25.3561

Crimes israéliens pendant la guerre à Gaza. Mesures visant à garantir le respect du droit international humanitaire et du droit international contraignant

Page Pierre-André · P-M · Conseil national · Fribourg · Groupe de l'Union démocratique du Centre

Antrag der Mehrheit

Ablehnung der Motion

Antrag der Minderheit

(Molina, Arslan, Badertscher, Bulliard, Fehlmann Rielle, Friedl Claudia, Gugger, Gysin Greta, Nussbaumer, Rumy, Schneider-Schneiter, Weber)

Annahme der Motion

Proposition de la majorité

Rejeter la motion

Proposition de la minorité

(Molina, Arslan, Badertscher, Bulliard, Fehlmann Rielle, Friedl Claudia, Gugger, Gysin Greta, Nussbaumer, Rumy, Schneider-Schneiter, Weber)

Adopter la motion

Le président (Page Pierre-André, président): Vous avez reçu un rapport écrit de la commission.

Calame Didier · Mit-M · Conseil national · Neuchâtel · Groupe de l'Union démocratique du Centre

La commission s'est penchée sur la motion Sommaruga Carlo, qui charge le Conseil fédéral d'utiliser toute son influence diplomatique afin de s'opposer aux crimes graves commis dans le contexte de la guerre à Gaza, de garantir un accès sans entrave à l'aide humanitaire dans la bande de Gaza et d'obtenir la libération des otages. La majorité de la commission partage pleinement les préoccupations humanitaires exprimées par l'auteur de la motion. Les souffrances des populations civiles dans le contexte du conflit au Proche-Orient sont immenses et appellent à une mobilisation constante de la communauté internationale. La Suisse, fidèle à sa tradition humanitaire, a toujours défendu avec fermeté le respect du droit international humanitaire, la protection des civils et l'accès de l'aide humanitaire aux populations touchées par les conflits. Toutefois, après un examen attentif, la majorité de la commission estime que l'adoption de cette motion ne constitue pas l'instrument approprié, et recommande par conséquent de la rejeter.

Premièrement, la majorité considère que les objectifs poursuivis par la motion correspondent déjà aux orientations de la politique étrangère actuelle de la Suisse. Le Conseil fédéral s'engage de manière constante en faveur du respect du droit international humanitaire et de la protection des populations civiles dans les conflits armés. Il a également exprimé à plusieurs reprises la nécessité de garantir un accès humanitaire suffisant à la population de la bande de Gaza et de parvenir à la libération des personnes retenues en otage. Dans ce contexte, la majorité estime que la motion ne crée pas d'obligation nouvelle et qu'elle apparaît, dès lors, largement redondante par rapport aux engagements déjà pris par le gouvernement.

Deuxièmement, la majorité de la commission attache une grande importance à la préservation de la crédibilité et de la cohérence de la politique extérieure de la Suisse. Notre pays jouit d'une reconnaissance internationale en tant qu'acteur engagé en faveur du dialogue, de la médiation et du respect du droit international. Cette position repose notamment sur la neutralité et sur la capacité de la Suisse à maintenir des canaux de communication avec l'ensemble des partis. La majorité de la commission craint que l'adoption d'une motion formulée dans le contexte d'un conflit aussi sensible puisse être interprétée comme une prise de position politique, unilatérale et, par conséquent, qu'elle puisse affaiblir la capacité de la Suisse à jouer un rôle constructif et crédible dans les efforts diplomatiques et humanitaires.

Troisièmement, la majorité considère qu'il est essentiel de préserver la marge de manoeuvre du Conseil fédéral dans la conduite de la politique étrangère. Les crises internationales évoluent rapidement et nécessitent une diplomatie flexible, capable d'adapter ses instruments et ses interventions en fonction des circonstances. L'inscription dans la loi ou dans des mandats parlementaires trop précis pourrait restreindre cette capacité d'action et compliquer la gestion diplomatique de situations déjà extrêmement complexes. Enfin, la majorité de la commission souligne que le rôle de la Suisse dans la promotion du droit international humanitaire et dans l'aide humanitaire doit rester fondé sur des principes d'impartialité, de crédibilité et de continuité. C'est précisément cette approche qui permet à la Suisse d'être reconnue comme un partenaire fiable dans les efforts visant à protéger les populations civiles et faciliter l'accès à l'aide humanitaire.

Pour toutes ces raisons, la majorité de la commission estime que, bien que les préoccupations exprimées dans la motion soient légitimes et partagées, l'instrument proposé n'est pas nécessaire pour atteindre les objectifs visés. La Suisse doit continuer à défendre avec détermination les principes du droit international humanitaire et à soutenir les efforts visant à atténuer les souffrances des populations civiles. Toutefois, elle doit également veiller à préserver la cohérence et l'efficacité de sa politique extérieure.

C'est pourquoi la majorité de la commission vous invite à rejeter la motion Sommaruga Carlo 25.3561.

Portmann Hans-Peter · Mit-M · Conseil national · Zurich · Groupe libéral-radical

Am 8. September 2025 hat der Ständerat die Motion Sommaruga Carlo 25.3561 beraten; dabei hat er Ziffer 1 der Motion angenommen, die Ziffern 2, 3, 4 und 5 hingegen nicht.

Die APK-N hat diese Motion am 27. Oktober 2025 beraten. Sie hat mit 12 zu 12 Stimmen mit Stichentscheid des Präsidenten entschieden, die Motion in allen Punkten nicht zur Annahme zu empfehlen. Selbstverständlich konnten sich in der Kommission alle Fraktionen mit dem Inhalt von Ziffer 1, welche der Ständerat angenommen hatte, einverstanden erklären. Nur ergibt es aber keinen Sinn, eine Motion anzunehmen und etwas zu verlangen, was bereits geschehen ist. In Ziffer 1 wird zum Beispiel die bedingungslose Freilassung aller Geiseln gefordert; das ist aber bereits erfolgt.

Eine Minderheit beantragt die Annahme von Ziffer 1 der Motion wegen der Forderung, im Gazastreifen müsse der ungehinderte Zugang zu humanitärer Hilfe sichergestellt werden. Auch diese Forderung wurde bereits von beiden Räten überwiesen; es gibt sowohl im Nationalrat wie auch im Ständerat gleichlautende Motionen aller Fraktionen, die genau dies fordern. Es ergibt also keinen Sinn, jetzt im Nachhinein nochmals eine Motion mit nur einer Ziffer in den Prozess zu geben, um in einem einzelnen Satz noch einmal ein Anliegen vorzubringen, das, wie gesagt, bereits schon in anderen Motionen formuliert wurde.

Ihre APK stellte sich - ich sage es nochmals - mit 12 zu 12 Stimmen mit Stichentscheid des Präsidenten auf den Standpunkt, dass wir unsere Verwaltung nicht mit Themen beschäftigen sollten, welche bereits schon in diesem Hause abgehandelt wurden.

Ich danke Ihnen, wenn Sie der Mehrheit der APK folgen.

Molina Fabian · Mit-M · Conseil national · Zurich · Groupe socialiste

Am 17. November 2025 konnte sich der UNO-Sicherheitsrat endlich zu einer Resolution zum Nahostkonflikt durchringen. Der auf dem US-amerikanischen Vorschlag basierende Beschluss sieht einen sofortigen Waffenstillstand, die Freilassung aller Geiseln und den umfassenden Zugang humanitärer Hilfe zum Gazastreifen vor. Ausserdem sieht sie die Errichtung einer Übergangsverwaltung für den Wiederaufbau, die humanitäre Unterstützung und die alltägliche Verwaltung des Gazastreifens vor und ermächtigt zur temporären Errichtung einer internationalen Stabilisierungstruppe.

Dieser Beschluss des Weltsicherheitsrates ist eine gute Neuigkeit für die überlebende, traumatisierte und hungernde Zivilbevölkerung im Gazastreifen. Sie ist ein ermutigendes Zeichen für den Multilateralismus und ein erster wichtiger Schritt auf dem Weg zu einem echten Friedensprozess. Dennoch bleiben viele Fragen offen und unzählige Probleme ungelöst. Trotz des Friedensplans gelangt nach wie vor viel zu wenig humanitäre Hilfe in den Gazastreifen. Die Kinder Gazas sind auch nach zwei Jahren ohne Schule und ohne Gesundheitsversorgung. Trotz der überfälligen Freilassung der israelischen Geiseln harren noch immer unzählige palästinensische Zivilpersonen, politische Gefangene in Gefängnissen unter unmenschlichen Bedingungen aus, während die israelische Justiz erste Verfahren wegen des Verdachts auf Misshandlungen eingeleitet hat.

Dass sich der Bundesrat unter Ausnutzung seines vollen aussenpolitischen Einflusses gegen diese Missstände engagieren soll, beschloss dieser Rat bereits am 11. September 2025, also vor nicht einmal einem halben Jahr, mit 113 zu 65 Stimmen bei 15 Enthaltungen bei der Beratung der gleichlautenden Motion 25.3560. Dass sich die Mehrheit der APK-N nun am 27. Oktober 2025 distanziert und sich diesem Entschluss mit der kleinstmöglichen Mehrheit von 12 Stimmen mit Stichentscheid des Präsidenten widersetzt hat, ist völlig unverständlich.

Die humanitäre Situation im Gazastreifen bleibt schlimm. Der Waffenstillstand hält mehr schlecht als recht, und so schreibt auch der Bundesrat in seiner Medienmitteilung vom 26. November 2025: "Obwohl die humanitäre Hilfe nach dem im Rahmen des von den USA vorgelegten 'Gaza Peace Plan for peace in the Middle East' vereinbarten Waffenstillstand vom 10. Oktober 2025 aufgestockt wurde, ist die Notlage vor Ort nach wie vor enorm. Die anhaltenden Restriktionen schränken den Zugang der Bevölkerung zu grundlegenden Gütern weiterhin ein." Oder in anderen Worten: Die Umsetzung der Resolution 2803 von 2025 steht immer noch am Anfang. Genau deshalb hat der Bundesrat Ende letzten Jahres kommuniziert, dass er die humanitäre Hilfe für den Gazastreifen verstärkt und die Umsetzung des Friedensplans mit Expertise aktiv unterstützt. Die Forderung der Motion hat also nichts an ihrer Richtigkeit und Dringlichkeit verloren.

Im Namen der stärksten möglichen Minderheit Ihrer Kommission von 12 Stimmen bitte ich Sie, Ihren Beschluss Ihres Rates vom 11. September letzten Jahres zu bestätigen, dem Ständerat zu folgen und in Übereinstimmung mit der Aussenpolitik und der humanitären Tradition der Schweiz Ziffer 1 der Motion anzunehmen.

Parmelin Guy · BPR-M · Conseil fédéral · Vaud

Dans le contexte des développements actuels au Moyen-Orient, l'attention internationale s'est également portée sur d'autres crises dans la région ces derniers temps. La première phase du plan de paix pour Gaza des États-Unis a néanmoins permis certaines avancées sur le terrain, comme en témoigne le cessez-le-feu à Gaza entré en vigueur le 10 octobre 2025 et la libération d'otages.

Malgré l'entrée dans la deuxième phase, la situation sécuritaire reste extrêmement fragile, comme nous avons pu le constater à plusieurs reprises. De plus, la situation humanitaire reste critique. Si une augmentation de l'entrée de l'aide humanitaire est constatée depuis le cessez-le-feu, elle reste en deçà du volume convenu et des besoins de la population. Le Conseil fédéral continue donc d'appeler toutes les parties à respecter strictement le droit international. Cela comprend la garantie d'un accès humanitaire rapide, sûr et sans entrave à la bande de Gaza par tous les points de passage, en particulier pour l'ONU et ses partenaires. Dans son avis consultatif du 22 octobre 2025, la Cour internationale de justice a confirmé qu'Israël, en tant que puissance occupante, est tenu d'accepter et de faciliter les mesures d'aide prises par les Nations Unies et ses agences, y compris l'UNRWA.

Le Conseil fédéral est déterminé à continuer à contribuer au processus de stabilisation au Proche-Orient. Il salue le plan de paix pour Gaza et la résolution 2803 du Conseil de sécurité de l'ONU relative à sa mise en oeuvre. Il a ainsi décidé, lors de sa séance du 26 novembre dernier, d'allouer un montant total de 23 millions de francs qui s'ajoute à celui de 2 millions de francs déjà engagés depuis le cessez-le-feu du 10 octobre dernier. Au total, cela porte l'engagement humanitaire de la Confédération à 150 millions de francs depuis octobre 2023. Ce paquet de mesures vise à améliorer la situation humanitaire à Gaza, en particulier celle des enfants, renforcer les institutions palestiniennes et favoriser le dialogue. Laissez-moi vous présenter quelques-unes de ces mesures de manière plus concrète.

Afin de répondre aux besoins les plus urgents, 12 millions de francs ont été alloués à des organisations humanitaires capables d'intervenir rapidement, à savoir le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU, le CICR, le Croissant-Rouge palestinien, via la Croix-Rouge suisse, et la Jordan Hashemite Charity Organization. Une attention particulière est portée à la situation des enfants dans les territoires palestiniens occupés (TPO). Un montant de 5,5 millions de francs a été alloué à l'Unicef, à l'OMS en Jordanie et à l'organisation Save the Children en Égypte à cette fin. Le Département fédéral des affaires étrangères renforce également son appui aux institutions palestiniennes, y compris en faveur de l'avancement des réformes de l'autorité palestinienne, notamment en vue de soutenir une gouvernance unifiée pour les TPO et les efforts de déminage ; 5,5 millions de francs sont alloués à cette fin.

La Suisse met également à disposition son expertise technique par le détachement d'experts auprès du Centre de coordination civilo-militaire, à Kiryat Gat en Israël. Enfin, la Suisse soutient les plateformes visant à promouvoir le dialogue intra-palestinien, intra-israélien, israélo-palestinien et régional. Elle continue aussi à participer à l'Alliance mondiale pour la mise en oeuvre de la solution à deux États.

Au-delà de la situation à Gaza, le Conseil fédéral reste très préoccupé par la situation en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est. Outre les opérations militaires, la violence des colons et l'expansion des colonies, Israël a également renforcé son autorité sur le territoire occupé par le biais de diverses décisions gouvernementales, notamment les 8 et 15 février derniers. La Suisse condamne fermement ces nouvelles mesures et appelle Israël à mettre un terme à son occupation. Ces mesures renforcent encore davantage l'ensemble des mesures existantes, équivalant déjà à une annexion.

Dans son avis rendu le 19 juillet 2024, la Cour internationale de justice a constaté l'illégalité de l'occupation israélienne du territoire palestinien et conclu que l'action d'Israël équivaut à une annexion de larges parties du territoire palestinien occupé. Elle appelle donc toutes les parties à pleinement respecter leurs engagements et à mettre définitivement fin à la spirale de la violence, en vue de garantir à la fois le droit à l'autodétermination du peuple palestinien et la sécurité d'Israël.

Vous constaterez donc que le Conseil fédéral déploie déjà pleinement ses instruments de politique étrangère pour répondre aux demandes figurant sous le chiffre 1 de la motion et pour soutenir les efforts de la communauté internationale. C'est dans ce sens qu'il faut comprendre la volonté du Conseil fédéral de ne pas recommander l'acceptation de cette motion. Il ne faut pas interpréter cette recommandation comme de l'indifférence face à la situation sur place. Je peux vous assurer que le Conseil fédéral poursuivra ses efforts afin d'essayer de se rapprocher d'une paix juste et durable au Proche-Orient, fondée sur la solution à deux États et le droit international, afin que tant Israël que les Palestiniens puissent vivre en paix, en sécurité et dans la dignité.

Page Pierre-André · P-M · Conseil national · Fribourg · Groupe de l'Union démocratique du Centre

Le président (Page Pierre-André, président): Je donne la parole au rapporteur, M. Portmann, qui souhaite apporter une précision à son intervention.

Portmann Hans-Peter · Mit-M · Conseil national · Zurich · Groupe libéral-radical

Die Aussage des Minderheitssprechers, Herrn Molina, die APK-N widersetze sich allen gleichlautenden Motionen, denen hier zugestimmt wurde, ist eine unlautere Unterstellung. Wenn Sie die Protokolle der APK-N lesen, stellen Sie fest, dass das Gegenteil der Fall ist. Es ist so, dass die APK-N in Würdigung all der hier angenommenen Motionen zum Schluss gekommen ist, dass es diese Motion nun nicht mehr braucht.

Vielen Dank, wenn Sie die Motion ablehnen.

Vote

Le président (Page Pierre-André, président): La majorité de la commission et le Conseil fédéral proposent de rejeter la motion. Une minorité Molina propose d'adopter la motion.

Abstimmung - Vote

Für Annahme der Motion ... 74 Stimmen

Dagegen ... 113 Stimmen

(5 Enthaltungen)