00.3513

Übergriffe auf Angestellte des öffentlichen Verkehrs. Ergänzung des Schweizerischen Strafgesetzbuches oder Spezialgesetzgebung

Verfahrensbeitrag

Antrag der Kommission

Die Kommission beantragt mit 6 zu 3 Stimmen, die Motion als Postulat beider Räte zu überweisen.

Antrag Cornu

Überweisung der Motion

Proposition de la commission

Par 6 voix contre 3, la commission propose de transmettre la motion sous forme de postulat des deux Conseils.

Proposition Cornu

Transmettre la motion

Marty Dick · Ständerat · Tessin · Freisinnig-demokratische Fraktion

Je m'en remets au rapport écrit, tout en soulignant que M. Jutzet, conseiller national, exprime une préoccupation fondée, mais propose des moyens inadéquats. Je me réserve d'intervenir après la discussion sur la proposition de minorité présentée.

Cornu Jean-Claude · Ständerat · Freiburg · Freisinnig-demokratische Fraktion

La motion Jutzet que je vous propose de transmettre en tant que telle et non pas en tant que postulat a malheureusement une résonance particulière ces jours où nous devons tragiquement constater que les représentants du pouvoir, les représentants de l'ordre, de la sécurité sont de plus en plus souvent malmenés, sans parler d'autres agressions bien plus graves. Je ne me permettrai aucun raccourci, aucune récupération de l'horreur qu'a vécue le canton de Zoug.

Ma proposition de transmettre cette motion avait été décidée bien avant, car je suis moi-même, en ma qualité de préfet, régulièrement témoin des difficultés que rencontrent les employés des services publics, des transports publics en particulier, pour faire en sorte que les agressions dont ils sont malheureusement trop souvent victimes - et de plus en plus souvent victimes - ne restent pas impunies à cause des lourdeurs de nos systèmes, 26 systèmes de procédure pénale.

L'agressivité, l'incivilité semblent gagner du terrain, pour des motifs multiples qu'il nous appartiendra aussi d'examiner et ensuite de combattre. En attendant, nous nous devons de protéger avec toute la rigueur voulue et toute la vigueur possible des employés ou fonctionnaires des services publics qui sont victimes de tels excès, de tels débordements.

Que demande l'auteur de la motion Jutzet?

1. Que l'on combatte avec plus d'énergie les agressions, les voies de faits dont sont victimes, en particulier les employés des transports publics.

2. Que l'on améliore par là même la sécurité dans les transports publics.

En d'autres termes, il demande qu'en protégeant le personnel, on protège aussi les usagers. Pour atteindre ce but, il recommande en l'état, pour le moment et dans l'immédiat, deux mesures:

1. que les agressions à l'égard de ces personnes se poursuivent ou soient poursuivies d'office;

2. que les entreprises de transport aient en pareil cas, elles-mêmes et pour leur propre compte, qualité de partie dans ces procédures pénales.

Si j'interviens dans ce débat, je l'ai déjà dit, c'est bien parce qu'en ma qualité de préfet fribourgeois, je suis régulièrement confronté à cette problématique. Dans notre canton, le préfet exerce la fonction de magistrat conciliateur - "Friedensrichter" - en rapport avec les délits qui ne se poursuivent que sur plainte. Or, on voit la difficulté, les problèmes qu'il y a à gérer dans ce genre de cas. Quand, dans une fête populaire, un bon citoyen suisse ou étranger a insulté ou envoyé son poing dans la figure d'un autre bon citoyen étranger ou suisse, ils se connaissent, ils habitent la plupart du temps la même région, ils se côtoient. On peut, dans tous ces cas-là, trouver une solution, les ramener à la raison, et la poursuite de ces délits sur plainte seulement, compte tenu de leur gravité, se justifie peut-être.

A l'inverse, pour le contrôleur qui habite Soleure, qui se fait agresser dans le train entre Fribourg et Lausanne, la situation, la suite de l'événement deviennent particulièrement difficiles à gérer. Il devra peut-être demander congé à son employeur, bouleverser l'horaire de ses collègues. Il risque de se retrouver seul ou avec un avocat devant une partie adverse qui nie les faits, en tout ou en grande partie. Cette personne-là a de la peine à faire la distinction entre son dommage personnel physique, peut-être une dent cassée; matériel, un habit déchiré; ou moral, et entre la perte de salaire, les actions récursoires de l'employeur etc., toutes choses extrêmement compliquées dans le cadre de ces procédures pénales, qui pourtant au départ peuvent paraître assez simples.

En cas de poursuite d'office et si l'on concède en pareil cas à l'employeur en même temps qu'à l'employé la qualité de partie dans de telles affaires, la qualité de plaignant et de partie civile, la situation juridique serait beaucoup plus claire pour chacun, sans pour autant que les droits de la défense ne s'en trouvent lésés ou compromis.

Je pense qu'il est important que l'on sache clairement dans ce pays, et cela tient aussi de la prévention, qui l'on entend protéger. Pour moi le choix est clair et vite fait.

Quant à l'argument de la révision de la procédure pénale au niveau fédéral, il ne tient pas. Cela prendra encore de nombreuses années. L'incivilité, l'agressivité, elles, n'attendent pas.

Il importe donc que nous prenions des mesures immédiates. A cet égard, la motion Jutzet me semble aller dans le bon sens. Je vous propose de la transmettre.

Leuenberger Ernst · Ständerat · Solothurn · Sozialdemokratische Fraktion

Es fällt mir schwer, mich in eine juristische Debatte einzumischen und Herrn Kollege Marty zu widersprechen, aber ich muss es dennoch tun.

1. Mir leuchtet eigentlich ein, was der Motionär schon im Nationalrat ausgeführt hat. Er hat sich die bundesrätliche Antwort vorgenommen und als Ausgangspunkt gewählt. Ich zitiere aus der bundesrätlichen Stellungnahme: "Zum heutigen Zeitpunkt fällt ein überwiegender Teil des Personals im öffentlichen Verkehr unter den Begriff des Beamten, wie er im Schweizerischen Strafgesetzbuch (Art. 110 Ziff. 4 StGB) definiert ist." Dann nehme ich mir diesen Begriff des Beamten gemäss Artikel 110 Ziffer 4 StGB einmal vor - ich gestehe als juristischer Laie -: "Unter Beamten sind verstanden die Beamten und Angestellten einer öffentlichen Verwaltung und der Rechtspflege. Als Beamte gelten auch Personen, die provisorisch ein Amt bekleiden oder angestellt sind oder die vorübergehend amtliche Funktionen ausüben."

Ich versuche mir dann immer einen Buschauffeur einer Konzessionierten Transportunternehmung vorzustellen und kann diese Beamtendefinition einfach nicht mit diesem Buschauffeur in Einklang bringen. Ich bin dann der bundesrätlichen Antwort weiter gefolgt und habe auch den darin zitierten Artikel 285 Ziffer 1 StGB zu Hilfe genommen: "Wer eine Behörde, ein Mitglied einer Behörde oder einen Beamten durch Gewalt oder Drohung an einer Handlung, die innerhalb ihrer Amtsbefugnis liegt, hindert, zu einer Amtshandlung nötigt oder während einer Amtshandlung tätlich angreift, wird mit Gefängnis oder mit Busse bestraft." Auch da habe ich dann Mühe, den Buschauffeur einer Konzessionierten Transportunternehmung mit diesem Beamten in Übereinstimmung zu bringen. Ich habe in einem Zeitalter, in dem wir praktisch monatlich erfahren, dass irgendwo wieder der Beamtenstatus abgeschafft und durch etwas anderes ersetzt worden ist - wie wir das beim Bund getan haben -, angesichts dieser begrifflichen Definition Mühe mit der bundesrätlichen Stellungnahme, die mir hier weismachen will, die Angestellten der Konzessionierten Transportunternehmungen seien im Sinne dieses Gesetzes Beamte. Aber selbstverständlich werden Sie versuchen, mich davon zu überzeugen, sie seien es doch.

2. Der Motionär hat im Nationalrat ausgeführt, dass die Praxis auf diesem Gebiet komplett anders aussehe, als das damals in der bundesrätlichen Stellungnahme dargestellt worden sei. Er führte aus, dass es praktisch keine Fälle gebe, wo die Aggressoren officialiter verfolgt worden seien; es gebe praktisch keine solchen veröffentlichten Fälle. Vielleicht kann uns die Verwaltung durch die Stimme der Frau Bundesrätin etwas zu diesem Handel sagen.

Mit dem nationalrätlichen Motionär empfinde ich es als störend, dass der Arbeitgeber in solchen Händeln zwar Parteistellung hat, wenn es sich um Sachbeschädigung handelt. Sobald aber seine Angestellten attackiert werden, hat dieses Verkehrsunternehmen plötzlich keine Parteistellung mehr. Eine der Forderungen des Motionärs geht ja just darauf hinaus, dem Verkehrsunternehmen auch Parteistellung zu geben, wenn seine Angestellten attackiert werden.

Ich denke, die zitierten Gründe bringen mich dazu, dem Antrag Cornu auf Überweisung der Motion zuzustimmen, um den Bundesrat wirklich zu verpflichten, diese Geschichte an die Hand zu nehmen. Eines kann auch Frau Bundesrätin Metzler mir heute nicht ausreden: Die vorgebrachte Begründung wird nicht mehr sehr lange hinhalten. Ich habe sie sehr genau gelesen. Zum damaligen Zeitpunkt - das muss im November 2000 gewesen sein, notabene vierzehn Tage, bevor über das Bundespersonalgesetz abgestimmt worden ist - mag das gegolten haben; damals, am 15. November 2000, waren nämlich die ganzen SBB- und die ganzen Postangestellten noch Beamte, und das sind sie inzwischen nicht mehr. Aber mir geht es nicht vor allem um SBB- und Postangestellte. Mir geht es darum, hier zu bestreiten, dass bei Gericht dann die Angestellten einer Konzessionierten Transportunternehmung auch tatsächlich nach diesem Beamtenparagraphen behandelt würden.

Der Motionär hat auch im Nationalrat ausgeführt, dass sich das in der bundesrätlichen Antwort zitierte Bundesgerichtsurteil eigenartigerweise nicht auf ein Vorkommnis im öffentlichen Verkehr bezieht, sondern auf einen Amtsvormund. Das ist doch eine etwas andere Geschichte. Leider liegt mir dieses Urteil nicht vor, vielleicht müssen wir es uns noch beschaffen und anschauen.

Jedenfalls bitte ich um Zustimmung zum Antrag Cornu auf Überweisung der Motion.

Schweiger Rolf · Ständerat · Zug · Freisinnig-demokratische Fraktion

Ich habe in der Kommission für Rechtsfragen noch dafür gestimmt, dass man den Vorstoss von Herrn Jutzet als Postulat überweist.

Mir ist in den letzten Tagen bewusst geworden, wie intensiv Personen, die in irgendwelcher Weise Leistungen zugunsten der Öffentlichkeit vollbringen - in welcher Funktion auch immer -, Anwürfen, Tätlichkeiten, Aggressionen ausgesetzt sind, die ich mir vorher so nicht habe vorstellen können. Wenn mit den Mitteln des Strafrechtes eine Klarstellung erfolgen kann, dass wir es als unsere Aufgabe betrachten, solche Leute zu schützen, dann müssen wir es - juristische Spitzfindigkeiten hin oder her - tun.

Ich bin mir auch als Jurist nicht mit letzter Sicherheit bewusst, ob die Stellungnahme des Bundesrates mit Bezug auf den Begriff des Beamten und auf den Anwendungsbereich in der Strafpraxis in allen Teilen richtig ist. Nur schon die Tatsache, dass man darüber Zweifel haben kann, rechtfertigt es meines Erachtens, dass man diese Frage im Strafgesetz klipp und klar klärt und Leute, die öffentliche Aufgaben vollbringen, in einem intensiven Sinne schützt. Dass solche Delikte von Amtes wegen verfolgt werden müssen, ist ein solcher Schutz. Ebenfalls besteht ein solcher Schutz darin, dass der Arbeitgeber - handle es sich nun um den Staat oder um einen Betrieb, der konzessioniert ist - die Möglichkeit hat, sich auch in strafrechtlicher Hinsicht für seine Angestellten einzusetzen.

Es wurde von Herrn Kollege Leuenberger richtigerweise gesagt, dass ein Busunternehmen beispielsweise dann, wenn sein Bus beschmiert wird, im Strafverfahren Parteistellung hat. Wenn das gleiche Busunternehmen mit der Situation konfrontiert ist, dass einer seiner Chauffeure aggressiv behandelt wird, dann fehlt ihm diese Parteistellung.

Es ist meines Erachtens notwendig, die Sicherheit unserer Beamten - im weitesten Sinne verstanden - auch dadurch zu schützen, dass der Arbeitgeber ihn unterstützen und in diesem Sinne seine Obhutspflicht erweitert geltend machen kann.

Aus diesen Gründen, die mir - wie ich gesagt habe - erst vor kurzem bewusst geworden sind, und auch im Bewusstsein darum, dass man nicht aufgrund aktueller Ereignisse und momentaner Empfindungen entscheiden sollte, glaube ich doch, dass es vorliegendenfalls gerechtfertigt wäre, die Motion Jutzet als Motion und nicht nur als Postulat zu überweisen.

David Eugen · Ständerat · St. Gallen · Christlichdemokratische Fraktion

Nach den Ausführungen von Kollege Schweiger kann ich auf mein Votum verzichten. Ich teile seine Meinung vollständig. Ich teile auch die Meinung der Kollegen Cornu und Leuenberger. Es geht hier um eine rasche, einfache und adäquate Massnahme zur Verbesserung der Sicherheitslage, insbesondere der Sicherheit in den öffentlichen Betrieben. Wer mit deren Mitarbeiterinnen und Mitarbeitern zu tun hat, weiss, was hier Tag für Tag abläuft, und weiss auch, dass Gegenmassnahmen sehr schwierig zu ergreifen sind.

Was der Bundesrat hier an juristischen Feinheiten schön ausziseliert, funktioniert so in der Praxis nicht. Es braucht einen klaren Tatbestand, wenn man solche Übergriffe nicht auf dem Weg über das komplizierte Beamtenrecht bekämpfen will. Man muss klar sagen: Es ist nicht gestattet. Wer es trotzdem macht, wird von Amtes wegen bestraft. Die betroffenen Unternehmen haben auch die Pflicht - das geht in dem Sinne am Schluss auch aus dem Strafgesetzbuch hervor -, ihre Mitarbeiterinnen und Mitarbeiter in solchen Verfahren vor dem Strafrichter zu unterstützen.

Es ist wirklich adäquat, diesen Vorstoss als Motion zu überweisen.

Lauri Hans · Ständerat · Bern · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei

Ich bin auch voll der Auffassung von Kollege Schweiger. Ich ergreife das Wort nur, um eine zusätzliche Facette hinzuzufügen. Übrigens habe ich auch in der Kommission für die Minderheit gestimmt, und zwar deshalb: Das Personal versteht diese Haltung schlicht nicht. Es setzt sich für die Ordnung, für das Wohlergehen seines Betriebes ein; es wird angegriffen, beleidigt, strafrechtlich behelligt, und der Arbeitgeber kann sich nicht mit Parteistellung für dieses Personal einsetzen. Ich sage das als ehemaliger Chef einer sehr grossen Einheit der Bundesverwaltung: Das wird nicht verstanden. Deshalb sind für mich die juristischen Überlegungen hier wirklich etwas zweitrangig, wenn wir damit, indem wir die Motion unterstützen, etwas für eine bessere Ordnung, für eine noch bessere Motivation des Personals leisten können, das diesen oft unangenehmen Dienst erfüllen muss.

Marty Dick · Ständerat · Tessin · Freisinnig-demokratische Fraktion

Je l'ai dit, je le répète, la préoccupation exprimée par l'auteur de la motion et par les préopinants est tout à fait fondée. Mais l'émotion est mauvaise conseillère et on risque de tomber dans la démagogie - ce qui ne serait pas le plus grave. Ce qu'on risque surtout, c'est de prendre des mesures qui ne serviront à rien et qui créeront des discriminations absolument inutiles.

J'aimerais que le Conseil sache, parce que personne ne l'a mentionné, qu'il y a dans le Code pénal les deux dispositions que sont les articles 285 "Violence ou menace contre les autorités et les fonctionnaires" et 286 "Opposition aux actes de l'autorité". Alors, on nous dit: "Il y a eu la privatisation; mon chauffeur de bus n'est plus fonctionnaire." C'est faux, Monsieur Leuenberger. Ce chauffeur de bus était, est et reste fonctionnaire, parce que la notion pénale de fonctionnaire n'est pas la notion du droit administratif. La notion pénale de fonctionnaire est une notion fonctionnelle. C'est le type de fonction qui est considéré, et pas le statut de la personne. Donc, elle peut avoir un contrat de droit privé; elle peut travailler partiellement; elle peut travailler gratuitement même, ont dit le Tribunal fédéral et la doctrine: c'est sa fonction en ce moment qui compte. La fonction dans le transport public est une fonction de fonctionnaire au sens pénal du terme.

Donc, Monsieur Cornu, dans le train entre Soleure et Fribourg, que ça soit les Chemins de fer fédéraux, la "Rhätische Bahn" ou une autre compagnie de trains privée, c'est toujours la fonction qui compte et l'employé sera considéré comme fonctionnaire au sens pénal du terme, qui n'est pas le sens du droit administratif. Donc, celui qui agresse cette personne sera poursuivi d'office.

Mais il ne faut pas croire que les mesures suggérées ont résolu ces problèmes. Ces problèmes, on les résout avec une intervention policière plus présente, avec une police ferroviaire, avec des mesures de prévention, avec la présence de policiers sur le terrain. Mais la plupart de ces actions sont poursuivables d'office, sur la base des articles 285 et 286 du Code pénal. Cela, c'était la première requête de M. Jutzet, je crois qu'elle a été indiquée de façon un peu différente, mais vous avez le texte sous les yeux.

La deuxième requête de l'auteur de la motion, c'est de donner la qualité de partie à l'entreprise de transport. Mais, mes chers collègues fédéralistes, la procédure pénale est aujourd'hui encore du domaine des cantons et la Confédération n'est absolument pas habilitée à légiférer dans ce domaine. Et la réponse du Conseil fédéral est tout à fait pertinente. Il dit en substance que dans le cadre de l'élaboration du Code de procédure pénale, on considérera ce problème. Nous ne demandons pas de rejeter la motion! On demande de la transformer en postulat pour que le Conseil fédéral ait la possibilité d'étudier plus à fond le problème et de proposer éventuellement d'autres mesures, car le problème n'est pas si simple. Un chauffeur de taxi ne serait pas couvert par ces dispositions parce qu'il est difficilement assimilable à un fonctionnaire, alors qu'il est tout aussi exposé que les fonctionnaires des entreprises publiques. Il y a les infirmières qui travaillent dans les hôpitaux. Elles sont tout aussi exposées, elles aussi, à toutes sortes d'agressions. On n'en parle pas beaucoup parce qu'elles sont peut-être moins organisées que leurs collègues des transports publics. Mais le problème se pose aussi.

Alors, voilà une raison de plus en faveur de la transformation de la motion en postulat et pour que le Conseil fédéral, dans le cadre de l'élaboration du Code de procédure pénale, puisse affronter l'ensemble du problème et ne doive pas agir seulement maintenant, ponctuellement, sous la pression d'une catégorie, en oubliant toutes les autres catégories.

La commission a privilégié la solution du postulat, après avoir entendu les spécialistes du droit pénal de l'Office fédéral de la justice et après avoir pris connaissance de l'engagement du Conseil fédéral d'adopter une approche du problème plus globale et, peut-être, un peu moins émotionnelle, mais certainement plus utile.

Cornu Jean-Claude · Ständerat · Freiburg · Freisinnig-demokratische Fraktion

Je n'oserais pas soupçonner M. Marty de ne pas écouter ses collègues quand ils parlent et qu'ils s'expriment, mais il me semble que, par rapport à son discours, c'est peut-être sa qualité de président de la Commission des affaires juridiques qui lui permet d'avoir parfois ou assez souvent ce ton si professoral, il pèche par une lacune essentielle. Entre la législation, les règles de droit, la définition que le Code pénal donne du délit aux articles 285 et 286 et la réalité, la pratique - que le procureur Marty a peut-être oublié depuis quinze ou vingt ans -, il y a parfois deux mondes. C'est bien le problème auquel essaye de s'attaquer la motion Jutzet. Les dispositions actuellement en vigueur ne permettent pas de protéger de manière voulue et opportune les personnes concernées.

On ne va pas s'appesantir sur la notion de fonctionnaire, mais si la Commission des affaires juridiques avait si bien fait son travail, elle pourrait nous répondre et nous dire: "Mais regardez, c'est un délit qui se poursuit d'office. Preuve en est que les tribunaux cantonaux ont durant ces dernières années jugé tant et tant de cas de cette sorte-là." Or, on est incapable de nous montrer statistiquement que la qualité de fonctionnaire attribuée de par la loi sur les transports, ou je ne sais laquelle, à ces employés permet effectivement des poursuites d'office. C'est le premier point.

Deuxième point, l'article 285 du Code pénal stipule: "Celui qui, en usant de violence ou de menace, aura empêché une autorité, un membre d'une autorité ou un fonctionnaire de faire un acte entrant dans ses fonctions, les aura contraints à faire un tel acte ...." Mais M. Marty, ce n'est pas de cela qu'il s'agit! Ce n'est pas seulement de cela qu'il s'agit. Ce n'est pas le fait de refuser de montrer son ticket, de refuser de montrer son titre de transport, il s'agit d'autres faits qui ne tombent pas sous le coup de ces dispositions, à savoir des voies de fait, des lésions corporelles, des injures, des menaces à l'égard de ces fonctionnaires. Or, les articles 285 et 286 du Code pénal ne protègent pas ces gens-là, face à ce genre de situation. Donc, parlons de la réalité, parlons du concret et admettons dans notre Conseil - en dehors, je l'ai dit, de toute émotivité et de toute émotion -, de parler du fait de savoir si on veut ou non améliorer la situation par rapport à ces gens-là.

Moi, je suis persuadé que le Conseil fédéral peut trouver une solution. Le fait que la procédure soit cantonale n'est pas un handicap. On peut fort bien, au niveau fédéral, décider par exemple que, pour ce genre de délit, l'employeur aura aussi qualité pour porter plainte, voire pour se constituer partie civile. Je suis persuadé qu'aucun gouvernement cantonal ne s'opposerait, je dirai, à cette agression contre ses prérogatives, si on peut considérer qu'il s'agit d'une agression.

Marty Dick · Ständerat · Tessin · Freisinnig-demokratische Fraktion

Pour répliquer, j'aimerais exprimer mes regrets, Monsieur Cornu, si je vous ai donné l'impression d'avoir un ton professoral. J'ai simplement rempli ma mission d'exprimer les opinions claires de la majorité de la commission - à laquelle par ailleurs vous appartenez, sauf erreur - qui s'est penchée sur ces problèmes, qui s'est exprimée après avoir étudié à fond le problème et entendu des spécialistes du droit pénal. C'est peut-être vrai que j'ai de la peine à entendre des contre-vérités en droit pénal, vu que c'est peut-être un des seuls domaines où je comprenne quelque chose. Il se trouve que je connais aussi la pratique, Monsieur Cornu, pour avoir été quinze ans sur le front de la lutte contre la criminalité. Je vous assure que lorsque quelqu'un agresse un employé, que ce soit le conducteur ou le contrôleur, il l'empêche, à travers l'agression ou la menace, de faire correctement son métier et il est poursuivi d'office.

Mais moi, je trouve que ce n'est pas très correct de faire croire qu'avec ces moyens, on résout les problèmes. Qu'est-ce qui change le fait que l'entreprise se porte partie civile elle-même ou pas? L'employé, lui sera quand même interrogé par la police, l'employé devra reconnaître celui qui l'a agressé. S'il ne le reconnaît pas, ce n'est pas l'entreprise qui le reconnaîtra, c'est lui qui était sur le terrain. Donc, il sera de toute façon interrogé. Pour l'employé, ça ne change absolument rien. Et, déjà aujourd'hui, je vous assure que les entreprises assument tous les frais des employés qui font l'objet de ces actes dans l'exercice de leurs fonctions. Alors, une fois encore, nous ne disons pas de ne rien faire, nous disons que ces mesures, c'est de la poudre aux yeux et qu'il faut que le Conseil fédéral étudie le problème plus globalement, pour qu'il englobe aussi les autres catégories à risque - j'ai cité les chauffeurs de taxi et les infirmières.

Metzler Ruth · BR-F · Bundesrat · Appenzell I.-Rh.

Ich hätte eigentlich den verschiedenen Voten von Herrn Marty nichts anzufügen. Ich möchte aber trotzdem von meiner Seite und vonseiten des Bundesrates verschiedene Überlegungen wiederholen.

Wenn wir gegen die Entgegennahme dieses Vorstosses als Motion sind, geht es überhaupt nicht darum, dass wir dem Anliegen, das der Motion zugrunde liegt, nicht das entsprechende Verständnis entgegenbringen würden. Der Bundesrat hat volles Verständnis für das Anliegen des Motionärs. Wir alle wissen, dass die sich häufenden Angriffe auf das Personal von Bus- und Bahnbetrieben eine Tatsache sind, und sie beschäftigen auch den Bundesrat.

Wir haben jetzt nur über die betroffenen Personen gesprochen, aber dazu kommt noch ein anderer Aspekt, nämlich: dass durch solche Angriffe auch dem öffentlichen Verkehr an sich Schaden zugefügt werden kann. Darüber wurde jetzt eigentlich nicht gesprochen, sondern wir haben nur über die betroffenen Personen gesprochen.

Diesen Erscheinungen und diesen Vorfällen ist entgegenzuwirken, das ist auch die Auffassung des Bundesrates. Aber das ist eben nicht so einfach. Es ist eine Illusion zu glauben, mit der Überweisung dieser Motion wären die Probleme gelöst.

Wenn man hier etwas unternehmen will, dann denkt man, wie Herr Marty es gesagt hat, zunächst einmal an eine vermehrte Polizeipräsenz, zum Beispiel in den Trams, in den Bahnen und in den Bussen, man denkt daran, dass häufiger Kontrollen durchgeführt werden. Da ist es auch verständlich, dass der Motionär unter diesen Aspekten einen neuen Weg zu erschliessen sucht, um zu versuchen, nicht nur auf dem Punkt der reinen Polizeikontrollen zu verharren. Nach Ansicht des Bundesrates haben aber die Vorschläge des Motionärs den Nachteil, dass sie einerseits völlig offene Türen einrennen und anderseits überdies den Zweck verfehlen.

1. Zum Offizialdelikt: Hier wurde ja in verschiedenen Voten die Frage gestellt, ob nun die Personen unter den Begriff des Beamten fallen oder nicht. Angestellte des öffentlichen Verkehrs gelten heute schon als Beamte im Sinne des Strafgesetzbuches - ich betone: im Sinne des Strafgesetzbuches -, wenn sie ihre Funktion im Dienst der Öffentlichkeit ausüben. Das ist regelmässig dann der Fall, wenn der Verkehrsbetrieb aufgrund einer Transportkonzession tätig wird, und es gilt unabhängig davon, ob er öffentlich-rechtlich oder privatrechtlich organisiert ist. Das betrifft insbesondere die Frage von Herrn Leuenberger.

Es hat also nichts mit dem Beamtenstatus zu tun, es hat auch nichts mit dem neuen Bundespersonalgesetz zu tun, und es spielt auch keine Rolle, ob ein Betrieb privatisiert wurde. Massgebend ist nur die Funktion. Das wird in der Lehre auch überhaupt nicht bestritten.

Dann werden Übergriffe auf solche Angestellte auch von Amtes wegen verfolgt - die Artikel 285 und 286 StGB wurden bereits zitiert. Was Herr Nationalrat Jutzet also im ersten Punkt der Motion verlangt, ist heute schon erfüllt, ohne dass das Gesetz verändert werden müsste. Das zum ersten Punkt der Motion.

2. Als Zweites möchte der Motionär auch eine Parteistellung des arbeitgebenden Verkehrsbetriebes. Die gewünschte Parteistellung für den Geschädigten besteht schon nach den heutigen Prozessgesetzen in der einen oder anderen Form und wird auch in der künftigen, einheitlichen Strafprozessordnung gewährleistet sein. Mit der nun gewünschten Parteistellung für die Transportunternehmung als Arbeitgeberin des geschädigten Angestellten soll aber vor allem die Situation des betroffenen Angestellten im Prozess erleichtert werden. Denn es ist - diesbezüglich sind wir uns wohl alle einig - für ein Deliktsopfer meistens nicht angenehm, als Zeuge oder als Partei in einem Verfahren auftreten zu müssen. Wenn es aber zu einem Verfahren kommt, können die Unannehmlichkeiten des geschädigten Angestellten nicht dadurch vermindert werden, dass seine Arbeitgeberfirma eine eigene Parteistellung bekommt. Zumindest als Zeuge - das hat der Kommissionssprecher deutlich ausgeführt - kann sich der Angestellte nicht vertreten lassen, und auch als Geschädigter wird er im Verfahren jedenfalls teilweise auftreten müssen. Dass die Arbeitgeberfirma ihren Angestellten moralisch unterstützt, ihn berät, ist letztlich der zentrale Punkt des Anliegens, auch im Verhältnis zum geltenden Recht: Die Motion wünscht, dass die Arbeitgeberfirma hier eine Rolle spielt, den Betroffenen vielleicht auch einen Rechtsbeistand zur Seite gibt. Das ist heute ohne weiteres möglich, ohne dass es einer speziellen Parteistellung bedarf. Der Bundesrat - da möchte ich auch noch einmal betonen, was schon seitens des Kommissionssprechers gesagt wurde - ist bereit, bei der Überarbeitung des Vorentwurfes zur schweizerischen Strafprozessordnung nach der Vernehmlassung das Anliegen noch einmal in genereller Weise aufzunehmen.

In diesem Sinne bitte ich Sie, Ihrer Kommission zu folgen und die Motion Jutzet in ein Postulat umzuwandeln.

Saudan Françoise · P-F · Ständerat · Genf · Freisinnig-demokratische Fraktion

Abstimmung - Vote

Für Überweisung als Motion .... 19 Stimmen

Für Überweisung als Postulat .... 14 Stimmen