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Implications de la nouvelle politique stratégique des USA pour la Suisse

Engler Stefan · P-M · Conseil des Etats · Grisons · Le Groupe du Centre. Le Centre. PEV.

Präsident (Engler Stefan, Präsident): Herr Fivaz hat sich von der schriftlichen Antwort des Bundesrates nicht befriedigt erklärt. Er verlangt Diskussion. - Dem wird nicht opponiert.

Fivaz Fabien · Mit-M · Conseil des Etats · Neuchâtel · Groupe des VERT-E-S

Je remercie le Conseil fédéral pour sa réponse, mais permettez-moi de ne pas être satisfait et même d'être inquiet. Lorsque j'ai déposé cette interpellation, nous étions en décembre 2025. Le document de la "National Security Strategy" venait de paraître, mettant en lumière une vision du monde inquiétante de la part des États-Unis. Nous sommes désormais en mars 2026 et cette vision n'est plus une vision, c'est une réalité. Les inquiétudes pointées dans l'interpellation sont plus que jamais en train de se concrétiser.

On peut parler d'ingérence au Venezuela, de tentatives répétées d'annexion du Groenland, de chantages et de pressions auprès des partenaires de l'Union européenne, ou du discours de Davos, qui sonne comme une attaque frontale contre l'Union européenne, mais aussi contre la Suisse. On peut parler encore du retrait de nombreux traités internationaux, notamment environnementaux - et pas des moindres -, de la création du Conseil de la paix, une farce à laquelle la Suisse s'est malheureusement associée. Sur le plan économique, on peut encore noter les changements incessants des droits de douane, insoutenables pour nos entreprises, qui montrent surtout à quel point l'administration Trump foule aux pieds le droit international. Notre monde sera donc plus autocratique, plus unilatéral et marqué par la force plutôt que par le dialogue.

Dans ce contexte, permettez-moi de trouver que la réponse du Conseil fédéral n'est pas vraiment à la hauteur des enjeux. Elle aligne des banalités et énumère d'anciens rapports dont l'élaboration date, à mon avis, d'une autre ère. Je ne mets pas en doute leur qualité, mais ils mériteraient au moins d'être mis à jour. En lisant votre réponse, Monsieur le conseiller fédéral, j'ai parfois eu l'impression - et j'espère que ce n'est pas le cas - que vous vous moquiez de moi. Le Conseil fédéral dit s'engager "en faveur d'un multilatéralisme efficace fondé sur le droit international", mais il fait preuve d'une passivité dans la plupart des dossiers internationaux, en Suisse comme dans ses relations avec les autres pays.

Il préfère faire l'autruche : se planquer, en espérant que personne ne le remarque. Cependant, l'attentisme est précisément ce sur quoi l'administration Trump compte pour déployer son plan de déstructuration des relations internationales fondées sur les droits humains et la coopération. Ne pas se positionner clairement, par exemple, contre les attaques envers l'Union européenne, revient à abandonner nos partenaires. Ne pas condamner la tentative de destruction de l'ONU à travers le Conseil de la paix ou, pire encore, y participer en tant qu'observateur, est une insulte au multilatéralisme.

La Suisse est fondée sur des symboles forts, notamment les droits humains et le multilatéralisme. Notre pays est trop petit pour peser dans un ordre mondial basé sur la force. Notre voix porte donc seulement lorsqu'elle défend proactivement et publiquement le droit international et dénonce systématiquement les atteintes aux droits humains et au multilatéralisme.

Ces derniers mois, nous avons également eu l'occasion d'observer les tentatives brutales d'ingérence politique et économique de l'administration américaine dans notre politique intérieure, dans nos propres affaires. Alors que mon interpellation souligne la nécessité d'anticiper ces risques, le Conseil fédéral préfère, lui, attendre et augmenter, en attendant encore davantage, notre dépendance vis-à-vis des États-Unis. À mon avis, les événements récents exigent un plan clair et des scénarios mis à jour pour faire face aux pressions venues des États-Unis. Ils exigent une politique ferme et la création d'une alliance avec des pays, en premier lieu l'Union européenne, qui croient encore à un ordre mondial basé sur le dialogue et le droit international. Dans ce dossier, malgré les avancées importantes, je décèle malheureusement encore et toujours une frilosité qui fait craindre le pire dans une campagne qui s'annonce difficile.

Sans engagement ferme de la part du Conseil fédéral, je crains le pire.

Cassis Ignazio · VPBR-M · Conseil fédéral · Tessin

Vous l'avez entendu : le monde change rapidement. Ce qui semblait stable ne l'est plus. L'ordre international est affaibli, et les relations transatlantiques sont devenues plus incertaines, avec des effets sur la politique, sur la sécurité et sur l'économie. La nouvelle stratégie de sécurité des États-Unis montre un changement de priorités : ils veulent se concentrer davantage sur leur propre territoire et sur l'hémisphère occidental. Ils demandent à l'Europe de prendre plus de responsabilités pour sa sécurité. La stratégie de défense publiée en janvier confirme cette orientation. La Russie n'est plus la priorité principale ; elle arrive derrière la défense du territoire américain et la dissuasion face à la Chine dans la région indo-pacifique.

Vor diesem Hintergrund setzt sich der Bundesrat für die Interessen der Schweiz ein und zeigt in der Aussenpolitischen Strategie 2024-2027 auf, wie Sicherheit, Wohlstand und Unabhängigkeit gewahrt werden sollen.

Der Bundesrat adressiert die drei genannten Ziele folgendermassen: Im Bereich der Verteidigung und Rüstung entscheidet der Bundesrat auf der Grundlage seiner Analyse zur Sicherheitslage und der Interessen der Schweiz. Auf wirtschaftlicher Ebene diversifiziert der Bundesrat gemäss der Aussenwirtschaftsstrategie die Handelsbeziehungen, um unsere Resilienz zu stärken. Gleichzeitig festigt er die Beziehungen zu unseren wichtigen Partnern, insbesondere zur Europäischen Union mit dem bilateralen Weg. Sie haben, Herr Ständerat, vielleicht gesehen, dass der Bundesrat gerade heute das Abkommen mit der EU unterschrieben hat.

Darüber hinaus setzt der Bundesrat die Politik des Abschlusses von Freihandelsabkommen mit weiteren Staaten konsequent fort. In den letzten Monaten hat es verschiedene solche gegeben.

Schliesslich setzen wir uns weiterhin für einen wirksamen und rechtsbasierten Multilateralismus ein, indem wir die internationale Rolle Genfs unterstützen und den Vorsitz der OSZE erneut übernommen haben. Damit der Multilateralismus jedoch bestehen kann, muss er sich reformieren und wieder auf seine Kernaufgaben konzentrieren.

Aujourd'hui, les démocraties doivent faire face à de nombreux défis. Le Conseil fédéral continue de suivre une politique étrangère de sécurité pragmatique, basée sur les valeurs de notre Constitution.

Engler Stefan · P-M · Conseil des Etats · Grisons · Le Groupe du Centre. Le Centre. PEV.

Präsident (Engler Stefan, Präsident): Damit ist das Geschäft erledigt.