Reymond André · Nationalrat · 2010-09-29
Reymond André · Nationalrat · Genf · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2010-09-29
Wortprotokoll
Rejetons l'initiative "anti-4x4"! La haine de la coalition rose-verte à l'encontre des automobilistes ne connaît plus de limites. Le dernier exemple en est l'initiative des jeunes du Parti des Verts qui s'intitule "pour des véhicules plus respectueux des personnes". C'est l'ultime avatar de la croisade commencée il y a quelques années avec un texte contre les 4x4. Quel qu'en soit l'intitulé, cette initiative est néfaste pour la plus grande partie de nos compatriotes, dont l'automobile est en sursis.
Dès l'adoption de leur initiative seraient interdites les voitures qui émettent plus de 250 grammes de CO2 par kilomètre, mais aussi les véhicules qui rejettent plus de 2,5 milligrammes de particules fines par kilomètre, ainsi que ceux qui consomment en moyenne plus de 10,7 litres de carburant aux 100 kilomètres. Que ces idéalistes de l'air ambiant cessent de jouer avec notre liberté de déplacement et même avec nos relations internationales!
Prenons le simple exemple de notre parc de voitures diesel. Au moins 25 pour cent de ces voitures économes en carburant devrait passer à la trappe; la faute certainement aux 2,5 milligrammes de suie qu'elles émettent chaque kilomètre. Cela signifie que les casses automobiles vont faire du chiffre d'affaires avec toutes ces reliques qui polluent l'air condamnées pour quelques grammes de CO2 en trop.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Plus de 281 modèles commercialisés cette année en Suisse rejettent plus que 250 grammes de CO2 par kilomètre. Même constat pour cette norme absurde du poids total à vide fixée à 2,2 tonnes. 184 modèles de véhicules les dépassent allègrement. Cette norme arbitraire est complètement inepte. Les normes internationales qui sont reconnues par les Etats, comme par les constructeurs, concernent un poids total en charge avec essence et passagers. Plus de trois millions de nos véhicules ne remplissent pas l'un des critères de cette initiative. Par conséquent, trois millions d'automobiles devront rouler à 100 kilomètres à l'heure au maximum.
Tous les automobilistes n'ont pas forcément les moyens d'acheter une voiture neuve pour satisfaire aux exigences délirantes des écolo-socialistes, et ce seront les classes les plus aisées qui pourront se payer le luxe des voitures socialo-compatibles!
Mais l'impact de cette initiative est bien plus vaste qu'il ne semble au premier abord. Comment faire respecter cette nouvelle réglementation? Avec une armée de fonctionnaires dévolue à cette tâche: contrôles routiers, vignettes et paperasses à l'avenant. Mieux encore, comment va-t-on faire appliquer ce règlement unique en Europe aux millions de voyageurs et touristes étrangers qui empruntent nos routes? Faudra-t-il les arrêter à la frontière, les contrôler pour leur infliger une limitation de vitesse ou leur faire rebrousser chemin? Croyez bien qu'à l'heure des Bilatérales, ce genre de brimades seraient plutôt mal perçues chez nos voisins qui finiraient par éviter la Suisse pour y faire du tourisme ou simplement la traverser.
Les normes européennes sont aussi draconiennes que les nôtres et, à l'horizon 2012, les véhicules commercialisés dans l'Union européenne devront émettre en moyenne 130 grammes de CO2 par kilomètre. Des sanctions financières toucheront les constructeurs qui n'y satisferont pas. C'est sans conteste cette norme à l'échelle de l'Europe entière qui décidera les constructeurs à fabriquer des voitures toujours moins polluantes. Des voitures hybrides ou électriques, avec des carrosseries moins dangereuses en cas de collision, vont bientôt être commercialisées. Dès lors, l'inutile et coûteuse norme helvétique passera aux oubliettes de l'histoire de l'industrie automobile.
Pour toutes ces raisons, il faut empêcher cette initiative de venir nous gâcher la vie. Donc refusons-la!