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Welche gesundheitlichen Folgen hat der Konsum von Energydrinks bei Jugendlichen?

Roduit Benjamin · Mit-M · Nationalrat · Wallis · CVP-Fraktion

Les boissons énergisantes sont un danger pour la santé de nos jeunes, et c'est un recteur de collège qui l'affirme. Selon Addiction Suisse, palpitations, angoisses, troubles comportementaux, sautes d'humeur, problèmes cardiaques, lésions du foie, insuffisance rénale ou problèmes respiratoires sont légion suite à la consommation de ce genre de boissons, qui font le bonheur des jeunes lors de leurs soirées récréatives, mais aussi le lendemain matin lorsqu'il s'agit de revenir aux choses sérieuses.

Alors que la Confédération table régulièrement sur des problèmes de santé publique et qu'elle essaie, tant bien que mal, d'endiguer les nouveaux maux issus de nos modes de consommation, le problème des boissons énergisantes doit vraiment être pris au sérieux.

C'est clairement ce que ce postulat vise. Si le Conseil fédéral, dans sa réponse, semble être conscient de la problématique, il n'empêche que les données sont actuellement manquantes. L'enquête nationale sur l'alimentation "Menu CH", publiée en juin 2019, donne bien quelques éléments, mais de manière succincte. Il apparaît d'ailleurs que les 18-34 ans sont la catégorie qui consomme largement le plus de boissons sucrées, avec presque quatre décis par personne par jour. Nous n'avons par contre aucune information en Suisse sur les plus jeunes et leur consommation de boissons énergisantes.

A l'échelle européenne, une étude publiée en 2013 montre que les plus grands consommateurs de ce type de boisson sont les adolescents, qui représentent 68 pour cent des consommateurs parmi la totalité des participants. Selon cette même étude, les boissons énergisantes représentent environ 43 pour cent de l'exposition à la caféine des enfants âgé de 3 à 10 ans. En 2009, en Suisse, près de 60 pour cent des garçons de 15 ans et 38 pour cent des filles du même âge déclaraient consommer au moins une fois par semaine ce type de boisson, selon l'étude HSBC sur les comportements de santé des adolescents.

Or, nous n'avons pour l'heure aucune donnée plus récente. Dans sa réponse datant déjà du 22 novembre 2017, le Conseil fédéral cite une étude financée par l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires qui aurait dû aboutir à la fin 2018. Une année après, comme soeur Anne, nous attendons toujours cette étude qui, selon nos sources, est toujours en stand-by auprès du Centre hospitalier universitaire vaudois.

Face au manque de données et à l'inquiétude des parents, des professionnels de la santé et d'Addiction Suisse, il est de notre responsabilité d'apporter des réponses complètes afin d'avoir une vision claire de la situation. Au surplus, il s'agit de comprendre que ces boissons sont très caféinées; elles contiennent beaucoup de sucre, de 25 à 30 grammes par cannette, soit entre six et neuf morceaux, alors que la consommation de sucre pour un adulte ne devrait pas dépasser 50 grammes par jour.

Or vous le savez, chers parlementaires, pour en avoir souvent débattu: une alimentation trop riche en glucides peut avoir des conséquences négatives sur la santé - risque accru d'obésité, de diabète et de caries. En Suisse, en vingt ans, la proportion des personnes obèses a quasiment doublé; les 15 à 24 ans sont particulièrement concernés par cette évolution.

Vous l'avez compris, il est grand temps d'aller de l'avant pour contrer cette menace. Comment justifierait-on notre action continue pour protéger les jeunes de l'alcool, du tabac ou du sucre, que ce soit par des taxes ou des mesures de prévention, alors que nous n'avons rien entrepris et que nous ne savons rien des boissons énergisantes? Il ne doit pas y avoir deux poids deux mesures en matière de protection de notre jeunesse et de santé publique.

Pour toutes ces raisons, je vous demande de soutenir ce postulat.

Berset Alain · BR-M · Bundesrat · Freiburg

Monsieur Roduit, nous sommes tout à fait conscients de la problématique liée à la consommation de boissons énergisantes chez les enfants et les adolescents. C'est la raison pour laquelle, dans ce contexte, l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires a soutenu financièrement un projet de recherche mené en 2017/18 par le Centre hospitalier universitaire vaudois à Lausanne. C'est un projet qui a évalué la consommation de caféine auprès de 94 enfants de 6 à 16 ans, et ma foi si, comme soeur Anne, vous ne voyez rien venir, il faut attendre que le CHUV publie ses résultats. Mais peut-être que frère Alain peut vous apporter quelques informations - ce que je fais volontiers! (Hilarité)

Les premiers résultats de l'étude sont disponibles, mais ils ne sont pas encore publiés. Ils montrent que la consommation journalière de caféine chez ces enfants est de 1,1 milligramme par kilogramme de poids corporel. C'est une mesure qui est trois fois inférieure à la dose individuelle journalière de caféine considérée comme sans risque par l'Agence européenne de sécurité alimentaire, l'EFSA. Cette dernière a effectivement publié une analyse des risques très complète en 2015.

Donc si, selon les premiers résultats de cette étude, cette consommation n'est pas problématique pour la très grande majorité des enfants; c'est la minorité d'entre eux qui doit nous intéresser - et là, vous avez raison! En effet, nous constatons également qu'environ 8 pour cent de ces enfants dépassent la quantité de caféine journalière consommée considérée comme sans risque. Or cela peut - vous l'avez rappelé, Monsieur Roduit - effectivement avoir des conséquences néfastes, et même très néfastes, sur la santé.

Les résultats de ce projet de recherche montrent - et il est intéressant de le savoir - que la caféine est absorbée principalement en consommant des boissons chocolatées - 28 pour cent -, le chocolat - 24 pour cent -, le thé - 14 pour cent -, et les yogourts au moka - environ 10 pour cent -, alors que les boissons énergisantes représentent seulement 4,8 pour cent. Dans ce sens, les résultats de l'étude du CHUV correspondent à ceux enregistrés dans les pays voisins.

Cela dit, la consommation de boissons énergisantes contribue à augmenter également la consommation de sucre, et nous savons qu'elle est, en Suisse, largement supérieure à celle recommandée par l'OMS - soit environ le double, quand même! Ces boissons contribuent donc au surpoids et à l'obésité, ainsi qu'à l'apparition de caries.

Je dis tout cela pour vous rappeler que la question des boissons énergisantes est connue du Conseil fédéral, qu'il la suit de près et qu'elle n'est pas étudiée séparément par les autorités. Ce sujet fait l'objet de recommandations publiées par l'office compétent afin de promouvoir une alimentation équilibrée, y compris une réduction de la consommation de sucre. Or la consommation générale des enfants et des adolescents est traitée dans le cadre de 22 programmes cantonaux en matière d'alimentation et d'activité physique. Ceux-ci visent à encourager les jeunes à pratiquer une activité physique régulière et à avoir une alimentation équilibrée.

Donc, Monsieur Roduit, le Conseil fédéral admet avec vous l'importance de cette thématique, y compris pour les boissons énergisantes, relative à la consommation, notamment, de caféine. Cela dit, et même si tout n'est pas encore publié - et vous avez raison de le mentionner -, des résultats nous parviennent. Cela fait que nous pourrons nous baser sur eux pour la suite de nos réflexions.

Aujourd'hui donc, les choses avancent. C'est ce qui a conduit le Conseil fédéral à proposer de rejeter le postulat.

Abstimmung

La presidente (Carobbio Guscetti Marina, presidente): Il Consiglio federale propone di respingere il postulato.

Abstimmung - Vote

Für Annahme des Postulates ... 63 Stimmen

Dagegen ... 121 Stimmen

(7 Enthaltungen)

La présidente (Carobbio Guscetti Marina, présidente): Je vous rappelle que le président du Conseil des Etats, Monsieur Fournier, et moi-même vous invitons à un apéritif ce soir, à la Galerie des Alpes, à 18h30, pour la fin de la législature. (Applaudissements)

Schluss der Sitzung um 13.00 Uhr

La séance est levée à 13 h 00