Cramer Robert · Ständerat · 2010-06-07
Cramer Robert · Ständerat · Genf · Grüne Fraktion · 2010-06-07
Wortprotokoll
J'aimerais tout d'abord remercier Monsieur Gutzwiller d'avoir déposé sa proposition et annoncer, au nom de la minorité - parce que je me suis assuré que ce point de vue était partagé par Messieurs Comte, Hêche et Lombardi -, que nous nous rallions à la proposition Gutzwiller. Je retire donc ma proposition de minorité.
J'essaie de vous exposer en deux mots les raisons qui ont conduit au dépôt de ma proposition de minorité et les raisons pour lesquelles je la retire.
Tout d'abord, ce n'est pas parce que nous étions emballés à l'idée de réduire le délai nécessaire de six à deux mois que cette proposition a été déposée, mais parce qu'à un moment donné au cours de la discussion, il est apparu que c'était la seule possibilité de faire quelque chose qui aille dans le sens de la proposition de la commission du Conseil national. En effet, les explications que nous avons reçues de Madame la conseillère fédérale Widmer-Schlumpf lors des travaux en commission nous ont appris que le canton de Zurich pratiquait déjà dans le cadre du droit actuel un délai de deux mois et qu'au fond, c'était le délai le plus long que l'on pouvait imaginer si on voulait rester dans le cadre des pratiques actuelles. La minorité a eu la faiblesse d'imaginer que, peut-être, elle deviendrait majorité si elle adoptait ce point de vue. Mais tel n'a pas été le cas, puisque la majorité de la commission, malgré cet effort consistant à faire un pas gigantesque dans son sens, en est restée à une attitude extrêmement intransigeante.
A partir de là, il faut arrêter de faire des petits calculs et poser le problème pour ce qu'il est. Et il est assez simple: la Suisse consacre des moyens importants à former des étudiants étrangers. Nous avons entendu en commission des chiffres qui sont extrêmement importants et qui donnent une idée de ce que représente cet investissement: on parle de chiffres qui se situent entre 500 000 francs et 1 million de francs par étudiant. Il est tout à fait regrettable qu'une fois que cette formation coûteuse pour notre pays est terminée, ces étudiants n'aient pas la possibilité de travailler en Suisse, mais qu'ils aillent chercher du travail non pas, comme le voudrait une vision romantique des choses, dans un pays du Sud dont ils seraient issus et qui aurait besoin de leurs compétences, mais dans un autre pays riche - ce dernier bénéficiant de la formation dispensée aux frais du contribuable helvétique.
Ne pas accorder de délai ou accorder un délai extrêmement court pour permettre à un étudiant de trouver du travail n'est pas très réaliste: peu d'employeurs sont disposés à engager quelqu'un s'ils ne savent pas s'il a un diplôme; et il va de soi que c'est au moment où l'étudiant a un diplôme et au moment où l'on sait de quelle façon il a réussi son diplôme - s'il l'a brillamment réussi ou s'il était un étudiant médiocre - qu'il commence à avoir véritablement accès au marché du travail.
C'est donc dire que le délai de six mois semble être adéquat; c'est le délai qui a été retenu par le Conseil national et c'est celui que nous vous recommandons d'adopter.