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Ratifizierung der WHO-Tabakkonvention
Fehlmann Rielle Laurence · Mit-F · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion
Tout d'abord, je déclare mes liens d'intérêts : je suis présidente de l'Association suisse pour la prévention du tabagisme. Cela fait plus de vingt ans que la Convention-cadre de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour la lutte antitabac est entrée en vigueur, mais la Suisse demeure l'un des très rares pays au monde à ne pas l'avoir ratifiée. Pourtant, notre pays l'avait signée en 2004. Cette situation est difficilement compréhensible pour un pays qui accueille le siège mondial de l'OMS et qui se présente volontiers comme un acteur engagé de la santé publique au niveau international. Cette situation affaiblit la crédibilité de notre pays dans le domaine de la santé publique et de la prévention, alors même que le tabac reste la première cause de mortalité évitable en Suisse. On recense environ 9500 décès par an liés à la consommation de tabac.
La convention-cadre constitue aujourd'hui le principal instrument mondial pour réduire les dommages causés par le tabac. Elle fixe des standards essentiels en matière de prévention, de protection contre la fumée passive, de réglementation des produits du tabac, de fiscalité et de transparence face à l'industrie. Dans la grande majorité des pays, elle a permis des avancées importantes pour protéger la santé des populations. En Suisse, nous restons encore loin de ces standards internationaux. C'est pourquoi la ratification de la convention constituerait un signal clair ; celui d'un pays qui choisit de placer la santé publique au-dessus des intérêts économiques d'une industrie dont les produits continuent de causer des milliers de décès prématurés et de maladies chroniques. L'édition 2025 de l'indice d'ingérence de l'industrie du tabac montre clairement à quel point notre pays reste fortement exposé à l'influence de l'industrie du tabac. La Suisse se classe toujours à l'avant-dernière place de ce classement international, à savoir 99e sur 100 pays.
Jusqu'à maintenant, l'absence d'une législation nationale spécifique était invoquée comme étant le principal obstacle à la ratification de la convention-cadre. Depuis l'entrée en vigueur, en octobre 2024, de la loi fédérale sur les produits du tabac et les cigarettes électroniques, la Suisse dispose désormais d'une base légale qui lève ces obstacles.
Le tabac entraîne chaque année plus de 3 milliards de francs de coûts directs à la charge de l'assurance-maladie. C'est un montant qui est en constante augmentation et qui pèse lourdement sur les assurés et sur notre système de santé. Je rappelle qu'en 2026, les primes d'assurance-maladie ont augmenté de 4,4 pour cent.
Dans ces conditions, rien ne justifie plus le fait que notre pays continue à se tenir à l'écart d'un traité international ratifié par plus de 180 États. La ratification de la convention-cadre est non seulement possible, mais elle est indispensable pour assurer la cohérence de notre politique nationale avec les standards internationaux reconnus en matière de prévention et de santé publique. Il s'agit aussi de renforcer durablement la protection de la population contre les conséquences sanitaires et économiques du tabagisme. Ce principe n'a rien d'idéologique. Il repose sur une réalité bien documentée, car pendant des décennies l'industrie du tabac a cherché à minimiser les dangers du tabac et de la nicotine et à influencer les décisions politiques afin de retarder ou d'affaiblir les mesures de santé publique. On en est tous les jours témoins au sein de notre Parlement. L'exigence de transparence prévue par la convention-cadre vise précisément à éviter que ces stratégies ne continuent à orienter les politiques publiques.
Contrairement à ce que certains milieux de l'économie ont récemment écrit, cette convention-cadre ne contournera pas le législateur suisse, car toute nouvelle disposition prise dans ce domaine devrait être approuvée par notre Parlement. D'ailleurs, le Conseil fédéral a proposé l'acceptation de cette motion. La lutte contre le tabagisme est un enjeu majeur de santé publique. Elle exige des politiques fondées sur des données scientifiques et orientées vers la protection des générations actuelles et futures.
La Suisse doit prendre ses responsabilités dans la lutte contre le tabagisme. Je vous remercie de soutenir cette motion.
Page Pierre-André · P-M · Nationalrat · Freiburg · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei
Le président (Page Pierre-André, président): La motion est combattue par M. Glarner.
Glarner Andreas · Mit-M · Nationalrat · Aargau · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei
Wir stehen heute vor einer Entscheidung, die auf den ersten Blick harmlos klingt: Es geht nämlich um die Ratifizierung eines internationalen Abkommens zur Eindämmung des Tabakgebrauchs. Wer könnte da schon dagegen sein? Wer möchte nicht Gesundheit schützen, Prävention stärken und Kosten senken? Doch gerade weil diese Ziele so unbestritten klingen, müssen wir genauer hinschauen und uns fragen, welchen Preis wir dafür zahlen sollen.
Es geht heute nicht um die Frage, ob Rauchen gesundheitsschädlich ist - das ist unbestritten. Es geht vielmehr um die Frage, ob die Schweiz gut beraten ist, ihre politische Handlungsfreiheit an ein internationales Regelwerk zu binden, dessen Umsetzung weit über das hinausgehen kann, was hierzulande demokratisch ausgehandelt wurde.
Die Schweiz hat die WHO-Tabakkonvention vor über zwanzig Jahren unterzeichnet und bewusst nicht ratifiziert. Das war kein Zufall und kein Versäumnis, sondern Ausdruck unserer politischen Kultur, die sorgfältig prüft, bevor sie Kompetenzen abgibt. Unsere direkte Demokratie lebt davon, dass wir Regelungen im Inland entstehen lassen, getragen von einem breiten gesellschaftlichen Konsens. Die automatische Übernahme internationaler Standards ersetzt diesen Prozess nicht, sie schwächt ihn.
Die Befürworter argumentieren, die Schweiz verliere an Glaubwürdigkeit, solange sie das Abkommen nicht ratifiziere. Doch Glaubwürdigkeit entsteht nicht durch symbolische Unterschriften auf einem Papier, sondern durch wirksame Politik im eigenen Land. Mit dem Tabakproduktegesetz verfügt die Schweiz bereits über ein Instrumentarium, das auf unsere föderalen Strukturen und unsere gesellschaftliche Realität abgestimmt ist. Warum sollten wir uns zusätzlich an ein Abkommen binden, das langfristig neue Verpflichtungen mit sich bringt, ohne dass das Parlament jede einzelne Massnahme frei ausgestalten kann?
Ein weiteres Argument betrifft die Kosten im Gesundheitswesen. Ja, Tabakkonsum verursacht erhebliche Ausgaben. Aber die Frage ist: Werden diese Kosten mit einem internationalen Rahmenübereinkommen tatsächlich reduziert, oder verschiebt sich nur die politische Verantwortung? Gesundheitskosten entstehen durch viele Faktoren: demografische Entwicklung, medizinischer Fortschritt, Konsumverhalten insgesamt. Es ist eine Illusion, zu glauben, dass ein globaler Vertrag automatisch nationale Probleme löst.
Noch wichtiger ist jedoch ein Grundprinzip unseres Staatsverständnisses: die Verhältnismässigkeit. Die Schweiz hat traditionell einen pragmatischen Ansatz verfolgt: Prävention ja, aber ohne übermässige Bevormundung. Die WHO-Konvention hingegen ist nicht nur ein Leitfaden, sie setzt eine politische Richtung fest, die zunehmend restriktiv interpretiert wird. Wer sie heute ratifiziert, öffnet die Türe für künftige Verschärfungen, die vielleicht gar nicht mehr im Einklang mit unserer liberalen Tradition stehen.
Wir sollten uns auch fragen, welche Signalwirkung eine Ratifizierung hat. Sie könnte bedeuten, dass internationale Organisationen immer stärker bestimmen, wie nationale Gesundheits- und Wirtschaftspolitik auszusehen hat. Doch die Schweiz ist stark, weil sie eigenständig entscheidet, nicht weil sie jede internationale Entwicklung automatisch übernimmt. Das bedeutet nicht, dass wir Prävention vernachlässigen, sondern im Gegenteil: Gerade weil die Herausforderungen so gross sind, braucht es massgeschneiderte Lösungen, die hier vor Ort bei uns, in den Kantonen, in den Gemeinden, entstehen, im Dialog mit der Wirtschaft und der Gesellschaft. Ein globales Abkommen kann diesen differenzierten Ansatz kaum abbilden.
Politische Entscheidungen sollten nicht aus moralischem Druck heraus getroffen werden, sondern aus nüchterner Abwägung. Die Frage lautet nicht: Sind wir für oder gegen Gesundheit? Die Frage lautet: Ist die Ratifizierung dieses Abkommens der richtige Weg für die Schweiz? Hier müssen wir ehrlich sein: Es gibt gute Gründe für Skepsis. Wir riskieren, regulatorische Kompetenzen aus der Hand zu geben. Wir schaffen Erwartungen an künftige Verschärfungen, die politisch vielleicht gar nicht mehr breit abgestützt sind. Und wir senden das Signal, dass internationale Vereinbarungen wichtiger sind als der eigenständige demokratische Prozess bei uns.
Die Schweiz hat ihre Stärke immer daraus gezogen, dass sie ihren eigenen Weg gegangen ist - verantwortungsvoll, differenziert und frei. Diese Tradition sollten wir nicht leichtfertig aufgeben. Deshalb appelliere ich an uns: Prüfen wir kritisch, statt vorschnell zu ratifizieren. Setzen wir auf unsere wirksame nationale Politik statt auf symbolische internationale Bindungen. Und bewahren wir uns die politische Selbstbestimmung, die unser Land stark gemacht hat.
Baume-Schneider Elisabeth · BR-F · Bundesrat · Jura
La motion, si vous l'acceptez, ne signifie pas l'acceptation de la convention. La motion charge le Conseil fédéral de soumettre au Parlement un message qui viserait la ratification éventuelle de la Convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac. Le Conseil fédéral partage les préoccupations de l'auteure de la motion, car la lutte contre le tabagisme constitue une priorité significative de notre politique sanitaire. La Suisse a signé la convention en 2004 et sa ratification demeure un objectif de la stratégie nationale de prévention des maladies non transmissibles.
Ces dernières années, des étapes ont été franchies qui permettent de renforcer le cadre législatif. La loi sur les produits du tabac, entrée en vigueur en octobre 2024, interdit notamment la vente de produits du tabac et de cigarettes électroniques aux mineurs. À la suite de l'acceptation, en février 2022, de l'initiative populaire visant à interdire la publicité du tabac atteignant les enfants et les jeunes, le Parlement a adopté, le 20 juin 2025, une révision de la loi sur les produits du tabac qui introduit des restrictions publicitaires supplémentaires. Avec ce nouveau cadre législatif adapté, la Suisse peut en principe se conformer aux obligations minimales de la convention. Des analyses approfondies devront encore être menées avec les différents offices compétents pour déterminer si le droit suisse est déjà pleinement compatible ou non, ou si des adaptations devront être proposées dans le cadre du message relatif à l'éventuelle ratification, qui vous serait soumis. Dans la mesure où la décision de ratification relève de la compétence du Parlement, il vous appartiendra dès lors de vous prononcer, le cas échéant, sur d'éventuelles adaptations nécessaires dans le cadre du message relatif à la ratification. Il n'existe donc en principe pas ou plus d'obstacles, par rapport à nos bases légales en vigueur, à l'élaboration d'un message du Conseil fédéral.
Dès lors, je vous propose d'accepter la motion sachant qu'elle implique que le Conseil fédéral rédige un message à votre attention, ce qui vous permettra ainsi de vous prononcer en toute connaissance de cause sur la ratification de la convention.
Abstimmung
Le président (Page Pierre-André, président): Le Conseil fédéral propose d'adopter la motion.
Abstimmung - Vote
Für Annahme der Motion ... 72 Stimmen
Dagegen ... 107 Stimmen
(5 Enthaltungen)