comme un but de protection général, il est indispensable de délimiter de manière contraignante les limites de l'intensification.
3.1.2 3 CONNAISSANCES IMPORTANTES POUR L'EXPLOITATION D'ALPAGES HUMIDES
Les facteurs déterminants de l'influence de l'exploitation sur les biotopes marécageux sont la charge du pâturage (nombre d'animaux sur l'alpe, resp. importance des besoins en fourrage) et la fumure (quantité et nature des substances nutritives). En outre, le système de stabulation et de stockage des engrais, la subdivision des pâtures et la gestion des clôtures influencent le mode d'exploitation d'un alpage.
3.1 Charge du pâturage
Si la charge du pâturage est modérée, adaptée à son potentiel, les bonnes surfaces fourragères d'un alpage peuvent fournir leur plein rendement. Si la charge est trop élevée ou la durée de pâture trop longue, 2 MANUEL les surfaces sont surexploitées et leur flore devient uniformément CONSERcomposée de plantes à faible rendement. VATION DES MARAIS Dans l'intérêt d'une exploitation durable, le pâturage sera utilisé avec EN SUISSE des animaux aussi légers que possible dont le nombre sera adapté au potentiel fourrager de l'alpage. Le potentiel fourrager correspond au rendement des surfaces de pâture sèche et des marais à humidité variable (sur sol minéral ou moder léger). Une cartographie détaillée de la flore est nécessaire pour les délimiter. Les droits traditionnels de pâturage correspondent souvent très bien à ces potentiels. Néanmoins, les besoins de fourrage sont aujourd'hui beaucoup plus élevés pour un même nombre d'animaux (poids supérieur, maturité plus rapide du bétail).
3.2 Fumure
Il faut en principe renoncer à l'installation de systèmes d'épandage de purin. Il faut au contraire utiliser beaucoup de litière pour produire du fumier. Le fumier doit bien mûrir et n'être épandu qu'après une année. C'est pourquoi il faut prévoir des places à fumier importantes (env. 1-1,5 m2 par UGB). Le fumier a un effet bénéfique sur la structure du sol.
.,
Les bas-marais, à l'exception des prairies grasses humides (voir vo- Fig. 1: La construction judicieuse des lume 2, contribution 3.1.1), ne doivent être engraissés ni avec du étables peut faciliter l'engraissement à l'aide de fumier. Une simplificafumier ni avec du purin. Des zones-tampon suffisamment larges, qui tion consiste à placer la plateforme à ne devront pas non plus être engraissées, seront délimitées en fonction fumier plus bas que le sol de l'étable. des conditions locales. L'apport et l'accumulation de substances nutri- Le fumier peut ainsi être poussé à la fin de la rigole par une ouverture tives dans les marais seront ainsi évités. dans la paroi au niveau de la plate- En principe, aucun engrais minéral ne doit être épandu dans les alpa- forme. ges. Font exception les parties de pâturages secs qui ne peuvent être La rigole est placée derrière la couatteints avec du fumier, sur lesquels un apport périodique de potasse che du bétail, de manière à ce que l'urine et les excréments s'y rassem- et de phosphore peut être réalisé. blent, mélangés avec la litière. Un racloir permet de pousser le fumier dans la rigole. Photo: F. Stadler
3.3 Chemins 1clôtures
Des chemins d'exploitation peuvent être aménagés au besoin. Leur Fig. 2: Le lisier complet ne peut pas tracé doit toutefois se situer en dehors des marais. être épandu dans les régions où les pâturages et les bas-marais sont Les clôtures doivent autant que possible être érigées sur des sols fortement imbriqués sans qu'il n'en résistant au piétinement, étant donné que les animaux se déplacent de résulte de dégâts. préférence le long des clôtures. Dans des cas exceptionnels, des "che- Photo: F. Stadler mins en rondins" peuvent être envisagés pour protéger des hautsmarais, des marais de transition ou des emplacements très mouillés.
3.1.2 4 PROTECTION DES MARAIS DANS LES PATURAGES: CLE DE DETERMINATION DE LA PROCEDURE APPROPRIEE
La clé suivante (voir fig. 3) montre les cas problématiques de la protection des marais dans les alpages et les principes de solutions applicables. Son utilisation facilite l'examen d'un problème concret et le choix d'un procédé approprié. La clé est aussi valable pour les alpages en dehors des zones de marais.
Fig. 3: Structure de la clé pour y a-t-il des conflits NON l'examen d'un problème concret et voir chiffre 5.1 importants? la détermination de la procédure appropriée du point de vue de la
1 OUI protection des marais dans les zones
d'exploitation alpestre. procéder à une évaluation 2 grossière MANUEL CONSER- VATION DES 1 MARAIS EN des problèmes sont-ils NON rassembler la documentation SUISSE discernables? voir chiffre 5.3
1 OUI
visite avec les exploitants
des problèmes importants NON rassembler la documentation sont-ils discernables? voir chiffre 5.4
1 OUI
plan d'exploitation alpestre
répercussions sur NON voir chiffre 5.5 l'exploitation?
budget pour l'ensemble de l'exploitation
1 Des conflits sont-ils possi- Non: Oui:
bles avec la protection de la Aucune grande étude/planifi- Le pâturage se situe en zone nature, la protection des cation n'est nécessaire. Discu- de marais, de prairie maigre marais en particulier? Y a-t-il ter les mesures éventuelles ou sèche protégée, etc. Une des biotopes dignes de protec- avec l'exploitant. évaluation grossière est indition? Explications sous chiffre 5.1 quée. Explications sous chiffre 5.2 ----J.~ Question 2
2 L'évaluation grossière fait- Non: Oui:
elle ressortir des problèmes? Documenter éventuellement Visite des lieux avec l'exploil'exploitation actuelle pour tant, le propriétaire et évenservir de base et de partie inté- tuellement des membres des grante d'un contrat pour autorités pour les informer des l'indemnisation d'éventuelles problèmes et discuter d'une prestations écologiques. marche à suivre appropriée.
3 Peut-on discerner de grands Non: Oui:
problèmes, ceux-ci concer- Les problèmes ne concernent L'alpage entier se situe dans nent-ils l'ensemble de l'alpage que des surfaces isolées et leur une zone de marais plus ou ou ce dernier est-il très com- localisation est aisée. Docu- moins dense ou dans des biopliqué? menter l'exploitation exis- topes protégés ou dignes de ,. tante. protection. Dans ce cas, un Explications sous chiffre 5.4 plan d'exploitation alpestre est indiqué (plutôt qu'une planification de protection pour des surfaces isolées). Explications sous chiffre 5.5 ~ Question 4 - - - - J..
4 Le plan d'exploitation al- Non: Oui:
pestre (ou éventuellement Le plan d'exploitation alpestre Calculer un budget pour l'évaluation grossière) laisse-t- suffit. l'ensemble de l'exploitation de il prévoir des répercussions sur Explications sous chiffre 5.5 plaine avec alpage) sur la base l'ensemble d'une exploitation? du plan d'exploitation. Explications sous chiffre 5.6
3.1.2 5 EXPLICATIONS RELATIVES A LA CLE Attention
Si l'exploitation actuelle n'a été
5.1 Procédé en cas de faible conflit potentiel (Question 1, Non) introduite que tout récemment
(p.ex une augmentation de la S'il n'y a que quelques biotopes dignes de protection dans un pâtu- charge du pâturage ou une modification du régime de fumurage, les principaux points à examiner seront le respect des zones-tamre), elle n'a peutêtre pas encore pon non engraissées et la gravité des dégâts de piétinement. Dans de eu de répercussions sur l'état de tels cas, il est généralement facile de trouver les mesures appropriées la végétation. S'il existe des indisans grandes études et planifications. Les biotopes très précieux ou ces d'une intensification récente, il faudrait procéder à une planirares peuvent être clôturés d'entente avec l'exploitant. fication globale et évaluer l'exploitation actuelle sur cette base (voir chiffre 5.4). Dans le cas contraire, il existe un risque
5.2 Indications pour l'évaluation grossière (Question 1, Oui)
que des biotopes précieux soient
Les pâturages sont entrecoupés de biotopes humides et de prairies durablement endommagés. MANUEL maigres. Une évaluation grossière permet de déterminer si l'exploita- CONSERtion actuelle pose des problèmes pour la protection des marais. Les VATION DES MARAIS caractéristiques suivantes indiquent les conflits éventuels. EN SUISSE
5.2.1 Forme d'exploitation alpestre
Proportion défavorable entre pâturages secs et mouillés: C'est en général le cas lorsque l'alimentation du bétail ne peut être assurée sur les pâturages secs dans les années normales. Les bas-marais ne peuvent fournir qu'un fourrage d'appoint pour des raisons d'alimentation du bétail, d'utilisation des engrais, etc.
Charge plus élevée du pâturage: Les anciennes indications ou anciens droits de pâture donnent d'excellentes possibilités de comparaison quant à la modification de la charge du pâturage et aux conflits éventuels. Nos prédécesseurs appréciaient en général très bien le rendement potentiel d'un alpage. Le cadastre des alpages ou de la production (premier inventaire env. 1955 -1965) donne de bonnes indications (disponible auprès des offices cantonaux de l'agriculture et des améliorations foncières, resp. à l'Office fédéral de l'agriculture). Une charge plus élevée du pâturage n'indique pas dans tous les cas une surcharge de marais. Le plan d'exploitation alpestre renseignera à ce sujet.
Emploi de lisier complet: L'emploi de lisier complet est presque toujours l'indication d'une intensification. Il peut aussi y avoir du lisier complet dans une étable avec une rigole à purin. Le système d'évacuation du fumier n'est donc pas seul déterminant, c'est son utilisation qui compte.
.: .
• Nombre de parcs; durée de la stabulation: Plus le nombre de parcs est grand et la stabulation longue, plus le système est intensif et l'expérience montre que la probabilité d'une surexploitation des basmarais (fumure et piétinement) est élevée. Une charge plus faible par hectare, une subdivision simple des pâtures avec de grandes parcelles et une courte stabulation indiquent généralement des conditions dans lesquelles des bovins peuvent brouter de manière sélective. Les zones de marais ne sont alors que rarement broutées avant l'automne.
5.2.2 Etat des bas-marais
L'état des bas-marais fournit souvent des informations précieuses sur l'impact de l'exploitation courante. Les caractéristiques suivantes indiquent une exploitation inadaptée:
Envahissement du bas-marais par les joncs.
Surexploitation des zones mouillées dont la couverture végétale Fig. 4: Un bas-marais pâturé qui n'est plus fermée ni d'un seul tenant. Cette caractéristique ne devrait n'est que faiblement parcouru au mois d'août indique que la charge pas être examinée après de fortes précipitations. est adaptée à la surface de l'alpage.
Forte proportion de jonchères à renoncules sur l'ensemble du pâtu- Photo: F. Stadler rage.
Prairie à laîche puce fortement broutée dont l'association d'espèces Fig. 5: Pâturage sec très surexploité n'est plus guère reconnaissable (= indication d'un fourrage insuffi- sur un alpage de flysch. Lorsque les sant). parties sèches des pâturages sont
Bas-marais plus fertile sur moder parcouru à partir de mi-juillet et pour la plupart surexploitées, les marais devraient également souffrir. surpâturé (= indication d'un fourrage insuffisant). Photo: F. Stadler
Bas-marais n'ayant plus beaucoup de fourrage à partir de mi-août (= indication d'un fourrage insuffisant).
3.1.2
5.2.3 Etat des parties sèches des pâturages
L'état des pâturages secs fournit également des indications fiables sur la forme d'exploitation. Le bétail ne broute les marais en général que lorsque les bonnes parties de pâturages, c'est-à-dire les parties sèches, sont totalement broutées à ras. Si cela se produit régulièrement, la composition botanique montre des signes nets de surexploitation (Poa supina et P. annua, Plantago media et P. major, évt. Carex leporina et Glyceria fluitans, Trifolium repens avec de très petites folioles). Si la composition botanique des pâturages gras est normale (développement typique, pas de surexploitation), l'exploitation est adaptée aux conditions. Dans ces cas, les dommages aux marais sont exclus. li ne reste qu'à contrôler si les marais subissent des dégâts le long des clôtures ou du fait du manque de bons sentiers, ou si des biotopes particulièrement précieux exigent des mesures particulières.
MANUEL
5.3 Aucun problème n'est discernable (Question 2, Non) CONSER·
VATION DES MARAIS Si aucun problème n'est discernable, il n'y a pas de mesure à prendre. EN SU ISSE Il est toutefois recommandé de décrire en détail l'exploitation actuelle correspondant aux besoins de la protection des marais. Une telle Subdivision des unités de documentation peut être utilisée de diverse manière: végétation
Elle sert de base à l'établissement d'un contrat. Une cartographie au niveau de
Elle peut représenter le plan d'affectation communal dans le l'alliance ne suffit pas. Suivant domaine alpestre. les conditions de sol et d'humidité au cours de la période de
Elle peut être utilisée directement comme contrat avec un engage- végétation, des associations très ment signé (exploitant, propriétaire, office de protection de la nature) différentes d'une même alliance et garantir ainsi que l'exploitation ne change pas à l'avenir. se développent. Cela se répercute sur la quantité de fourrage
Elle peut être utilisée pour évaluer ultérieurement des atteintes utilisable dans les bas-marais et éventuelles. doit être pris en considération Une telle documentation comporte un bref rapport et une carte (1 : 5'(00) lors de la détermination de la avec les indications suivantes: charge de pâturage. Autrement, les troupeaux risqueraient sou-
Charge du pâturage et sa composition: Nombre de vaches, de vent d'être trop petits pour une veaux, de génisses de 1 à 2 ans, de génisses de plus de 2 ans, autres ani- exploitation économique de maux. l'alpage. Une clé de végétation doit donc déterminer les surfaces
Conduite de la pâture: Tracé des clôtures, sentiers, abreuvoirs, vaque le bétail parcourt plus ou riantes possibles en cas de conditions atmosphériques imprévisibles. moins volontiers et régulière-
Fumure: Système de fumure, production de litière, volume ment. Les études réalisées précéd'engrais par été (quantité et genre de purin; quantité de fumier en m3 demment en vue d'améliorer les bas-marais par engraissement ou en tonne), genre de fumure (où et comment engraisse-t-on?), fournissent des indications au chemins d'engraissement, achat éventuel d'engrais (PK). sujet des unités concernées.
Cantonnement de la forêt et du pâturage
...
Proposition d'améliorations éventueUes: Discuter et déterminer avec l'exploitant.
Biotopes dignes de protection ou protégés: Ils doivent autant que possible être traités et protégés cas par cas. Les bas-marais qui sont fauchés par l'exploitant seront dessinés, les surfaces fauchées annuellement et périodiquement devant être indiquées séparément.
5.4 Seuls certains biotopes posent des problèmes (Question 3, Non)
Le procédé correspond à celui sous chiffre 5.3, chaque problème étant .. ... localisé et traité individuellement. La situation et les solutions possibles sont discutées avec les exploitants. Les solutions suivantes sont envisageables:
Réexamen du pacage (répartition des pâtures, des sentiers et des abreuvoirs) et de la fumure.
Certains biotopes sensibles peuvent être déchargés en mettant davantage à contribution d'autres parties de pâturages pouvant être un peu intensifiées sans inconvénient (p.ex. par un meilleur accès).
Le cas échéant, des zones-tampon ou des surfaces à fumure extensive devront être délimitées.
Fixer un tracé adapté des clôtures. En règle générale, l'exploitant est d'avis que ses revenus ou les possibilités d'estivage seraient sensiblement réduits par les mesures proposées. En ce cas, il faut réaliser une planification de l'exploitation alpestre (voir chiffre 5.5).
5.5 Les problèmes surgissent par surfaces réparties sur l'ensemble de
l'alpage, les conditions sont très compliquées (Question 3, Oui)
Si les problèmes se posent par surfaces ou si les conditions sont très variées, il faut élaborer une planification de l'exploitation alpestre complète. Le mandant est souvent l'Office cantonal de protection de la nature, l'Office des améliorations foncières ou la corporation d'alpage concernée. Indépendamment du mandant, la planification de l'exploitation alpestre devrait être réalisée en étroite collaboration entre les propriétaires de l'alpage et les services de l'agriculture et de la protection de la nature. Les différentes étapes de la procédure sont indiquées dans le tableau 2.
3.1.2
5.6 Des répercussions sur l'ensemble de l'exploitation sont à prévoir
(Question 4, Oui)
Dans le cas d'alpages privés ou d'alpages exploités par des privés (à leur propre compte), des répercussions sur l'ensemble de l'exploitation sont possibles. Il n'est souvent pas possible de séparer économiquement l'alpage et l'exploitation de la vallée. Des modifications dans le nombre d'animaux alpés ont des répercussions immédiates sur l'exploitation dans la vallée lorsque seul le bétail propre monte à l'alpage. De tels problèmes seront résolus de préférence à l'aide de la méthode du budget d'exploitation global ou partiel selon la LBL (LANDWIRTSCHAFfLICHE BERATUNGSZENTRALE LIND- AU, 1991; LANDWIRTSCHAFTLICHE LEHRMITIELZENT- RALE, CENTRALE DES MOYENS D'ENSEIGNEMENT AGRI- COLE, ZOLLIKOFEN, 1994; SERVICE ROMAND DE VULGA- RISATION AGRICOLE, LAUSANNE, 1996). Cette méthode com- MANUEL pare l'état découlant du système utilisé jusqu'ici avec la variante pro- CONSERposant un nouveau système. Les répercussions comprennent le nom- VATION DES MARAIS bre de têtes de bétail, le bilan des substances nutritives, les subventi- EN SUISSE ons, les éventuels paiements directs, etc.
Dans le cas d'alpages appartenant à des corporations ou à des syndicats engageant du personnel, les répercussions ne devraient guère être importantes, surtout lorsque les bêtes alpées appartiennent à d'autres agriculteurs. Dans le cas contraire, il faut procéder de la même manière que pour un alpage privé. Pour obtenir des données fiables, il faudra peut-être incorporer plusieurs exploitations dans le calcul.
A l'occasion, des pertes de rendement peuvent survenir du fait que moins de bétail étranger peut être accepté. Dans pratiquement tous les systèmes d'alpages, une telle perte peut être compensée par des indemnités pour la fauche de litière.
Au cas où les répercussions sont telles que l'entretien de l'alpage est remis en question, il faut résoudre les cas individuellement avec l'administration de la corporation.
Tab. 2: Procédure pour un plan
1 Cartographie de détail d'exploitation alpestre. Celuici doit
Cartographie de détail de la végétation et de l'aptitude à l'exploitation (ter- être élaboré en étroite collaboration rain, nature de la surface, ensoleillement, sol, etc.). Les associations végétales entre les propriétaires d'alpages et doivent être subdivisées et cartographiées de manière à ce que le potentiel les services de l'agriculture et de la fourrager puisse être déterminé objectivement. La cartographie doit en outre protection de la nature. montrer quelles sont les surfaces dignes de protection.
2 Etablir la carte de végétation
Un exemplaire de travail à jour de la carte de végétation à ['échelle 1 : 5'000 Détermination du rendement comportant les clôtures existantes suffit comme base pour les travaux ultérieurs. potentiel des différentes unités Conseil: Utiliser comme aide des agrandissements de photos aériennes infrarouges récentes. Les orthophotos infrarouges au 1 : 5'000 permettent un tra- La détermination du rendement vail rapide et précis (voir aussi volume 1, contributions 5.2.1 et 5.2.2). potentiel des différentes surfaces
3 Planimétrage est une tâche difficile qui doit
Planimétrage et liste des unités de végétation avec indication des surfaces. Il être traitée en relation avec les est possible de planimétrer directement sur une orthophoto. Comme alterna- pertes de pâturage. Il faut tenir tive, on peut recourir à un traitement SIT (voir volume 1, contribution 5.2.1). compte de très nombreux facteurs, entre autres: l'altitude, la
4 Evaluation du potentiel fourrager pente, la surface, l'ensoleille-
Le potentiel fourrager brut sera attribué à chaque unité en tenant compte de ment, la composition tradil'aptitude d'exploitation et de la nature de la surface (évaluation réaliste). tionnelle de la charge du pâtu-
5 Evaluation de la consommation et des pertes rage, l'accessibilité, la fréquence
Evaluation de la consommation du bétail et des pertes. Dans les pâturages, des précipitations et l'ombre. les pertes se montent au moins à 30 % du potentiel fourrager brut.
6 Evaluation du cheptel possible
La charge en bétail possible est calculée sur la base de l'évaluation du rendement potentiel, de la consommation et des pertes. La comparaison du résultat avec les anciens droits et les charges de pâturage antérieures (cadastre alpestre) permet de vérifier grossièrement le résultat. En cas de différences importantes, les causes en seront recherchées et discutées avec les exploitants.
7 Planification de l'exploitation (avec variantes)
Elaboration de propositions pour la gestion de la pâture, le tracé des sentiers, l'emplacement des abreuvoirs, le tracé des clôtures, le cantonnement de la forêt et du pâturage et le clôturage de biotopes dignes de protection. Conseil: Un fond de carte avec un transparent pour chaque variante s'est révélé une solution adéquate.
8 Planification de la fumure (avec variantes)
Evaluation de la production de purin et de fumier. Désignation des surfaces pouvant être engraissées avec du purin et du fumier (purin et lisier complet), resp. uniquement avec du fumier mûr; désignation des surfaces qui ne devraient ou ne doivent pas être engraissées et de celles où un apport périodique de PK peut être envisagé; tracé de cheminements d'engraissement judicieux. Montrer les possibilités d'installations techniques appropriées, resp. les améliorations ou modifications nécessaires concernant la gestion des engrais de ferme (stockage et épandage du fumier).
9 Surfaces de litière
Evaluation de la consommation (kg par UGB, resp. par animal par jour de stabulation). Evaluation de la récolte (où, avec quel tournus); éventuellement les chemins d'exploitation nécessaires; possibilités de stockage.
3.1.2
10 Evaluer les éventuelles répercussions financières (selon les variantes)
Les points suivants doivent surtout être pris en considération lors de l'évaluation des répercussions financières:
Cheptel possible en comparaison du nombre actuel.
Travail en moins ou en plus pour les clôtures.
Location éventuelle de cabanes qui ne sont plus utilisées (en cas de réunion de l'exploitation d'unités alpestres dans les zones bien desservies).
Économie de frais de salaires (p.ex. si l'on économise un berger dans le cas de réunion d'exploitations).
Indemnités (coupe de litière, clôturage de biotopes dignes de protection, entretien des sentiers dans le cas où ils ont été aménagés pour des raisons de protection de la nature, etc.). Conseil: Elaborer un tableau comparatif des variantes.
11 Visite et discussion des résultats
Une visite aura lieu avec les exploitants et les propriétaires pour discuter les résultats.
Explication de l'évaluation de la charge du pâturage en indiquant les sources d'erreurs possibles (cartographie, attribution du rendement potentiel aux 2 différentes unités, évaluation de la consommation). MANUEL
Présentation et discussion des variantes et des répercussions économiques. CONSER- VATION Conseil: Marquer éventuellement au préalable le tracé des clôtures des DES MARAIS différentes variantes sur le terrain. EN
Discuter le projet de contrat. SUISSE Conseil: Présenter des indications aussi précises que possible sur le versement des indemnités (après entente préalable avec l'Office de protection de la nature).
Marquer et assurer les tracés des clôtures des variantes préférées et évt. adaptées par les propriétaires et exploitants.
U. Présentation de la solution Présenter la solution à l'assemblée d'alpage éventuellement nécessaire (suivant les conditions).
13 Etablir le rapport définitif et le plan
Etablir le rapport définitif et le plan et les transformer, le cas échéant, en contrat par signature réciproque.
14 Conseil lors de la réalisation
Un conseil est surtout nécessaire pour la fumure jusqu'à ce que le "système" soit rodé. Des méthodes appropriées seront utilisées dans les zones marécageuses lors de la construction des chemins d'engraissement.
15 Contrôles
Le contrôle de la charge du pâturage se fait par le biais du versement des contributions d'alpage. Le relevé de la charge devrait toutefois être effectué par catégorie d'âge pour les génisses. Conseil: Discuter avec l'Office de l'agriculture; étant donné que toutes les classes d'âge des génisses reçoivent les mêmes contributions à l'estivage, la statistique ne fournit aucune indication sur la charge par classe d'âge.
BIBLIOGRAPHIE ADRESSE DE L'AUTEUR
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LAU A NE (SRVA 19 6): Yve Berger Budget d'exploitation: une méthode Ingénieur forestier EPFZI lA bcmin Montant 14 de bu e pour la ge tion. Logiciel. 2017 Boudry ERYlCE ROMAND D VULGAR I ATION AGR T OLE, Manuel LAU ANNE (SRVA. (996): Con ervation des marai R fi x. Référen.ce pour l'exploita- en ui se 2 lion agri ole. la euro 2/1995
FRANZ STADLER
Princi~es de pâturage, de stabulation et de fumure 3.1.3 1 ESQUISSE DU PROBLEME Les indications de la présente Dans certaines conditions et avec certaines restrictions, les bas- contribution ne s'appliquent pas seulement aux alpages marais supportent d'être pâturés par des bovins (voir volume 2, comportant de nombreuses contributions 3.1.1 et 3.1.2). Ce qui est acceptable pour les marais surfaces marécageuses, frédépend de la charge du bétail, du mode de pâturage, de la stabula- quents dans les régions de flysch. Elles sont utilisables de tion, de la maturation du fumier de ferme et de la fumure et, par manière générale et en particuconséquent, aussi du système de stabulation. lier dans les alpages des sites Depuis la fin des années 60, les améliorations d'alpages se font marécageux, en accord avec principalement par deux voies: les buts fixés.
par une modification de l'exploitation (p. ex. améliorations fourragères); il s'agit principalement d'une augmentation de la fumure et d'une division des pâtures (pâtures tournantes plutôt que continues).
par des mesures techniques (desserte et assainissement des fosses à purin). MANUEL Pour des raisons de facilité de travail, on a donné la préférence à la CONSERpréparation de lisier complet, même là où il n'y a pas d'évacuation VATION DES MARAIS hydraulique du fumier. Les déjections animales sont poussées le EN SUISSE long de la rigole à fumier jusque dans la fosse à purin. Ce système avait beaucoup de succès et a aussi été utilisé sur les alpages à génisses. Cela ne présente pas de gros inconvénients dans les alpages à bovins sur terrain sec en altitude. L'apport d'engrais reste faible. Les parasites ne sont pas cha- En revanche, la stabulation et, par suite, le genre et la quantité que année aussi agressifs. Cela dépend fortement des condid'engrais produit sur les alpages mouillés du flysch à plus basse tions atmosphériques. Des péaltitude, constituent un problème particulier. Du fait de la présence riodes froides ou de brèves massive de mouches et de taons, les bêtes doivent être maintenues chutes de neige déciment les insectes. longtemps à l'étable lorsque le temps est beau. Il en résulte une forte production d'engrais de ferme (voir tab. 1).
Tableau 1: Production d'engrais de Système A l'étable Fumier frais, Lisier ferme par mois d'alpage et par avec paille (non dilué) unité gros bétail (UGB)
1) purin avec une proportion purin 1) 5 - 8 heures, 0,5m3 0,2 - 0,25 m3 variable de solides et fumier, en général de jour 2) le degré de dilution est difficile paille à évaluer 3) selon les indications de lisier complet 2) 10 heures et plus 0,7 - 0,9 m3 3) l'exploitant, la production de par jour, lisier dilué selon l'usage couen général de jour rant peut nettement dépasser 0,3m3 Pour l'évaluation concrète, on lisier complet pour la traite sans litière, se renseignera sur le nombre (max. 4 heures) de bossettes épandues et l'on peu d'eau mesurera le volume de la fosse à purin et du tas de fumier.
2 REPERCUSSIONS SUR LES MARAIS
Des parcs relativement petits et la préparation de lisier complet ont de fortes répercussions sur la végétation des pâturages d'été où les bas-marais, les parties à humidité variable et sèches sont étroitement imbriqués:
La division des pâturages en petits enclos entraîne un piétinement périodiquement plus intense des bas-marais. Comme les bovins ne peuvent pas se réfugier sur des parties sèches plus éloignées, les bas-marais doivent être pâturés plus précocement et de manière plus intense et régulière. Si la période de pâturage d'un parc humide coïncide avec une période de pluie - ce qui n'est pas rare dans les régions de flysch à forte pluviosité - les sols mous à gley et à moder subissent une forte contrainte mécanique.
En général, les parcs sont purinés une fois qu'ils ont été broutés, au moins une fois par période de végétation. Seules font exception les surfaces de marais purs en périphérie. Lorsque les marais et les parties sèches sont fortement imbriqués, il est impossible, même avec la plus grande attention, d'empêcher que du lisier s'écoule dans les marais et les cours d'eau voisins. Suivant la méthode de travail, on ne peut éviter que de petites surfaces de marais soient directement arrosées par du lisier.
3.1.3 Une telle exploitation entraîne une nette modification de la flore et généralement aussi de la surface du sol en fonction du degré Le pacage toujours plus fréd'humidité et de la pente. On constate les modifications suivantes: quent des surfaces marécageuses est l'une des raisons qui
Les espèces typiques des bas-marais régressent. font que ces surfaces ne sont
En général, il se produit une augmentation des joncs (Juncus plus fauchées pour la récolte effusus et 1. articulatus et, dans les stations plus chaudes, également de litière comme auparavant. 1. inflexus), des scirpes des bois (Scirpus silvaticus), renoncules Les restes de perches ou de meules de litière témoignent (Ranunculus aeonitifolius, R. flammula), populage (Caltha palus- d'une exploitation antérieure tris), crépide des marais (Crepis paludosa), séneçon des Alpes différente. (Senecio alpinus), sur les stations plus sèches également fétuque rouge, agrostide, crételle des prés, trèfle des prés et trèfle rampant.
La végétation herbacée élevée s'accroît nettement le long des fossés et des cours d'eau.
Généralement, la laîche hérisson (Carex echinata), le nard raide (Nardus strieta) et la mousse Climacium dendroides se multiplient également par suite des variations stationnelles consécutives aux 2 MANUEL trous de piétinement. CONSER·
Les associations des "prairies à trèfle et joncs" (Carici puliearis- VATION DES MARAIS Juncetum effusi Berset 69; Trifolio-Juncetum effusi, assoc. provo EN SUISSE Stadler 79; Violo-Juncetum effusi Berset 69) et de nombreuses surfaces monotones de Calthion et de buissons dans les bas-marais sont également une conséquence du changement d'exploitation.
3 PRINCIPES POUR L'ADAPTATION DU MODE DE PACAGE
La prescription de conserver les bas-marais dans leur état naturel nécessite donc un examen du régime de pacage et de la fumure sur de nombreux pâturages comportant une forte proportion de végétation mouillée. Il ressort des explications précédentes que, dans les régions de bas-marais, il faut préférer un petit nombre de grands enclos à une division intensive du pâturage en petits parcs. De cette manière, les animaux ont la possibilité de s'écarter des marais. Il le font lorsque les clôtures ne les contraignent pas à y séjourner et à pâturer les bas-marais. Ils traversent toutefois les marais et paissent sur les éminences à humidité variable et les petites surfaces à bon fourrage. Cependant, ils séjournent principalement dans les parties sèches, surtout pour se reposer et pour ruminer.
3.1 Grandeur des enclos
Règle empirique pour détermi- La grandeur des enclos dépend des particularités locales. Le prin- ner la surface de pâture nécessaire (dans des cas plutôt défacipe est le suivant: Les génisses doivent trouver suffisamment de vorables): fourrage sur les parties sèches et à humidité variable pour que les Nombre de génisses fois 30 bas-marais ne fournissent qu'un apport complémentaire. Plus la ares. Le bétail devrait y trouver assez de fourrage pour 2 à 3 proportion de pâture sèche est petite, plus l'enclos doit être grand. semaines. Pour 2 passages dans Comme règle empirique, on peut admettre que la surface totale de chaque enclos et pour 100 à pâturage par génisse et par été est de 1 ha en moyenne, 1,5 ha dans 110 jours d'alpage, cela donne les cas défavorables. Dans les cas favorables, cette surface est plus une surface nécessaire de 1 à 1,5 ha par génisse. restreinte, dans les cas les plus défavorables, le pâturage peut s'avérer inadéquat. Les petits parcs de bas-marais peuvent être aménagés lorsque les bonnes parties de pâturages et une bonne quantité de fourrage sont disponibles pour l'essentiel de la période d'estivage. Le bétail ne sera placé dans ces enclos que relativement tard et uniquement par temps sec. Il sera immédiatement déplacé en cas d'intempérie.
3.1.3
3.2 Parties inadéquates
Le grand end comprennent toujours des parti,es qui ne devraient pas être pâtw·ées. li s'agit de forêts fermée de bord de torrents, de pentes raides et ombragées sensibles au piétinement de zones de sources, de grandes surface mouillées ou recouvertes de phaignes. Autant que possible les clôtures doivent être placées de mamere à ce que ces emplacements ne oient pas piétinés (voir volume 2, contribution 5.1.1). Quelque parties bai ée , pa trop raides mais dan tou les cas sèches, doivent rester accessibles au bétail comme abri en cas de pluie et d'orage et comme zones ombragée.
3.3 Charge du pâturage et abreuvoirs
MANUEL Les principales questions concernant la charge du pâtw-age ont CONSERtraitées dans le volume 2 contribution 3.1.2 (en ce qui concerne le VATiON DES degré de détail de la cartographie de la végétation en vue de .la MARAIS EN SUISSE détermination du potentiel fourrager voir contribution 3.1.2 encadJ'é p. 9).
Les abreuvoirs doivent être accessibles et placés sur un terrain solide et drainé tout autow·. Le hop-plein de eaux doit être dérivé dan une rigole.
4 PRINCIPES DE STABULATION
Trois aspects principaux jouent un rôle en ce qui concerne la stabulation:
en principe, mettre le bétail le moins possible à l'étable afin qu'il produise peu d'engrais et surtout pas de lisier;
par temps mouillé, les animaux devraient être le moins possible dehors;
par temps chaud, les parasites (mouches et taons) contraignent souvent à mettre le bétail à l'étable.
Il s'ensuit qu'il n'est guère possible de renoncer à garder par moments le bétail à l'étable dans les zones de bas-marais. C'est surtout le cas à basse altitude et sur les alpages qui ne disposent pas d'arêtes sèches et exposées au vent. La contradiction inévitable entre ces trois aspects peut être quelque peu atténuée dans la pratique lorsque l'on veille aux points suivants:
La division du pâturage sera réalisée de manière à ce que chaque parc dispose d'un abreuvoir et d'emplacements exposés au vent et à l'ombre, si possible secs, et faciles d'accès.
Suivant la topographie, la proportion et la distribution des basmarais, certaines parties de ces derniers peuvent être clôturées, dans lesquelles le bétail (le cas échéant, seulement une partie des bêtes, p. ex. les jeunes plus légères) sera mis par temps sec uniquement. A l'inverse, les parties sèches et peu sensibles peuvent être réservées aux périodes pluvieuses.
Ne pas toujours laisser les bêtes entrer à l'étable lorsqu'elles en manifestent le désir, sinon elles y viennent aussi lorsque cela ne serait pas nécessaire.
Les animaux propres, lavés par la pluie, sont beaucoup moins importunés par les parasites que ceux qui portent une odeur d'étable prononcée.
3.1.3 5 PRINCIPES DE FUMURE
Même si le bétail séjourne peu à l'étable, il produit du fumier. Cet engrais est l'un des principaux facteurs influant sur la croissance de la végétation. La maturation de l'engrais et les installations nécessaires à cet effet doivent par conséquent se voir attribuer une attention toute particulière dans les alpages comportant une grande proportion de bas-marais (voir volume 2, contribution 3.1.2).
5.1 Objectifs
Les objectifs de fumure peuvent être définis comme suit, à condition que la gestion de l'alpage soit adaptée à la station:
Aucune érosion déclenchée par l'exploitation, aucun compactage du sol, aucun dommage à d'autres écosystèmes et aucune pollu- MANUEL tion des eaux ne doivent survenir dans les conditions de sol, de cli- CONSERmat, de précipitations, d'exposition, de pente et de surface ambian- VATION DES MARAIS tes. EN SUISSE
Les associations typiques des pâturages alpestres et leur diversité d'espèces (plantes et animaux) doivent être conservées. Charge adaptée du pâturage
Les animaux domestiques doivent pouvoir être nourris confor- • adaptée au rendement fourrager dans le cas d'une mément à leurs besoins. exploitation conforme à la station;
adaptée à la pente et à la résistance au piétinement du
5.2 Exigences vis-à-vis de la gestion
terrain;
les pâturages ne sont ni Pour pouvoir atteindre ces objectifs à long terme, les conditions surexploités ni endommagés suivantes doivent être satisfaites: mécaniquement;
le fumier de ferme produit
Charge du pâturage adaptée doit pouvoir être utilisé (sans
Aucun apport d'engrais extérieur (mis à part des exceptions atteintes ou modifications justifiées) . indésirables à la végétation et sans mise en danger des bio-
Aucun apport de fourrage (mis à part des exceptions justifiées). topes précieux, des zones de
Sur les alpages à vaches, seul le fourrage complémentaire protection, des torrents, des destiné aux porcs peut être amené (les porcs ne sont présents dans lacs ou de la stabilité des pâtules alpages qu'afin de valoriser judicieusement les sous-produits du rages).
lait).
..
5.3 Epandage de fumier
Si l'on respecte les exigences de gestion (voir chiffre 5.2), l'utilisation du fumier produit et mûri sur l'alpage ne pose en général aucun problème écologique. Dans ces conditions, le fumier peut être épandu sur les parties sèches du pâturage. Cela nécessite toutefois énormément plus de travail que l'épandage de lisier. En revanche, les atteintes aux stations voisines restent minimes.
5.3.1 Exigences d'infrastructure
L'épandage de fumier implique que les infrastructures soient adaptées aux besoins actuels. Cela nécessite des chemins d'exploitation ou de fumure qui permettent la répartition du fumier (voir volume 2, contribution 3.1.4). Des adaptations de la plate-forme à fumier sont souvent nécessaires. Si l'on produit principalement du fumier, la surface ne devrait pas être inférieure à 1,4 à 2,5 m 2 par pâquier normaL Pour 8 heures de stabulation et/ou préparation de fumier pur, il faut compter 0,4 m 2 par mois et par UGB. Si l'on part du principe que le fumier doit mûrir et n'est épandu qu'au bout d'une année et qu'il ne doit pas être entassé à plus de 1,5 m de hauteur, les platesformes doivent être élargies en conséquence (au moins pour les alpages sans dépendances). La quantité de fumier produit dépend aussi de la quantité de litière. Celle-ci est souvent importante sur les alpages mouillés possédant leurs propres prés à litière.
5.3.2 Exigences quant au traitement du fumier
Le fumier ne devrait pas être épandu frais. Cette exigence pose souvent des problèmes du fait que les processus de maturation des tas de fumier durent plus longtemps sur les alpages qu'en plaine par suite des températures plus basses. En outre, les précipitations sont plus importantes, ce qui ralentit encore les processus aérobies. Il est possible d'accélérer quelque peu la maturation par des moyens simples:
Implantation de tuyaux perforés qui dépassent un peu de côté et présentent une légère pente vers l'extérieur.
Empilage du fumier sur une couche de rondins au-dessus de la fosse à purin ou sur une grille grossière (égouttage libre) plutôt que directement sur une dalle en béton.
Couverture du tas durant l'hiver ou durant des périodes de pluie prolongées (vieilles bâches).
3.1.3
Remuage du tas au printemps suivant, pour autant que l'alpage soit desservi et que l'on puisse travailler avec une chargeuse. Eventuellement mise en dépôt intermédiaire du fumier à demi-mûr en un emplacement protégé sur un sol convenable, le tas étant couvert. La grandeur de la plate-forme peut ainsi être réduite.
Perçage de trous dans le tas de fumier, surtout de côté, avec une barre à mine.
Utilisation de litière abondante (et plus grossière).
5.4 Fumure au lisier
5.4.1 Pâturages supportant le lisier
L'utilisation de lisier (lisier complet et purin) peut être problématique suivant les conditions, lorsque l'on ne dispose pas en suffisance de surfaces de pâturages supportant le lisier. Une quantité MANUEL définie de lisier peut être épandue lorsque la flore du pâturage est CONSERcapable de supporter et de « transformer» ce volume (lisier com- VATION DES MARAIS plet et/ou purin), c'est-à-dire lorsque les effets spécifiques des sub- EN SUISSE stances nutritives qu'il contient (principalement l'azote agissant à court terme) ne risquent pas de détruire ou d'affaiblir à long terme la composition caractéristique des espèces et la stabilité mécanique de la station (résistance au piétinement). Les surfaces présentant les Les prairies grasses d'une certaine étendue et à surface régulière caractéristiques suivantes ne supportent pas le lisier: normalement drainées et ensoleillées supportent généralement le • toutes les unités de marais lisier. Ces caractéristiques conjointes préviennent un lessivage et (y c. Calthion); permettent un épandage sans atteintes directes aux stations voi- • toutes les zones-tampon nécessaires pour ces associasines ne supportant pas le lisier. tions; Les zones humides et leur surface d'alimentation ainsi que les sur- • les dépressions et fossés où faces raides, entre autres, ne supportent pas le lisier (voir encadré). de l'eau coule et leur environs immédiats; • les lisières de forêt;
5.4.2 Combien de lisier un alpage supporte-t-i1? • les parties drainées des
En général, quelque 15 m3 de lisier (dilution - proportion de lisier pâturages; pur en relation avec l'adjonction d'eau - lisier complet 1 : 1,5; • les sols tourbeux;
tous les pâturages en pente purin 1 : 3) sont épandus par été sur chaque hectare supportant le de plus de 35 à 45 %, suivant lisier. Ce n'est qu'exceptionnellement que deux épandages sont l'ensoleillement et le type de effectués. Il faut donc déterminer quelle est la surface supportant sol; le lisier que comporte un alpage. Cette surface multipliée par 15 m3 • les stations ombragées;
les prairies maigres riches (y compris adjonction d'eau) donne le volume de lisier qui ne en espèces (le cas échéant praidevrait pas être dépassé. ries à crépide orangée ou à Dans la pratique, ces principes impliquent que la plupart des alpa- cicerbite des Alpes typiques). ges du flysch ne devraient pas produire de lisier complet. Il y a tou-
jours du purin, même lorsque l'on produit du fumier. Souvent, la surface supportant le lisier est tout juste suffisante pour absorber ce volume.
5.4.3 Conclusions
Les objectifs et exigences cités font que la plupart des alpages en zones de bas-marais devraient renoncer à des systèmes de fumure de ferme orientés vers la production de lisier comme l'évacuation hydraulique des déjections. Pour les systèmes à rigoles à purin, il faut choisir des solutions adaptées aux conditions naturelles (voir volume 2, contribution 3.1.2).
Si l'étendue de la surface supportant le lisier ne correspond pas au nombre d'hectares calculés, la quantité de lisier doit être diminuée. Les possibilités suivantes se présentent:
Réduction du temps de stabulation (et soins accrus aux couches du bétail).
Modification de la préparation des engrais de ferme: moins de lisier complet, davantage de fumier et de purin; stocker le fumier et le laisser mûrir (n'épandre que du fumier de plus d'un an).
Diminution du cheptel.
6 INDICATIONS SUPPLEMENTAIRES
6.1 Recommandations
Un groupe de travail a émis des recommandations sur la fumure des alpages qui peuvent aussi être utilisées dans les zones marécageuses. Elles sont disponibles sous forme d'un résumé à l'usage des praticiens et d'une notice. La Société suisse d'économie alpestre (SAV) , l'Office fédéral des améliorations foncières (OAF) et Pro Natura ont participé au groupe de travail. Le rapport du groupe de travail et son résumé contiennent des tableaux pour l'''évaluation de la fumure supportable pour les pâturages alpestres". Ces tableaux possèdent trois entrées à choix, suivant l'expérience et la méthode de travail du conseiller:
3.1.3
en fonction des catégories de terrain (et associations végétales);
en fonction des associations végétales (unités sociologiques).
en fonction de la clé de détermination de l'Association pour le développement de la culture fourragère.
6.2 Calcul des unités gros bétail
Lorsque l'on compare la charge actuelle du pâturage avec des indications antérieures, il faut tenir compte de la modification des facteurs UGB. Il faut relever le nombre d'animaux (y c. âge) de la charge antérieure (voir cadastre alpestre) et le convertir à l'aide des nouveaux facteurs. Ce n'est qu'ensuite que l'on peut procéder à la comparaison. Les facteurs pour les jeunes bestiaux ont été notablement abaissés. Les facteurs pour les vaches n'ont pas changé. Les facteurs officiels peuvent être obtenus auprès des offices de MANUEL l'agriculture, des écoles d'agriculture, ou encore par internet sur le CONSERsite de l'administration fédérale, Office fédéral de l'agriculture VATION DES MARAIS (www.blw.admin.ch). Ils figurent également dans l'annexe de EN SUISSE 1"'Ordonnance sur la terminologie agricole" que l'on peut commander à l'OCFIM.
6.3 Ordonnance sur les contributions d'estivage
L'Ordonnance sur les contributions d'estivage (OCest) du 29 mars 2000 et l'Ordonnance de l'Office fédéral de l'agriculture (OFAG) sur la gestion des exploitations d'estivage sont basées sur les mêmes principes. Elles peuvent être utilisées comme bases juridiques supplémentaires pour l'application de la protection des marais. Les dispositions suivantes sont particulièrement l1llportantes: OCest: art. 6, art. 8 al. 3 let. a et b, art. 10 Ordonnance OFAG: art. 1, art. 2.
ADRESSE DE L'AUTEUR
Franz tadler BüxoB N Heiterweid 9
6015 Reus bübl
RENSEIGNEMENTS
Un ré urné et une n tice ur 1engraissement de alpages peu v nl être obten us a uprè de: Inforama Berner Oberland Ho 0 drichBE Tél.: 033/654 95 45
TRADUCTION
Yves Berger ro géni. ur forestier EPFZ 1SlA hemin Montant 14 2017 Boudry
Manuel Conservali.on des marais en ui s 2
FRANZ STADLER Desserte interne d' alpages situés dans des territoires
marecageux 3.1.4 1 INTRODUCTION
Les régions "classiques" du flysch des Préalpes se caractérisent par des formes douces du terrain. Les lieux naturellement mouillés y sont fréquents sous la forme de prairies et de forêts plutôt lâches. Très tôt déjà, de telles régions furent exploitées pour l'estivage du bétail. A l'origine, la forêt était aussi intégralement parcourue. Les hauts et basmarais sont encore relativement fréquents dans ces contrées. Les hauts-marais sont rares et ont généralement une faible étendue (cf. volume 1, contribution 2.2.7). Ils sont localement assez bien délimités et leur valeur fourragère est sans importance. Dans la plupart des cas, ces biotopes peuvent ainsi être clôturés sans rencontrer de vives résistances. De plus, chaque piétinement les endommage.
Les bas-marais et les associations de pâturages sont généralement tellement imbriqués qu'un clôturage est impossible. En outre, les 2 MANUEL barrières auraient un impact très défavorable sur l'esthétique du CONSERpaysage. Le maintien de l'ouverture des bas-marais par le pacage, VATION DES MARAIS éventuellement combiné avec une coupe automnale de la litière, EN SUISSE relève d'une longue tradition. La combinaison des espèces s'est adaptée à cette forme d'utilisation. Les principes d'exploitation sont les suivants : pâturer faiblement ces lieux par des animaux légers et renoncer complètement à répandre des engrais sur les surfaces de basmaraIs.
Malgré le respect de ces principes, le fréquent passage du bétail peut La desserte interne sert à compacter excessivement certaines parties de bas-marais. La portance répandre judicieusement le fumier de ferme, à évacuer la du sous-sol est inexistante. Ces lieux sont aussi parfois traversés pour litière une fois fauchée, à joindre évacuer le fumier de ferme sur des surfaces à l'extérieur des bas- en permanence des lieux marais et pour récolter la litière. L'utilisation régulière de machines, mouillés ("sans fond") ainsi qu'à relier les divers pâturages avec le même légères, pour ces travaux provoque souvent d'importantes centre de l'alpage. ornières.
'.
Pour ces raisons. il peul être judicieux de desservir un alpage, de manière "interne", au moyen de chemins de déplacement du bétail et/ou d'exploitation. Comme le lerrain n'offre aucune ponance aux endroits mouillés, il est nécessai re d'utiliser des techniques particulières. En effet. une construction de chemin recourant à un empierrement et à un drainage du sous-sol ou même à des méthodes de stabilisation n'entre pas Cil ligne de compte à cause du coOt de l'opération et de la distance de transport. Il s'agit par conséquent de travailler avec les matériaux cl les moyens disponibles sur place. La réalisation doit sc dérouler cie telle sorte qu'aucun corps étranger ne soit déposé dans les biotopes humides ct que l'hydrologie ct l'écologie des marais situés cn ava l du chemin soienlle moins possible modifiées.. II ne faut pas réinventer les méthodes de construction appropriées à la situation. En effet, les problèmes re ncontrés se sont déjà posés par le passé ct on t généralement été résolus beaucoup plus soigncusement qu ·aujourd 'hui.
3.1.4 2 REFLEXIONS PRECEDANT LA PLANIFICATION ET LA REALISATION
Réflexions quant à l'exploitation de l'alpage: Quelle est la division du pâturage la plus judicieuse? Quelles sont les surfaces à litière à faucher? Où se situent les surfaces à fumer? etc.
Comment exploitait-on jadis? Existe-t-il des vestiges d'anciens chemins d'exploitation, des franchissements de ruisseaux existants, des anciennes meules de litière?
Une desserte est-elle nécessaire au maintien d'une exploitation durable et adaptée? Si oui, quelle est la variante minimale nécessaire?
Peut-on utiliser des emplacements secs? Il ne faut construire sur les sols sans portance que si aucun autre tracé n'est envisageable.
Où se situent les surfaces, les éléments ou les zones dignes de protection à éviter absolument? MANUEL CONSER- VATION DES MARAIS EN SUISSE 3 PRINCIPES POUR LE CHOIX DU TRACE ET POUR LA CONSTRUCTION
Eviter de préférence les versants menacés par des glissements de terrain.
Ne pas construire de nouveau chemins dans les hauts-marais.
Ne traverser les bas-marais et les autres biotopes précieux que s'il est impossible de les contourner. Limiter au minimum les tronçons de chemin à l'intérieur de la zone sensible.
Clôturer les chemins de déplacement du bétail qui traversent des stations recouvertes de sphaignes (marais de couverture, pineraies de marais, marais à laîche brune avec sphaignes, etc.), dans la mesure où il n'est pas possible d'éviter ces milieux.
Adapter le tracé en fonction du terrain.
Il faut choisir le terrain propice à la construction. Les bons soussols sont généralement caractérisés par des prairies à nard raide (nardaies) (dans ce cas, les chemins de déplacement du bétail et d'exploitation ne requièrent pas de mesures particulières à la construction).
Utiliser un terrain peu incliné afin de limiter au minimum le déblai.
4 CONSTRUCTION SIMPLE - CHEMINS DE DEPLACEMENT DU BETAIL, D'EXPLOITATION ET DE RANDONNEE
Quelques méthodes quant à la construction Les principales méthodes sont présentées à l'aide de croquis (cf tableau 1, croquis no 1 à 8).
Matériel Bois ronds d'un diamètre supérieur à 15 cm ou madriers (billons sciés) d'au moins 20 cm d'épaisseur. Les extrémités des bois devraient reposer dans l'argile ou la terre. Si tel n'est pas le cas, le matériau pourrit plus rapidement.
Fig. 1: Solution simple et "locale" recourant à des longrines et à des traverses pour surmonter un fossé mouillé. Photo: F. Stadler
Fig. 2: Solution "hautement technique" utilisant du bois imprégné. Elle ne remplit ni l'objectif pratique ni l'objectif paysager. Photo: F. Stadler
3.1.4 Longrines, dessous : la fin du bois précédent et le début du suivant doivent se chevaucher sur au moins 1 m et être assemblés (clame aux) et fixés aux traverses (fers à béton). Fixations: clameaux et restes de fers à béton, coupés en biseau afin de former une pointe. Diamètre selon l'épaisseur des bois, mais au moins 0.5 cm. Il n'est pas nécessaire de clouer chaque traverse.
Ecoulement de J'eau Il y a partout suffisamment d'espaces libres pour l'écoulement de l'eau. Il ne faut pas prévoir de drainages supplémentaires.
Chemins de randonnée Afin d'économiser le bois dans la construction de chemins de randonnée traversant des bas-marais et des fossés marécageux, il suffit de placer trois à quatre longrines l'une à côté de l'autre et de les fixer fréquemment en travers avec des planches. Par temps humide, ces 2 Tab. 1: Construction simple - MANUEL dernières offrent un soutien supplémentaire aux promeneurs. Afin de chemins de randonnée, de dé- CONSER· maintenir à niveau les quatre longrines, il est possible de les placer sur placement du bétail et d'exploitation VATION DES MARAIS des traverses (cf. croquis no 9). (croquis de construction simplifiés) EN SUISSE
1 Simple couche de rondins, Profil en travers Situation
en terrain plat
Bon marché, rapidement construit
Souvent glissant, non carrossable (glissement des roues) Au lieu des bois ronds, il est possible d'utiliser des bois demi-ronds ou d'épais madriers sciés.
bois demi-ronds madriers sciés
2 Simples couches de rondins avec Profil en travers Situation
des longrines dessus afin de stabiliser l'ouvrage
Peu de déblai, rapidement construit
Très stable
3 Couches de bois avec des Profil en travers
longrines dessous
Davantage de déblai, plus stable que 1 et 2; en cas de forte charge, il est possible de placer trois longrines sous l'ouvrage.
Il est également envisageable de fixer des longrines supplémentaires sur l'ouvrage: à recommander avant tout en terrain raide.
Ce type de construction est approprié pour les places consolidées autour des abreuvoirs.
4 Couverture avec un mélange de Profil en travers Situation
terre et de gravier; couche de branches d'épicéa dessous (ancien système de recouvrement des passerelles en bois) couche de branches
Beaucoup plus accessible, car - d'épicéa non glissant par temps humide. Des gravier, terre branches stabilisent le mélange de ~~, : terre et de gravier. li . ,
Coûts plus élevés, mais l'ouvrage est aussi plus durable que les bois non recouverts. Applicable à tous les types de construction, si le matériau est disponible.
5 Billons ou madriers en terrain raide Profil en travers
Peu de déblai, stable. déblai
Recouvrir la partie aval avec le déblai, pour autant qu'il y en ait.
6 Chemin carrossable pour les Profil en travers
transporteurs
En principe, même type de construction, mais l'ouvrage est consolidé par des longrines placées sous la bande de roulement.
Pour ce type de construction, il est aussi possible de recouvrir les bois d'un mélange de terre et de gravier, si le matériau est disponible. La longévité de l'ouvrage peut ainsi être prolongée.
3.1.4
7 Traversées simples (petits fossés Profil en travers Situation
et cuvettes marécageuses)
Renforcer en fonction de la charge future.
Il faut commencer le chemin consolidé en terrain sec, avant le fossé, et le faire aboutir au sec 0- h·~ après le fossé. un ou plusieurs bois en fonction de la situation
8 Chemins dallés Profil en travers Situation
Ne convient pas au bétail si le terrain est très humide.
Ne convient pas en cas de forte dalles charge.
Agréable pour les chemins de randonnée.
Il ne faut pas ramasser trop 2 de pierres dans les ruisseaux MANUEL environnants, afin de ne pas creuser CONSER- VATION le lit de ces cours d'eau. DES MARAIS EN SUISSE
9 Traversée de bas-marais sensibles Profil en long Situation
au piétinement par des chemins de de randonnée A la montée, la distance est calculée au pas
longrines planches en travers dessus traverses dessous
10 Routes de desserte Profil en long
, - - -- - - couche d'usure - -- - - . - - empierrement (gravier grossier) ~-- traverses ~~~~~~"-Ji-!:;~F~~~~~"-4-longrines (se chevauchant)
remplissage avec des pierres propres et / ou pose d'un tuyau
· .. '
Croquis no 11 : Routes de desserte Profil en travers
rigole dans le tracé brut, gravier propre et grossier ou tuyau de drainage
5 ROUTES DE DESSERTE
Tous les chemins construits selon le principe décrit ci-dessus ne se prêtent qu'à un usage très limité en matière d'exploitation. Il est cependant possible de construire des routes forestières et alpestres (desserte externe) selon le même modèle, donc avec un "panneau portant" en bois. Pour traverser les bas-marais, il faut toutefois observer quelques points particuliers, afin que l'écoulement de l'eau ne soit pas trop perturbé. Dans de tels cas, les travaux d'excavation peuvent prendre une dimension bien plus importante. L'écoulement de l'eau ne constitue généralement pas un problème majeur dans les constructions simples de chemins de déplacement du bétail et d'exploitation qui seront peu utilisés et mis à l'épreuve. L'espace entre les bois permet toujours un écoulement suffisant. Mais, lorsque le tracé du chemin pénètre dans le terrain, il interrompt le flux de l'eau. Si la pente de la route monte, l'eau peut couler le long du bois ou à travers l'empierrement, parallèlement au tracé, au lieu de suivre la ligne de plus grande pente comme ce serait normalement le cas. C'est pourquoi il est nécessaire de prévoir des rigoles transversales qui atteignent le pied des talus. Il faut remplir ces rigoles avec des matériaux caillouteux (fraction grossière de l'empierrement) ou poser un tuyau de drainage en guise d'aqueduc. Les rigoles ne doivent plus être remplies d'argile ou de terre. Ainsi, l'écoulement de l'eau est garanti sous les traverses (cf. croquis no 10).
3.1.4
Il est nécessaire de poser très fréquemment de telles rigoles afin d'éviter que l'eau provenant des bas-marais en amont et du chemin (ou de la route) ruisselle le long du tracé jusqu'à un lieu de collecte où elle doive être évacuée massivement dans les bas-marais en aval. Il faut que l'eau traverse le chemin quasiment à l'endroit où elle arrive et se répande à nouveau sur la surface entière. De cette manière, les marais en aval sont le moins affectés. Il est aussi possible de construire très simplement le drainage en amont des routes forestières et alpestres plus importantes. On excave une bande plus large en amont, de telle façon qu'un espace subsiste entre le talus et les traverses. On remplit ce dernier de matériaux grossiers (fraction grossière) de l'empierrement dont on recouvre le "panneau de bois". Voilà comment on construit un drainage amont. Ce dernier doit être pourvu de nombreuses rigoles, comme décrites cidessus (cf. croquis no 11). 2 MANUEL De cette manière, il est également possible de conduire des routes à CONSERcamions à travers des bas-marais, sans trop perturber les surfaces en VATION DES MARAIS aval. Ce type de construction a permis de faire de très bonnes EN SUISSE expériences. Toutes les étapes des travaux peuvent être entreprises rapidement et sans coûts supplémentaires, d'un seul tenant, à l'aide de la rétro. Le remplissage du drainage nécessite toutefois un ouvrier supplémentaire, équipé d'une pelle. La rétro travaille de façon trop peu soigneuse à cet effet. On remplit les rigoles "par devant", c'est-àdire avant de poser les traverses. Par conséquent, le chantier doit être bien organisé.
ADRESSE DE L'AUTEUR
Franz Stadler Brünigstrasse 64
6074 Giswil
TRADUCTION
Claude Gassmann Ingénieur forestier EPFZ P.-Charmillot 9
2610 St-Imier
Manuel Conservation des marais en Suisse 2
REDACTION
Etudes de cas 3.2 Le exigenc à respecter dan l'expl.oitation des marais (p.ex. date de Manuel fauche' ou zone -tamp n) sont largement connues. Nombre de prin- on ervalion de marai en ui e 2 cipe correspondants ont appliqué dan la pratique. Le interface 2/t996 entre protection d marai et agJicultme ont cependant i diver ifiées que la eu le application de ce principe con tilue dan de nombreux ca Wle tratêgie de protection in ufEi 'ante. P ur accroÎtr la portée de règle générale de comportement, il faut tenir compte des parûcularités locales. En effet, elle déterminent dans une large meure le ' ol.uti n permettant de protéger le marai COll idéré. L s contr.ibuli.o n uivantes on.t pour objectif de pré enter quelque. propo ilion pour résoudr Le problème de l interface protection des marai - agriculture ur la ba e d ituation concrètes.
MANUEL CONSER- VATION DES MARAIS EN SUISSE
FRANZ STADLER
Cas d'étude Gross Moos (SCHWÀNDITAL, GL) 3.2.1 1 SITUATION INITIALE Il est également indiqué de Le "Gross Moos" (objet No 245 de l'Inventaire des hauts-marais renoncer à pâturer le marais pour des raisons d'économie d'importance nationale) dans le site marécageux de Schwandital alpestre et d'hygiène des ani- (objet No 55) constitue le plus grand haut-marais du canton de Glaris maux, étant donné que la et l'un des plus remarquables des Préalpes de Suisse orientale. Il est végétation de ce genre de surfaces humides constitue un foursitué à 1250 m d'altitude dans le fond du Schwandital, au pied du TIerrage très mé,diocre, voire berg. Il couvre une surface de 17 ha répartis sur les alpages de Schat- toxique. Elles abritent aussi des tenstafel de la corporation de Vorderschwandi (12 ha) et Ait Stafeli- animaux porteurs de parasites Stattboden de la corporation de Hinterschwandi (5 ha). ou leurs bôtes intermédiaires qui transmettent des maladies Jusqu'en 1994, des génisses étaient parquées dans le haut-marais. En aux bovins, surtout aux veaux et outre, des drainages profonds dans le Schattenstafel nuisaient forte- aux génisses. Si ['on étudiait la ment au marais. Ce marais doit être protégé et ses atteintes réduites en croissance des bovins durant la période de pâture sur le hautvertu de "l'article de Rothenthurm" de la Constitution fédérale et de marais, on pourrait rapidement l'Ordonnance sur les hauts-marais. Le service cantonal de protection de la nature avait des conceptions démontrer le rendement négatif du marais pour l'économie al- 2 pestre. Cependant, on constate MANUEL claires quand à l'avenir du Gross Moos: toujours à nouveau que ce n'est CONSER-
Le Gross Moos ne doit plus être pâturé. VATION pas le rendement animal (aug- DES MARAIS
Les chances de succès des éventuelles mesures de régénération mentation de poids, rendement EN laitier, etc.) qui est considéré SUISSE doivent être examinées. comme critère. Le «succès» est mesuré au nombre de jours Les deux alpages (Schattenstafel et Ait Stafeli-Stattboden) parti- pendant lesquels les animaux cipaient à la pâture du Gross Moos. C'est pourquoi les mêmes pro- peuvent être tenus en dehors des bonnes pâtures, permettant de blèmes se posaient dans les deux alpages en ce qui concerne la protecfaire durer le bon fourrage plus tion des marais, si bien que les solutions sont semblables. longtemps.
Pour cette raison, les explications qui suivent se limitent à l'Alp Schattenstafel. Elles montrent de quelle manière le Gross Moos a été exclu du périmètre pâturé (voir aussi volume 2, contribution 3.1.2).
2 ANALYSE DE LA SITUATION
2.1 Définition du problème
L'Alp Schattenstafel n'est pas un alpage du flysch. La majeure partie des pâtures n'est pas mouillée ni entrecoupée de bas-marais. Le grand haut-marais constitue un objet unique, en dehors d'un bas-marais mouillé dans une zone de source au lieu-dit "Ortwiti", à l'extrémité sud-est de l'alpage. Dans le cas présent, une documentation a dû être élaborée d'après la .. .', clé de détermination du processus approprié dans les zones exploitées comme alpages (voir volume 2, contribution 3.1.2), documentation sur la base de laquelle les mesures de protection du haut-marais ont été définies et appliquées. Eu égard à l'étendue de la surface de marais pâturée (12 ha) et à la longue période durant laquelle les génisses y paissaient exclusivement, il s'est avéré judicieux de considérer l'ensemble de l'organisation de l'alpage, et en particulier la gestion de la pâture. En outre, les améliorations permettant de compenser la perte du pâturage sur le marais ont été expliquées à l'exploitant. (Proposition pour une exploitation alpestre planifiée).
2.2 Charge du bétail et gestion de la pâture (voir plan 1)
Justification du régime de début En vertu de l' "Urbar" (charge de bétail fixée par le Conseil d'Etat d'été: pour toutes les Alpes glaronnaises) en vigueur, l'alpage peut porter 38 D'après l'exploitant, le mode unités gros bétail (UGB). En règle générale, le troupeau est constitué de pâture de début d'été a été de 30 à 31 vaches et de 10 à 12 génisses. Les veaux nés après le 15 mars choisi afin de mettre à profit l'abondante offre de fourrage ne sont pas comptés. d'une manière régulière et pour La pâture s'effectuait jusqu'ici selon le modèle suivant: éviter un vieillissement du Début d'été: Génisses 5 à 6 semaines sur le haut-marais; vaches sur les fourrage. autres pâtures non subdivisées. L'exploitant était d'avis qu'une division du pâturage entraînerait Mi-été: 3 grands enclos pour les vaches; génisses dans les "Planggen" une diminution de la qualité des (pâturages sur pentes raides) et, en cas d'insuffisance d'eau sur ces parties broutées en dernier. pentes, également dans le haut-marais. Fin d'été: Les génisses pâturent les enclos des vaches après celles-ci.
3.2.1
MANUEL CONSER- VATION DES MARAIS EN SUISSE
Plan 1: Exploitation passée Alp Schattenstafel Limites des différentes pâtures o 15 génisses dans un enclos pendant 5 à 7 semaines Echelle: 1:10'000 - - Limite du périmètre Génisses: pâturages boi- Pâturages à génisses (en planifié sés et de pente, pas d'eau partie pâturages boisés; R1-R2) Route de desserte de l'alpage Pâturages à vaches (K1-K3, pas divisés en début d'été) Torrent
2.3 Etat de la flore
Il n'a pas été réalisé de cartographie phytosociologique détaillée, du fait que l'évaluation grossière a montré que
les conditions étaient homogènes
l'importance du cheptel ne constituait pas le problème
la solution pouvait être trouvée par une meilleure gestion de la pâture. De grandes portions de pâturages, surtout dans la périphérie, sont sous-exploitées et en partie "en friche". Cela signifie que le nard raide et des espèces de prairie couvrent de grandes surfaces dans les parties plus fertiles (e.a. géranium des bois, dactyle aggloméré, fétuque des prés), les autres surfaces étant fortement envahies par les mauvaises herbes (e.a. vératre blanc), bien que la productivité doive souvent être considérée comme bonne. Les fougères sont également très répandues, surtout dans les parties ombragées et raides. En revanche, les zones plus proches du centre et dont le fourrage est bon, de même que les parties plates où le bétail séjourne volontiers, sont surexploitées. Les parties proches des chalets et des étables sont grasses, pour autant qu'elles soient sèches. Les versants raides et éloignés ne sont plus exploités régulièrement, bien qu'ils conviennent encore très bien pour les génisses. Avec une unité gros bétail (UGB) par ha de pâturage ouvert (sans le marais et sans les pâtures raides), la charge est relativement modeste. L'exploitation peut être qualifiée de traditionnelle d'après l'image qu'en donne la végétation.
2.4 Infrastructures
Etable: Etable conventionnelle double avec allée centrale et rigole de chaque côté; plate-forme à fumier en dehors de l'étable env. 8 m2 ; fosse à purin env. 3 m3 • Litière disponible en suffisance. Points d'eau: Le bétail boit au torrent. A relever l'absence d'eau sur les pâturages de pente. Chemins: Seul un court tronçon est aménagé pour l'exploitation. Il semble que davantage de chemins entretenus existaient autrefois. La desserte de l'alpage vers l'extérieur est très bonne.
3.2.1
2.5 Appréciation de l'exploitation en ce qui concerne les capacités
inutilisées
L'organi ati n de la pâlUre au début d 1été ne corresp nd pa au ryUlme de la végétati n. Le géni es pâlurenl le haut~marai t e environ proches tandi que le vache n arrivent pa à brouter la totalité lu fOlU'rage di ponible . ur le autres ur fa ces ( èches. 11 Y a une sur- et une sous-pâture évidente. Le vaches préfèrent le urface proches d l'étable et y mang nt les herbe les plus appéti ante .. Le fourrag d autres surfaces n est pa consommé. Dan I.e partie de pâturage qui ne s nt pa broutées, Les plantes peu appréciée clu b tail peuvent multiplier ans entrave (p. x. nard raide). Avec le temps, ce plantes coloni 'ent de larg s sm'faces. La croi ance de la végétation ur les bonne, pâtures proches suffit en général à nourrir le ' vaches au début de l'été. e n'est qu'à la fin de 1 été, lorsq ue le fourrage se fait rare, que Je parties marginale ont également 2 MANUEL pâturées. Le potentiel naturel ct croissance de la végétation n'e 1 pa CONSER· mi à pl' fit par cette organi ation. La ge tion de la pâture doit être VATiON OES MARAIS mieux adaptée au rythme cie la végétation 'inon on ga pille une EN SUISSE gra nde partie cl l'accroi 'emenl.
3 MESURES (voir plan 2)
3.1 Gestion de la pâture
Le marais sera clôturé afin de prévenir désormais la pâture. Les génisses seront conduites au début de l'été dans les pâturages secs les plus éloignés qui ne sont pas utilisés par les vaches. Cette gestion de la pâture devrait être proposée même indépendamment de la protection du marais et des considérations d'hygiène des animaux. C'est la mesure la plus importante en vue de conserver à long terme le potentiel de pâture et sa qualité dans cet alpage.
Une rotation plus intensive des pâturages sera instituée pour les vaches. De cette manière, les animaux seront contraints de consommer le fourrage complètement avant d'être lâchés dans un nouvel enclos. L'herbe pourra repousser sans entrave dans les parties broutées. C'est la seule manière d'atteindre et de conserver à long terme une composition botanique appropriée des pâturages. C'est également une condition pour obtenir durablement un bon rendement des animaux avec de faibles coûts pour l'entretien des pâtures et la lutte contre les mauvaises herbes.
1 La première pousse de certaines pâtures ou de certaines parties
doit être fauchée afin de pouvoir mettre à profit le volume de fourrage du début d'été sans inconvénient pour la composition botanique. La topographie favorable du Schattenstafel permet de réserver à cet effet les parties de pâturages qui peuvent être travaillées mécaniquement. Le fourrage récolté pourra être utilisé à la fin de l'été en cas de manque, comme fourrage d'appoint si l'herbe est encore peu développée au début de l'été suivant et/ou comme réserve en cas de mauvais temps.
Les pâturages de pente devraient être à nouveau mieux utilisés. Dans cette optique, il est indispensable de résoudre le problème de l'eau.
Les génisses resteront tout d'abord dans la parcelle KI (pentes assez raides près du "Sonnenstafel"). Elles brouteront également complètement les parties plus plates lorsque celles-ci auront été pâturées par les vaches (pour autant que la première pousse de ces parties ne soit pas fauchée). Ensuite, les génisses pâtureront les parcelles K2 et K3 qui n'avaient jusque-là pas été utilisées par les vaches. Ayant été régulièrement sous-exploitées, ces surfaces sont en partie fortement embroussaillées. Elles fournissent néanmoins un meilleur fourrage que le haut-marais. Une exploitation régulière et pas trop tardive per-
3.2.1
MANUEL CONSER- VATION DES MARAIS EN SUISSE
tection des marais (subdivisions) Echelle: 1:10'000 BM: ne pas pâturer; faucher tous les 3 ans Nouveau chemin d'exploi- Réserve naturelle (haut- tation marais clôturé) Limite forêt/pâturage ----.. Chemin de déplacement du Pâturages à vaches (KI-K6) Clôture du haut-marais bétail
Pâturages à génisses (Rl-R4) Limite pâturages des vaches- • Nouveau point d'eau
- Pâture partielle par les vaches (1-2 jours)
Ne pas engraisser, ne pas pâturer; faucher seulement pâturages des génisses
Clôtures fixes (parcelles principales) -- Limite du périmètre planifié
Route de desserte de l'alpage
Torrent
mettra d'améliorer notablement ces surfaces au niveau du fourrage. Lorsque ces surfaces auront été pâturées, les pâturages de pente seront suffisamment bien développés pour pouvoir être exploités régulièrement. • S'il reste du fourrage en excédent après le passage des vaches dans les bonnes pâtures engraissées, on peut le récolter sous forme de foin ou y mettre les génisses.
3.2 Amélioration de l'infrastructure
3.2.1 Points d'eau
Il faut aménager un point d'eau dans la pâture K4. L'eau peut y être amenée depuis le camping tout proche. Il n'existe pas de point d'eau dans les pâtures sur pentes raides. En conséquence, les génisses étaient contraintes de se rendre dans le haut-marais tous les 2 à 3 jours pour s'abreuver. Durant les périodes de beau temps, elles ne retournaient même plus sur les pentes. Il n'existe aucune source sur les pentes, si bien qu'il faudra y installer un réservoir. Ce réservoir sera rempli périodiquement au moyen d'une pompe, l'eau étant prise dans le torrent à côté de l'étable. Le réservoir devra être placé à l'abri des chutes de pierres, dans un endroit pas trop raide et stable même en cas de pluie (voir plan 2). Cet emplacement a l'avantage d'être relativement proche (entretien et contrôle). Les pâturages raides sont facilement accessibles depuis là. Certaines parties de K5 devraient, avec le temps, être réunies à R4 pour créer un accès adéquat à un point d'eau.
3.2.2 Chemin d'exploitation
Une exploitation optimale du bétail nécessite un chemin pour son déplacement (voir plan 2). Cela permet aux vaches d'atteindre les différentes pâtures sans traverser les parties déjà broutées et sans piétiner l'herbe en train de repousser. Ce chemin doit également pouvoir être utilisé pour l'engraissement. Le plan montre le tracé approximatif.
3.2.3 Fosse à purin
Il serait avantageux de disposer d'une fosse à purin plus grande, bien que le principal engrais devrait rester le fumier mûr (cela s'applique de manière générale aux régions comportant de nombreux marais ou cours d'eau). L'agrandissement de la fosse à purin n'est toutefois pas indispensable et devrait être considéré plutôt comme une améliora-
3.2.1 tion générale. A cette altitude, le purin peut être utilisé avantageusement durant la période de végétation, dans les parties de pâtures qui le supportent, en respectant les recommandations de la Société suisse d'économie alpestre (SSEA; SSEA/LSPN, 1994) pour l'engraissement des alpages.
3.2.4 Clôturage du haut-marais
Le haut-marais doit être clôturé. C'est le seul moyen d'empêcher les animaux d'y accéder, étant donné la situation et l'étendue du marais. En outre, la clôture devrait être partout plantée sur terrain sec, vu que les animaux se déplacent de préférence le long des clôtures.
4 DEROULEMENT DU PROJET MANUEL Convention CONSER- Le projet Schattenstafel s'est déroulé selon les étapes suivantes: VATION La convention règle les droits et DES MARAIS
Information du propriétaire et de l'exploitant par le service de pro- les devoirs des partenaires, ainsi EN SUISSE tection de la nature. que les indemnités pour les tra-
Prise de contact précoce avec l'exploitant de l'alpage pour lui expli- vaux de protection des marais (mise en place de clôtures, quer qu'une solution devait être trouvée pour soustraire le marais à la fauche de bas-marais, etc.). Elle pâture. a été élaborée par le service de
Inspection de tous les pâturages afin de relever leurs caractéris- protection de la nature en collaboration avec le propriétaire et tiques. Les remarques importantes pour l'exploitation ont été reporl'exploitant. tées sur la carte et les questions éventuelles à l'exploitant relevées.
Nouvelle discussion avec l'exploitant au sujet de l'exploitation et de la gestion de la pâture. Cette discussion a permis d'enregistrer les raisons de la procédure usuelle, d'éclaircir les ambiguïtés et de discuter les solutions possibles.
Mise au net du plan de terrain; élaboration d'un concept avec report sur un plan. Evaluation des coûts de certaines mesures.
Visite de l'alpage en compagnie du propriétaire, de l'exploitant, de représentants du service de la protection de la nature et de l'auteur du projet. Le concept a été présenté aux participants et discuté avec eux. Les objections de l'exploitant et les modifications qu'il réclamait ont été acceptées lorsqu'elles étaient compatibles avec les objectifs (protection du haut-marais).
Séance avec le propriétaire et l'exploitant. Présentation du concept mis au net et du plan d'exploitation; discussion du projet de convention. La réalisation des mesures a également été discutée lors de cette séance.
• Accord du propriétaire du terrain et de la corporation de Vorderschwiindi au contrat avec le service de protection de la nature. Approbation du projet et des coûts pour l'adaptation des installations et des clôtures par le canton et l'OFEFP
5 REALISATION
La réalisation s'est faite le printemps suivant en étroite collaboration entre le service de protection de la nature et le service forestier. L'installation de l'abreuvoir pour les pâturages de pente avec alimentation au moyen d'une pompe depuis le torrent à côté de l'étable a été planifiée et organisée par l'auteur du projet avec l'aide d'un agriculteur entraîné. Deux forestiers-bûcherons participaient aux travaux. L'exploitant a lui-même mis en place les clôtures pour la subdivision des pâturages. Le service forestier s'est chargé de clôturer les forêts et le marais. Il a également construit le chemin d'exploitation.
Dans des projets de ce genre, il est nécessaire de conseiller l'exploitant pour modifier sa gestion de pâture traditionnelle. Les incertitudes au sujet du bien-fondé des mesures proposées ne peuvent être éliminées que par l'expérience pratique. Dans le Schattenstafel, on a parfois cédé aux objections de l'exploitant; les clôtures n'ont pas été réalisées tout à fait d'après le plan. Le tracé choisi pour les clôtures n'a toutefois pas fait ses preuves et a dû être corrigé la seconde année. L'exploitant a également insisté pour pâturer le bas-marais d'Ortwiti durant la première année. Les premières expériences l'ont toutefois convaincu que cela n'était plus nécessaire. De courts chemins en rondins ont été ajoutés en deux emplacements bordant le haut-marais sur des passages auxquels on ne pouvait pas renoncer. La clôture du haut-marais a également dû être légèrement adaptée par rapport à la planification alpestre. Toutes ces questions ont été discutées sur le terrain, non seulement avec l'exploitant, mais aussi avec le propriétaire de l'alpage.
3.2.1 6 PERSPECTIVES
La réali ali n d un tel projet néces 'ite non eulement un accompagnement compétent, mai une collabora Lion inten e de to u 1 participant . Néallfi10in il e pa. e touj ur plu ieur aOllée ju qu à ce qu' un nouveau système d'exploitation oit rodé et que tou le détail ai nt été mis au point. En pratique il fa ul compter 5 an d'essai pendant lesq ueUes J.es conditions atmo phériques 1 comportem nt de l'expl itan.l et du bétail Ja 'ituation du fo urrag etc. doivent êtr b rvé précisément. La première année déjà quelqu s correction peuvent etre apporté dan la ge lion de la pâture ou le tracé des olôtur . Pour autant que le concept et la planification aient été effectués de façon professionnelle et confo 1111 e à la pratique le corrections ne devraient être réali ées que par petite étapes et à co up sûr. D'a utres adaptation peuvent être entreprise les aImé uivantes. Au cours de 4 et 5e alm ée il MANUEL avère 1 plu ouvent qu les bjectiE ont été atteints et qu le CONSERexploitant ont acq uis une certain ûreLé et ont ati faits. VATION DES MARAIS Le procédé propo é a fa it e preuve aus i dan de pr ~ et plus di(fi- EN SUISSE ciles comme la répartition de copr priété la divi ion de grand. pâturage comm un entre les diCférent ayan l droit ou pour 1attribution de parcelles sur de alpage trè étendus.
BmLIOGRAPHIE ADRESSE DE L'AUTEUR
S HWElZERlSCHER Dr FrallZ tadler ALPWlRT HAFT LICHER Agronome 1ingénieur fores Uer ETH VERBAND 1 O-IW ~lZERI Büro BSN Beralung fii.r standort- S HER BUND OR NATVR· gerecbte NutZlmg S HUTZ (SAV 1 B 1994): Pro- chulhausstra e 9 jekt Alpdüngung. Bmpfchlung zur 6052 Hergbvil Hofdü ngerberei tung auI Alpen Hondrich,33 .
SO lETE U ISSE D'E ONOMIE ALPESTRE/LIGU sur SE POUR LA PROTE rro ,DE LA ATURE (SEAlLSP (994): Pro- TRADUCTION jet "Fumure des alpages". Recommandation pour la gesti n de ' Yve Berger engrais de ferme ur l alpages. Ingénieur forestierEP 1 l A Résumé cl la ver ion allemande hemin Montant 14 (ci-dessu ), ITondrich et Bâle, 7 p. et 2017 B udry an nexes.
Manuel 'o 'ervalion cl . marai en uisse 2 211996