04.3031
Bosnien-Herzegowina ist kein sicheres Herkunftsland
Müller-Hemmi Vreni · Mit-F · Nationalrat · Zürich · Sozialdemokratische Fraktion
Die Schweiz hat vor zwei Jahren Bosnien-Herzegowina zum Safe Country erklärt, was erlaubt, auf Asylgesuche gar nicht erst einzutreten. Safe-Country-Kriterien sind: politische Stabilität eines Landes, Achtung der Menschenrechte, Ansicht anderer Staaten und Ansicht des Hochkommissariats für Flüchtlinge der Vereinten Nationen (UNHCR). Wenn der Bundesrat einen Safe-Country-Entscheid fällt, ist eigentlich davon auszugehen, dass er seine eigenen Grundsätze befolgt. Das Beispiel Bosnien zeigt etwas anderes.
1. Das EDA hält in seiner Länderanalyse betreffend Bosnien fest: "Es muss gesagt werden, dass die Menschenrechte noch immer nicht vollständig respektiert werden, vor allem im Hinblick auf die Minderheiten. Die Tatsache, dass die strafrechtliche Verfolgung von Kriegsverbrechern trotz massiver Menschenrechtsverletzungen nicht ernsthaft genug vorangetrieben wird, bleibt eines der grössten Hindernisse für die Aussöhnung und den Friedensaufbau."
2. Seit der Einreichung der Motion hat nur Frankreich mit Entscheid von Ende Juni 2005 Bosnien neu auf der Safe-Country-Liste. Allerdings hatte Frankreich in den letzten zehn Jahren eine ausserordentlich hohe Anerkennungsquote für bosnische Flüchtlinge. Unsere Flüchtlinge wären demnach längst anerkannt.
3. Das UNHCR machte Ende September 2005 deutlich, dass Schutzbedürfnisse für Personen aus Bosnien individuell abgeklärt werden müssen und nicht aufgrund genereller Vermutungen einer angeblichen Verfolgungssicherheit ausgeschlossen werden können. Also auch das Flüchtlingshochkommissariat stellt sich gegen die Safe-Country-Zuordnung.
Wie kommt nun der Bundesrat angesichts dieser Fakten zur Aussage, man habe aufgrund einer sorgfältigen Analyse der Menschenrechtslage vor Ort die Safe-Country-Zuordnung getroffen und Entscheide sowohl anderer westeuropäischer Staaten wie auch des UNHCR mitberücksichtigt? Das ist schlicht nicht wahr, und darum ist diese Antwort genauso wenig akzeptabel wie der Safe-Country-Entscheid selbst.
Ich bin seit Kriegsende zum Teil mehrmals jährlich in Bosnien. Mir kann darum auch der Bundesrat kein X für ein U vormachen. Ich kenne die bedrückenden, elenden Situationen im heute quasi ethnisch reinen Srebrenica, Banja Luka oder Stolac. Ich bin den hoffnungslosen Menschen in den immer noch bestehenden Flüchtlingslagern im bosniakischen Gebiet persönlich begegnet. Ich weiss, wie wenig professionelle Hilfe schwersttraumatisierte Menschen, vergewaltigte Frauen und Kinder wegen fehlender Einrichtungen und Behandlungsmöglichkeiten erhalten. Die vom EDA unterstützte Institution "Vive Zene" in Tuzla, die einige Kolleginnen im letzten Sommer besucht haben, ist eine der wenigen. Ich kenne auch das trotz wiederaufgebauter mittelalterlicher Brücke immer noch zweigeteilte Mostar, kurz: Ich weiss, wie ethnisch geteilt der Staat Bosnien-Herzegowina nach wie vor ist und wie wichtig darum die EU-Strategie ist, möglichst rasch über Assoziierungsverhandlungen die Strukturen des Gesamtstaates zu festigen, damit die Republika Srpska und die Föderation Bosnien und Herzegowina, damit die Teilung in diese beiden Gebiete überwunden wird. Ich kenne also durchaus die positiven Entwicklungen in diesem kriegsversehrten Land.
Allerdings ändern diese Entwicklungen leider nichts daran, dass in der Schweiz lebende Flüchtlinge bei einer erzwungenen Rückkehr folgende Umstände erwarten: Menschenrechtsverletzungen und Übergriffe auf in der Serbischen Republik lebende bosnische Minderheiten sind gang und gäbe, die Polizei ist kein Schutz für sie. Karadzic und Mladic werden weiter als Kriegshelden verherrlicht und sind darum immer noch frei; der Tod des leider nicht verurteilten Milosevic wird dafür noch bestätigend wirken. Die Zahl der Kriegsverbrecher, gegen die bisher nicht ermittelt wurde, bleibt hoch; das Justizsystem ist nicht in der Lage, diesen Verbrechen richtig nachzugehen. Darum hält auch der Beauftragte von Kofi Annan für intern Vertriebene, Menschenrechtsexperte Walter Kälin, in seinem Bericht von letztem Dezember fest, dass die Sicherheit intern rückkehrender Flüchtlinge immer noch prekär ist.
Herr Bundesrat, warum setzt sich Ihr Amt über all diese Beurteilungen hinweg und hält an diesem humanitär nicht zu rechtfertigenden Entscheid fest? Warum sollen langjährige, gut integrierte Flüchtlinge wie die waadtländischen zurückgeschickt werden? Warum sind die etwa 2000 kriegstraumatisierten Menschen, Frauen und Kinder aus Srebrenica und dem Drina-Tal, immer noch nur vorläufig aufgenommen? Warum werden diese weiss Gott echten Flüchtlinge zehn Jahre nach Dayton nicht endlich im Sinne einer humanitären Geste von der Schweiz aufgenommen? Warum sind Sie nicht bereit, dies dem Bundesrat zu beantragen?
Setzen mindestens Sie ein humanitäres Zeichen für echte Flüchtlinge, sagen Sie Ja zur Motion!
Dormond Béguelin Marlyse · Mit-F · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion
Lors de notre voyage en Bosnie au mois de juillet 2005, voyage effectué par neuf parlementaires de différents partis, nous avons pu nous rendre compte de la situation sur place. Nous avons vu un pays où les traces de la guerre sont encore très visibles dix ans après la fin officielle du conflit. D'une part, des marques physiques: nous avons vu énormément de maisons avec des traces de balles, des maisons détruites, des champs de mines le long des routes. D'autre part, des marques humaines: des personnes encore gravement traumatisées dans leur corps mais aussi dans leur esprit.
Il faut tout de même se souvenir que cette guerre a fait 250 000 morts. Ce conflit a détruit 50 pour cent des infrastructures, qui ne sont pas encore reconstruites. Deux millions de personnes ont été déplacées: 1 million à l'intérieur du pays et 1 million à l'étranger. La moitié est rentrée au pays, mais parmi elle 20 pour cent seulement ont pu s'installer dans leur région d'origine.
Des camps de réfugiés existent encore en Bosnie. Pour la région de Tuzla que nous avons visitée, quatre camps de réfugiés sont encore occupés. En plus, de nombreuses personnes résident encore dans leurs familles, loin de leurs villages, dans des conditions qui auraient dû être provisoires. En raison d'un fort sentiment d'insécurité, il n'est souvent pas envisageable pour les victimes des massacres de retourner dans leurs maisons. En effet, leurs bourreaux habitent, en toute liberté, souvent dans le village voisin. Sur le même sujet, il faut savoir que deux jours après notre passage, lors de la commémoration des dix ans du massacre de Srebrenica, des cars transportant des familles bosniaques vers le mémorial de Potocari ont été la cible de divers projectiles et même de balles, de la part de Serbes, alors qu'ils traversaient des villages.
Les séquelles de la guerre sont aussi illustrées par ce genre d'événements, qui démontrent la fragilité du calme relatif à l'heure actuelle dans ce pays. A nos yeux, la Bosnie n'est pas encore un pays sûr. La Bosnie est le pays le plus pauvre des Balkans, après l'Albanie. L'économie du pays est encore dans un état de délabrement consternant. Il faudrait un véritable plan Marshall pour relever le pays, à l'image de ce qui s'est passé en Europe à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Dans la région de Srebrenica, le chômage avoisine les 80 pour cent, cela bien qu'une usine ait ouvert, mais elle a surtout engagé des Serbes; son personnel est complet et il n'y a plus de place pour de nouveaux travailleurs. C'est dire qu'il n'y a pas d'espoir actuellement pour de nouveaux arrivants.
Sur le plan social aussi, la situation est préoccupante. Le directeur du centre social de Tuzla dresse un sombre tableau de la situation. Le pays n'a pas de système social, ce qui provoque de grandes disparités entre les régions. Certaines n'ont pas de système social et d'autres le réservent aux habitants d'origine, ce qui exclut les victimes de la guerre déplacées à l'intérieur du pays. Les professionnels travaillent dans des conditions difficiles et font surtout les pompiers pour les situations les plus urgentes. Le canton de Tuzla, qui compte environ 650 000 habitants - ce qui est la grandeur du canton de Vaud -, n'a que 13 centres sociaux, avec au total deux ou trois psychologues. Le service pour les personnes invalides est au quatrième étage d'un immeuble sans ascenseur, et les personnes handicapées doivent être reçues au rez-de-chaussée, au bas de l'escalier, dans un corridor ouvert à tous vents.
L'aide au retour, il est vrai, permet, avec d'autres aides, de remonter les murs d'une maison. Mais souvent, l'équipement de base, comme l'électricité et l'eau, sont à la charge des réfugiés, ce qui est vraiment très coûteux.
Dans cette situation d'insécurité et de dénuement, nous estimons que la Suisse ne doit pas encore classer la Bosnie dans la liste des pays sûrs. Il n'y a aucune raison pour que notre pays utilise comme il le fait des critères différents de ceux du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés et des autres pays européens.
Je vous recommande d'adopter la motion Müller-Hemmi.
Huguenin Marianne · Mit-F · Nationalrat · Waadt · Fraktionslos
J'aimerais ici soutenir la motion Müller-Hemmi et vous inviter à refuser la réponse du Conseil fédéral qui maintient sa décision de juin 2003. Je me baserai sur l'"Update" sur la Bosnie du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), datant de janvier 2005.
Si, globalement, il salue le retour de nombreuses personnes réfugiées et déplacées, il souligne aussi fortement qu'une approche individualisée, au cas par cas, est nécessaire, et, littéralement que "cette approche au cas par cas ne peut actuellement être remplacée par une affirmation générale de sécurité basée sur la forte quantité de personnes retournées".
Ce rapport souligne le grand nombre de personnes encore réfugiées en Bosnie, dans les pays voisins, comme la Serbie-et-Monténégro et la Croatie, les 50 000 réfugiés bénéficiant d'une protection temporaire dans les pays européens, et les 300 000 personnes toujours déplacées à l'intérieur de la Bosnie. Il insiste sur la protection internationale que doivent continuer à recevoir les personnes déplacées intérieures qui ne peuvent, actuellement encore, trouver de solution durable en Bosnie; les réfugiés ayant vécu de graves traumatismes de guerre, souffrant de syndromes de stress post-traumatique, doivent particulièrement bénéficier de cette protection. Pour ces catégories de réfugiés, le HCR dit très clairement que le retour prématuré en Bosnie est contre-indiqué, cause de souffrances et de difficultés excessives, et il souligne également le manque de structures psychosociales adéquates sur place.
Plus de 20 familles bosniaques survivantes du massacre de Srebrenica sont toujours dans le canton de Vaud - et il y en a sûrement dans de nombreux autres cantons -, en cours de procédure, menacées de renvoi. 20 familles, ce sont plus de 70 personnes, plus de 30 enfants mineurs. Nous sommes ici plusieurs à connaître ces situations. Si ces familles ne correspondent pas aux critères du HCR, Monsieur le conseiller fédéral, je ne sais pas qui peut y correspondre! Elles ont toutes perdu, qui un père, qui un frère, qui les deux. Les hommes ont été victimes de la guerre, emprisonnés, soldats contre leur gré. Les femmes, souvent, ont été victimes de violences ou de viols, les enfants également. Je pense à un jeune d'Yverdon-les-Bains qui a survécu enfant à un massacre et s'est réveillé seul au milieu des cadavres; il se bat toujours contre un renvoi dans ce pays soi-disant sûr.
Ces personnes se remettent, parfois difficilement, parfois bien, grâce à leur environnement stable en Suisse - qui, pour ce qui concerne les enfants, les a vus grandir -, de tous ces traumatismes et du traumatisme souvent persistant de leurs parents. Toutes ces familles, qui ne peuvent envisager de partir en Bosnie, sont en effet dans des états psychiques douloureux, avec des tentatives de suicide, des hospitalisations en milieu psychiatrique en Suisse.
La Suisse officielle, la vôtre, Monsieur le conseiller fédéral, veut renvoyer ces gens, met sur eux toute la pression, une pression d'une grande violence, pour qu'ils partent, les traite de réfugiés économiques, niant encore une fois leur souffrance. La plupart d'entre eux proviennent des zones auparavant majoritairement bosniaques, et maintenant situées en République serbe. On admet à Berne, plus ou moins, qu'ils ne peuvent retourner dans ces zones où le risque est grand de retrouver leurs bourreaux au détour d'un chemin ou d'un guichet officiel.
Mais on leur dit que leur retour dans la zone bosno-croate de la Bosnie est possible. Quel paradoxe! Ils se retrouvent ainsi parmi les 300 000 personnes déplacées à l'intérieur de la Bosnie - Madame Dormond en a parlé - sans maison, sans droits sociaux, justement, d'ailleurs, parfois parce que la maison serbe qu'ils avaient occupée après leur fuite de Srebrenica a été rendue entre-temps à ses propriétaires et vendue. Ils ont dû partir après les Accords de Dayton et à cause de ceux-ci. Ils ont été réfugiés deux fois et on va faire d'eux une troisième fois des réfugiés qui doivent tout recommencer à zéro. Le conflit bosniaque est tout proche de nous, proche dans le temps, proche sur le plan géographique.
Un génocide a été commis à Srebrenica, ce que le Conseil fédéral reconnaît dans sa réponse - hélas négative - à ma motion 05.3688, "Reconnaissance du génocide en Bosnie". Il partage ainsi la qualification du Tribunal pénal international. Or, adopter la motion Müller-Hemmi signifierait pour nous que nous chargeons le Conseil fédéral de prendre en compte cette situation et d'examiner réellement, au cas par cas et individuellement, la situation des Bosniaques en procédure d'asile en Suisse, particulièrement de ceux victimes de ce génocide, juste pour se conformer aux recommandations du HCR.
Menétrey-Savary Anne-Catherine · Mit-F · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion
La réponse du Conseil fédéral à cette motion date d'il y a deux ans. A cette époque, à notre avis, elle devait être considérée comme non recevable. La question qui se pose est donc la suivante: "Est-ce que, deux ans plus tard, la situation s'est véritablement améliorée au point qu'on puisse dire que la Bosnie est un pays sûr?"
Je faisais aussi partie du voyage de neuf femmes parlementaires en Bosnie en juillet dernier. Je voudrais insister sur le fait que ces neuf femmes sont revenues de ce voyage avec la conviction qu'on ne peut renvoyer sous contrainte en Bosnie aucune famille bosniaque encore en Suisse actuellement, ceci pour deux raisons.
La première tient à cette question: "La Bosnie est-elle un pays sûr?" Evidemment, la Bosnie n'est plus en guerre. D'une certaine manière, elle offre un visage relativement calme et paisible, mais cette paix est extrêmement précaire et la situation politique est totalement instable. Nous avons entendu des récits concernant de nombreux incidents interethniques. Le rapport du HCR de janvier 2005 auquel il a été fait allusion tout à l'heure le mentionne aussi. On nous a parlé d'agressions, de vols, d'incendies de maisons, voire de meurtres. La violence règne dans les régions occupées prioritairement par les Serbes. Il y a aussi eu cette énorme provocation qui s'est passée au moment où nous étions sur place: on a retrouvé des explosifs à côté du cimetière sanctuaire de Potocari, ce qui a provoqué une énorme émotion chez les musulmans bosniaques.
A côté de cette question de la sécurité objective, il y a aussi la question de la sécurité subjective. Il faut vous représenter ce que c'est, pour des Bosniaques, qui rentrent de Suisse par exemple, que de s'annoncer au bureau des étrangers ou au bureau de l'aide sociale et de se trouver en face de la personne qui leur a lancé des grenades, de la personne qui a brûlé leur maison ou qui a tué leurs enfants. Les bourreaux sont encore en place! La peur règne dans la région de Srebrenica pour ceux qui y retournent. Nous avons entendu des Bosniaques nous dire qu'ils n'osent pas envoyer leurs enfants à l'école parce qu'il n'y a pas de transports publics et que le seul moyen de se déplacer, c'est d'aller avec des camions qui transportent des ouvriers serbes. Le résultat, c'est que ces enfants sont déscolarisés.
La deuxième raison pour laquelle nous pensons qu'il ne faut actuellement pas renvoyer des Bosniaques sous contrainte, c'est que nous sommes en train de sous-estimer gravement l'importance du traumatisme que ces personnes ont subi. Il est vrai qu'il y a sur place des institutions sanitaires et psychiatriques qui font un excellent travail, mais ce sont aussi ces institutions qui nous ont mis en garde contre les risques d'un retour sous contrainte: d'une part, à cause des risques d'une réactivation extrêmement forte et importante du traumatisme et, d'autre part, du fait que ces institutions sont elles-mêmes totalement débordées et dans l'incapacité de prendre en charge ces personnes.
Je crois qu'actuellement la sécurité physique, sanitaire et psychologique est loin d'être garantie en Bosnie. Il faut justement considérer que la sécurité n'est pas qu'une question de guerre ou de "non-guerre", mais c'est surtout la possibilité de vivre une vie digne, aussi bien sur le plan économique que social, ce qui n'est pas garanti pour le moment.
C'est la raison pour laquelle nous vous prions instamment d'adopter cette motion et de considérer qu'il est impossible de renvoyer les Bosniaques qui se trouvent encore en Suisse, en particulier ceux qui ont vécu le traumatisme de la chute de Srebrenica.
Blocher Christoph · BR-M · Bundesrat · Zürich
Es ist gesagt worden, die Beurteilung durch den Bundesrat liege zwei Jahre zurück, es seien also zwei Jahre ins Land gegangen. Das ist richtig, aber wir kommen heute nicht zu einem anderen Resultat als damals, im Gegenteil: Man hat jetzt wesentlich mehr Sicherheit, dass Bosnien-Herzegowina ein verfolgungssicheres Land ist - nach den schweizerischen Kriterien, die aufgestellt worden sind.
Sie sehen, dass auch andere Länder in diese Richtung gehen: 2005 hat Frankreich dieses Land ebenfalls für verfolgungssicher erklärt. Die politische Situation in Bosnien-Herzegowina hat sich verbessert, das muss man hier feststellen. Wir können übrigens gut eine Beurteilung vornehmen, weil wir dauernd Leute in Bosnien-Herzegowina haben. Es gibt also Leute, die immer dort sind und die Lage beurteilen können, sowohl vonseiten der Deza wie vonseiten des VBS. Zusammen mit den Botschaften kontrollieren wir die Situation natürlich dauernd. Insbesondere kontrollieren wir, ob bei den Zurückgekehrten eine Gefährdung besteht oder nicht. Man muss also alle Teile untersuchen.
Wenn wir die Situation in Bosnien-Herzegowina hier einmal allein aufgrund der äusseren Tatsachen - nicht aufgrund der inneren, die wir selbstverständlich auch beurteilen - etwas näher anschauen, so stellen wir Folgendes fest: Wie schon frühere Wahlen, sind auch die Lokalwahlen 2004, die ersten ohne internationale Unterstützung organisierten Wahlen, laut übereinstimmender Meinung aller Beobachter frei und fair verlaufen. Zwischen 1996 und Ende Dezember 2005 sind gemäss UNHCR-Statistik 1 011 830 Flüchtlinge und intern Vertriebene in das Land zurückgekehrt, 454 220 davon in Gebiete, in denen sie zu einer Minderheit gehören. Der substanzielle Prozess der Eigentumsrückgabe wurde bereits Ende 2003 abgeschlossen. Stabilität und Sicherheit haben sich kontinuierlich verbessert. Das ist die Aussage von allen, welche dieses Land beobachten.
Europäische Polizei- und Streitkräfte sind nach wie vor in Bosnien-Herzegowina stationiert; sie müssen auch dort stationiert sein. Auch Leute aus unserem Land sind dort stationiert. Aufgrund der verbesserten Rahmenbedingungen und weil es nicht mehr notwendig war, den Schutz aufrechtzuerhalten, konnten die Dauer ihres Mandates und ihre Truppenstärke erheblich reduziert werden.
Seit Anfang 2005 können Prozesse gegen mutmassliche Kriegsverbrecher - in Übereinstimmung mit dem Tribunal in Den Haag - von einer speziellen Kammer des bosnischen Strafgerichtshofes durchgeführt werden. Das heisst, dass auch die Gerichte funktionieren. Die Europäische Union hat in Bosnien-Herzegowina Ende Januar 2006, also erst kürzlich, Verhandlungen über ein Stabilisierungs- und Assoziierungsabkommen begonnen, nachdem das Land die wichtigsten Reformen, nämlich die nationale Vereinheitlichung von Armee und Polizei sowie Reformen im Justiz- und Steuerbereich, durchgeführt hatte. Obwohl die physische Sicherheit der Bevölkerung in Bosnien-Herzegowina gewährleistet ist - das steht heute fest; das ist natürlich ein wesentliches Element -, ist der Wille zur Auswanderung weiterhin gross. Wir erleben das auch: Es gibt auch heute noch relativ viele, die von dort kommen, obwohl es ein sehr sicheres Land ist. Das ist in erster Linie auf ökonomische und soziale Probleme zurückzuführen und weiter auch darauf, dass wir relativ viele Leute aus diesem Gebiet hier in der Schweiz haben, und das zieht bekanntlich wieder neue Gesuchsteller an.
Der Safe-Country-Status von Bosnien-Herzegowina wurde bereits am 7. Juni 2004 voll bestätigt. Der Überprüfung ging eine Abklärungsmission an Ort und Stelle voraus, man hat nicht einfach auf dem Papier entschieden. Hierbei wurden insbesondere diejenigen Gebiete in Bosnien-Herzegowina in Augenschein genommen, aus denen die Mehrheit der Asylsuchenden in die Schweiz kommt - sie kommen nicht aus allen Gebieten. Es wurden zahlreiche Gespräche mit Behördenvertretern, Repräsentanten von NGO, Ärzten, Vertriebenen und Rückkehrern geführt. Die aus dieser Dienstreise gewonnenen Erkenntnisse stehen im Einklang mit der Einschätzung, dass Bosnien-Herzegowina ein verfolgungssicheres Land im Sinne der schweizerischen Safe-Country-Kriterien ist.
Wenn Bosnien-Herzegowina auch ein verfolgungssicheres Land ist, heisst das nicht, dass automatisch jene, die von dort kommen, zurückkehren müssen. Bei Vorliegen von Hinweisen auf Verfolgung, welche nicht auf den ersten Blick als unglaubhaft erkennbar sind, ist bei jedem Gesuch im Rahmen einer materiellen Prüfung zu untersuchen, ob die asylsuchende Person die Flüchtlingseigenschaft erfüllt. Mit dieser Praxisanpassung wurde der Kritik der Motionärin auch Rechnung getragen.
Der Safe-Country-Status von Bosnien-Herzegowina wird natürlich dauernd, wie bei anderen Ländern auch, untersucht. Es ist nicht 2004 eine Abklärung gemacht worden, und es bleibt dann alles beim Alten, sondern es wird dauernd untersucht. Wie gesagt, wir haben viele Leute an Ort und Stelle. Wir dürfen auch sagen, dass wir seit 2002 - seither haben wir es untersucht - bis heute keinen einzigen Fall haben, bei dem jemand zurückgewiesen worden wäre, welcher dann verfolgt wurde; also das ist ein weiteres Indiz.
Was die Zahlen betrifft, so hatten wir 2002, also viel früher, 1600 Gesuche; davon waren nur 30 Flüchtlinge im Sinne, wie wir sie in der Schweiz aufnehmen. 2003 ist dann die Zahl auf 747 zurückgegangen, es waren noch 25 positive Entscheide; im Jahr 2004 waren es auf 301 Fälle noch 16 positive Entscheide; und im Jahr 2005 waren es auf 301 Fälle 5 positive Entscheide. Das zeigt auch, dass die Einschätzung, wie sie der Bundesrat vorgenommen hat - der Bundesrat muss ja diesen Safe-Country-Status bestimmen -, richtig war. Es gibt keinen Grund, davon abzuweichen.
Wir bitten Sie, diese Motion abzulehnen.
Müller-Hemmi Vreni · Mit-F · Nationalrat · Zürich · Sozialdemokratische Fraktion
Herr Bundesrat, ich habe das Gefühl, Sie haben mir und meinen Kolleginnen gar nicht zugehört. Ich habe jetzt einfach Ihre papierenen Zahlen gehört. Sie wissen auch, dass die Flüchtlinge, die in den Statistiken vorkommen, die in Gebiete zurückgekehrt waren, wo sie Minderheiten sind, ihre Häuser so rasch wie möglich verkauft haben und heute in der Föderation - die meisten ohne Arbeit - leben.
Ich fühle mich heute nicht ernst genommen. Ich habe auch erwähnt, dass Frankreich den Safe-Country-Status gewährt hat, aber eben nach einer ganz anderen Praxis. Herr Bundesrat, eines der bundesrätlichen Safe-Country-Kriterien ist die Ansicht des UNHCR. (Zwischenruf der Präsidentin: Die Frage bitte!) Ich komme zur Frage: Wie können Sie heute sagen, dass Sie diesen Safe-Country-Kriterien genügen, wenn ja das UNHCR aktuell wieder bestätigt hat, dass die Sicherheit von empfindlichen Gruppen bei der Rückkehr nicht gewährleistet ist? Davon sprechen wir! Wir sprechen heute von den Srebrenica-Frauen und ihren Kindern. Sind Sie mindestens bereit, mit dem UNHCR für diese verletzliche Gruppe eine Lösung in der Schweiz zu finden?
Blocher Christoph · BR-M · Bundesrat · Zürich
Frau Müller-Hemmi, Sie sprechen von Ihren Erfahrungen und Ihrer Beurteilung.
1. Sie sagen, das seien papierene Zahlen. Wir haben Leute an Ort und Stelle, welche dauernd die Sache überprüfen.
2. Sie haben gesagt, es gebe Leute, die hätten ihre Häuser verkauft und gingen dann zurück, ohne etwas zu haben. Ich muss Ihnen sagen: Wirtschaftliche und soziale Gründe sind keine Gründe, welche zur Verleihung des Flüchtlingsstatus führen. Solche Leute können allenfalls, wenn die Kriterien gegeben sind, vorläufig aufgenommen werden; das wird auch in jedem Fall überprüft.
Die Kriterien des UNHCR sind nicht die Kriterien, die wir in jedem Fall zu erfüllen haben. Selbstverständlich prüfen wir diese ernsthaft. Wenn Sie sagen, es gebe Gebiete, wo eine Gefährdung möglich ist, wie das das UNHCR sagt, dann schauen wir das an. Wir schauen dann an, woher diese Leute kommen. Die Leute, die aus allen Teilen des Landes stammen, werden aber nicht gleichermassen geprüft. Srebrenica erwähnen Sie; es sei in jedem Fall unzumutbar, Leute dorthin zurückzuschicken. Da sind wir nicht Ihrer Auffassung. Wenn wir das tun, wird man an jedem Ort, wo ein ähnliches Leid, ein sehr schweres Vergehen und Verbrechen vorgefallen und vorbei ist, immer einen Grund finden, warum man Leute ohne verwandtschaftliche und bekanntschaftliche Beziehungen nicht mehr an diesen Ort, und zwar in die ganze Umgebung, zurückweisen kann. Es tut mir Leid, das ist auch gegen das heute bestehende Asylgesetz.
Darum bitten wir Sie, diese Motion abzulehnen.
Huguenin Marianne · Mit-F · Nationalrat · Waadt · Fraktionslos
Monsieur le conseiller fédéral, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés souligne qu'une approche individualisée des gens ayant vécu de graves traumatismes de guerre est nécessaire et qu'un retour prématuré et forcé est contre-indiqué. Il ne s'agit pas d'éviter tout renvoi vers ces régions, mais il s'agit de tenir compte des cas individuels.
Votre département analyse-t-il réellement la situation individuelle, sur le plan de la santé, des personnes qui ont été victimes de violences de guerre? Pouvez-vous m'assurer qu'il n'y a pas des personnes parmi celles en cours de renvoi qui répondent individuellement parfaitement à cette condition?
Blocher Christoph · BR-M · Bundesrat · Zürich
Ich kann Ihnen nur bestätigen, dass das selbstverständlich geprüft wird. Ich habe Ihnen ja gesagt: Auch wenn es ein Safe Country ist, werden die Fälle der Flüchtlinge individuell geprüft, wenn Anzeichen für eine Verfolgung bestehen. Und sonst haben wir die Regelung für die Fälle, in denen wir die Leute nicht zurückschicken, obwohl sie nicht Flüchtlinge sind, aber da müssen natürlich die Kriterien für eine vorläufige Aufnahme erfüllt sein, nämlich die Unzumutbarkeit der Rückführung.
Die Individualität wird geprüft, und es wird nicht einfach, wie das Frau Müller-Hemmi jetzt gesagt hat, eine Regel aufgestellt, in die Umgebung von Srebrenica dürfe niemand zurückgeschickt werden; das tun wir nicht. Aber individuell wird es geprüft. Ich darf Frau Müller-Hemmi auch sagen: Ich habe demnächst wieder eine Sitzung mit dem UNHCR, wo wir selbstverständlich auch solche Sachen besprechen. Aber das heisst nicht, dass wir in allen Beurteilungen die gleiche Meinung haben, wie das übrigens bei anderen Staaten auch der Fall ist.
Egerszegi-Obrist Christine · 1VP-F · Nationalrat · Aargau · Freisinnig-demokratische Fraktion
Abstimmung - Vote
Für Annahme der Motion .... 60 Stimmen
Dagegen .... 95 Stimmen
Schluss der Sitzung um 12.50 Uhr
La séance est levée à 12 h 50