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08.510 · Initiative parlementaire · 2008-12-17

Liquidé

Wortlaut

Me fondant sur les articles 160 alinéa 1 de la Constitution et 107 de la loi sur le Parlement, je dépose l'initiative parlementaire suivante :

Les conseils d'administration des entreprises cotées en Bourse et des entreprises dont la Confédération détient des parts doivent être composés d'au moins 30 % de femmes, ou d'hommes. Ces quotas doivent être atteints au plus tard cinq ans après l'entrée en vigueur de la présente disposition.

Begründung

La crise financière actuelle témoigne de ce qui se produit quand le marché fonctionne sans contrôle et sans surveillance externe : l'État, que l'idéologie exclut du jeu, est soudain sollicité quand les pertes surviennent. Autre état de fait révélé par cette crise : les instances dirigeantes, essentiellement masculines, ont mené les entreprises à la ruine en ne se préoccupant que de leurs propres bénéfices. Hélas, leurs défaillances retombent sur les autres !

C'est la raison pour laquelle mon initiative parlementaire demande que les conseils d'administration des entreprises cotées en bourse ou dont la Confédération détient des parts soient composés d'au moins 30 % de femmes, ou d'hommes. Aujourd'hui, dans les directions d'entreprises, seule une personne sur dix est une femme. Or, plusieurs études le montrent, les femmes font de meilleures gestionnaires que les hommes (ou du moins, elles apportent un style de management complémentaire, ce qui fait de la mixité des entreprises un facteur de performance). "Women matter", une étude de McKinsey menée en 2007, prouve que les femmes managers obtiennent en moyenne un taux de rendement des capitaux 10 % plus élevé et des marges 48 % supérieures à la moyenne de la branche. En général, les femmes ont aussi une approche plus durable du maniement financier : c'est ce que révèle l'étude suisse conduite par Zimmermann et Höchle en mai 2008 sur quelque 40 000 dépôts de clients et de clientes. Empêcher les femmes d'accéder aux directions d'entreprises, c'est à la fois mauvais pour les entreprises et catastrophique pour tout le monde, ce que la crise financière actuelle démontre de manière crasse.

Ancienne cheffe de la Bourse suisse, Madame Antoinette Hunziker-Ebneter a ces propos très justes : "Je ne le dis pas de bon coeur, mais j'ai acquis la conviction qu'il faut exiger un quota de femmes dans les conseils d'administration, d'au moins 30 % dans une phase transitoire. Sinon, les choses bougent trop lentement. La concurrence est rude : nous avons besoin de toutes les femmes qualifiées." ("Bilan", 10.10.2008).