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Recordon Luc · Ständerat · 2010-06-17

Recordon Luc · Ständerat · Waadt · Grüne Fraktion · 2010-06-17

Wortprotokoll

Il est assez étrange, et à vrai dire assez triste de constater que, chaque fois ou presque que l'on passe par une phase de projets d'économies, le Haras national suisse, en tout cas depuis de nombreuses années, est une cible de premier choix. Il faut savoir ce que l'on veut! Ou bien ce haras ne sert à rien: ce n'est pas une tâche publique digne d'être assumée, et alors on le dit clairement et on y renonce. Ou bien on admet que c'est une tâche publique, et on lui trouve un statut stable. On ne peut pas faire vivre une institution, quelle qu'elle soit, dans l'incertitude perpétuelle.

Ce que je voudrais par mon postulat, c'est qu'on examine toutes les pistes que l'on peut suivre sans a priori, qui assurent la pérennité du haras, que ce soit à la charge de l'autorité publique ou en dehors - si c'est possible complètement, ce dont je doute -, ou éventuellement avec des financements mixtes. Il s'agit de garantir l'accomplissement de ses missions, du moins de celles que l'on identifiera fermement comme nécessaires pour l'avenir. C'est donc une vision [PAGE 737] extrêmement ouverte, mais avec un objectif clair: la pérennité du haras. Pour moi, c'est ce qui est fondamental.

A priori, je ne pense pas qu'on puisse s'en tirer sans l'intervention des pouvoirs publics, mais la situation doit être stabilisée sur le long terme. Ce qui s'est passé avec l'annonce du programme d'économie n'est pas acceptable. C'est au moment où l'on mettait au concours le poste de directeur du haras qu'on a soudain annoncé qu'il était sous le coup de mesures qui peuvent véritablement menacer son existence, ou du moins l'essentiel de son existence.

Or je dois quand même rappeler que, même si la mission originelle, qui était certainement justifiée à l'époque et qui consistait à assurer la fourniture des chevaux du train et de la cavalerie, a complètement muté, il y a aujourd'hui - et ce n'est pas un hasard -, 90 000 équidés en Suisse. C'est quand même un nombre considérable pour des animaux qui coûtent cher, aussi bien à l'acquisition qu'à l'entretien. Il y a 200 000 pratiquants de la monte et de l'attelage - qui sont certes plutôt des loisirs, mais enfin, ce sont tout de même des loisirs d'une assez grande importance. Et puis le cheval représente lui aussi, du point de vue de la biodiversité animale, un maillon absolument essentiel. C'est un vertébré et un mammifère supérieur que l'on ne peut pas simplement écarter d'un revers de main, y compris en raison de son rôle historique et culturel.

Je crois donc qu'il y a beaucoup de raisons sérieuses d'assurer la pérennité du haras. Je comprends personnellement assez mal la réponse du Conseil fédéral, qui nous dit que les milieux concernés vont peut-être trouver une solution et que l'on aura des entretiens avec un promoteur privé, que l'on en saura plus au cours de l'été. Ce n'est pas une raison pour rejeter mon postulat, c'est au contraire une raison pour l'adopter. Cela montre que le Conseil fédéral admet qu'il y a quelque chose à faire, que l'on doit essayer vraiment de sauvegarder ce haras dans toute son importance et que l'on doit prendre la chose en main. On a l'impression que la nécessité est là mais que le Conseil fédéral s'en lave quelque peu les mains. Or c'est quand même lui - rappelons-le - qui a mis le feu aux poudres dans cette affaire.

Je vous prie donc instamment de donner un signal clair à notre gouvernement, qui doit réellement empoigner ce sujet, et d'adopter par là même mon postulat.