Hodgers Antonio · Nationalrat · 2010-09-29
Hodgers Antonio · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2010-09-29
Wortprotokoll
"La liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres", c'est sur cette règle fondamentale dans toute société basée sur la liberté individuelle comme la nôtre que la présente initiative qui vise à une mobilité durable et humaine se fonde. Car aux tenants de l'ultralibéralisme routier, c'est bien la légitimité des autres libertés qu'il faut opposer. Voici les principales.
Tout d'abord, la liberté de bénéficier d'un climat sain. En effet, les transports représentent près de 30 pour cent des émissions de gaz à effet de serre, parmi lesquelles celles de la voiture individuelle jouent un rôle très important. Les modèles qui seraient interdits par cette initiative représentent certes une très petite part de ces émissions, mais ils symbolisent clairement le gaspillage des ressources non renouvelables. Ainsi limiter les véhicules qui émettent plus de 250 grammes de CO2 par kilomètre, soit une consommation de plus de 11 litres d'essence aux 100 kilomètres, ce qui représente plus du double des objectifs de l'Union européenne, semble tomber sous le sens.
Ensuite, il faut garantir la liberté de se déplacer en sécurité sur la voirie. En raison de leur poids énorme, leur carrosserie très haute et inflexible, les gros véhicules visés par l'initiative représentent un grand danger pour les conducteurs d'automobiles de taille moyenne et petite, les cyclistes, les piétons et surtout les enfants.
Enfin, il faut garantir la liberté d'avoir suffisamment d'espace urbain, de préserver l'espace commun qui est celui de nos rues. La surface énorme occupée par ces véhicules - tout-terrain, 4x4 et autres "offroaders" - pose souvent des problèmes de circulation et de stationnement dans des espaces réduits comme ceux des villes suisses. En effet, leur largeur ne permet pas aux vélos et aux autres véhicules de les dépasser facilement. De plus, il est fréquent que ces voitures occupent chacune plus de une place de parc empêchant, ainsi les autres véhicules de stationner.
Je vous ai donné ces exemples, mais il est vrai que, comme Genevois, on constate cela quotidiennement dans nos rues, et pourtant Dieu sait si à Genève il n'y a pas beaucoup de pentes, pas beaucoup de neige, pas beaucoup de terrains boueux.
C'est vraiment pour la sauvegarde de ces libertés que je vous recommande de soutenir cette initiative. Elle est modérée, car seule une petite minorité de 13 pour cent des véhicules serait interdite, mais cette minorité est clairement la plus nuisible.