13.5225 · Heure des questions. Question · 2013-06-10
Département des affaires étrangères
Liquidé
Wortlaut
Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan utilise la violence pour réprimer des manifestations pacifiques à Istanbul et dans d'autres villes. Il tente également de présenter ces protestations civiles comme criminelles.
1. Le Conseil fédéral va-t-il demander au gouvernement turc de respecter le droit de manifester et le droit de grève ?
2. Quelles possibilités envisage-t-il pour venir en aide aux victimes civiles de la répression et pour rendre visite aux accusés et aux prisonniers ?
Stellungnahme des Bundesrates
Le Conseil fédéral suit les développements actuels en Turquie avec attention. La liberté d'expression est une composante essentielle de toute société démocratique, que la Suisse s'emploie à défendre au sein des forums internationaux, tels que les Nations Unies, le Conseil de l'Europe et l'OSCE. Le Conseil fédéral regrette de constater que les tensions internes en Turquie ont fait quatre morts et de nombreux blessés à ce jour - avec état au 13 juin dernier.
Dans le cadre du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies, il se trouve que la Suisse se mobilise aux côtés du Costa Rica et de la Turquie en faveur de la protection des droits de l'homme dans le contexte des manifestations pacifiques. Jusqu'à présent, ces efforts ont débouché sur la tenue d'un débat d'experts, en septembre 2011, et l'adoption de deux résolutions, l'une en 2012 et l'autre en mars dernier. Malheureusement, on voit que sur le terrain ces efforts ne portent pas tous les fruits espérés et que le dialogue et notre engagement devront donc se poursuivre.
Par ailleurs, la Suisse mène régulièrement des consultations politiques avec la Turquie. Ces rencontres sont également l'occasion d'aborder des questions de politique intérieure. Les dernières consultations ont eu lieu le 7 juin 2013, au niveau du secrétaire d'État au DFAE. La question des manifestations a été abordée dans ce cadre. Le Conseil fédéral est d'avis qu'un dialogue constructif est la meilleure manière de s'approcher de l'objectif visé en matière de protection et de diffusion des droits de l'homme.
Les représentations suisses à Ankara et à Istanbul observent attentivement les événements en Turquie, y compris l'ouverture d'éventuelles procédures judiciaires. Selon les informations fournies par notre ambassade à Ankara, aucune procédure n'a encore été ouverte dans le cadre des actuelles manifestations. Il est dès lors prématuré d'envisager à ce stade des mesures de soutien concrètes.
Enfin, par rapport à une offre de bons offices de la part de la Suisse, il convient de tenir compte du fait qu'il s'agit d'une question de politique intérieure turque. Un engagement de la Suisse dans une médiation n'est possible qu'à condition que toutes les parties la souhaitent.