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Thorens Goumaz Adèle · Nationalrat · 2010-09-30

Thorens Goumaz Adèle · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2010-09-30

Wortprotokoll

La cohabitation entre le loup et le petit bétail n'est pas facile. Elle est pourtant possible, comme le prouve l'expérience des régions où le loup n'a jamais disparu. Elle est surtout souhaitable, car le loup fait partie intégrante de notre faune indigène. En pleine année internationale de la biodiversité, et alors que le loup figure encore et toujours sur la liste rouge des animaux menacés, il ne peut être question de remettre en cause la protection dont il bénéficie à juste titre.

Les activités pastorales méritent cependant tout autant d'être sauvegardées. Elles permettent une gestion des pâturages d'altitude et enrichissent le tissu économique des régions périphériques. Actuellement, la production locale ne répond qu'à 40 pour cent de la demande suisse de viande d'agneau. Le reste des consommateurs doit se rabattre sur de la viande importée souvent de l'autre bout du monde. Il s'agit donc de trouver des solutions pragmatiques, permettant de protéger à la fois les loups et les activités pastorales.

Ma motion va dans ce sens. Elle prévoit que les mesures de protection existantes soient renforcées et diversifiées et que les moyens alloués à ces tâches soient augmentés, car la protection des troupeaux a un coût. Le besoin en moyens supplémentaires se faisait déjà clairement sentir en 2008 lorsque mon texte a été déposé, il est encore plus pressant aujourd'hui. Avec des moyens supplémentaires, il s'agirait tout d'abord d'étendre les mesures de protection. Pour 250 000 moutons en estivage, on compte actuellement moins de 200 chiens de protection, c'est très insuffisant. Il faut ensuite améliorer et diversifier les mesures prévues. Si l'on augmente le nombre de chiens auprès des troupeaux, il faut impérativement prévenir les conflits potentiels avec les promeneurs sur les axes touristiques. Les chiens doivent donc être dûment sélectionnés et dressés et des solutions doivent être trouvées pour leur stationnement hivernal.

Les touristes doivent être informés des itinéraires à respecter et du comportement à adopter en cas de passage à proximité d'un troupeau. Les bergers, enfin, devraient pouvoir bénéficier de formations adéquates qui leur permettent de faire face aux nouveaux défis auxquels leur profession est confrontée.

Malgré ces initiatives, il arrive que des difficultés demeurent pour les troupeaux de petite taille et dans certaines zones topographiques. Des solutions peuvent et doivent être trouvées au cas par cas. Une planification des exploitations alpestres au niveau cantonal et le regroupement des troupeaux peuvent y contribuer.

Pour terminer, j'aimerais souligner le fait qu'une meilleure protection des troupeaux n'est pas seulement positive dans le contexte de la cohabitation avec le loup; elle limite également les autres types de pertes de moutons, qui sont bien plus nombreuses que les pertes dues aux grands prédateurs, puisqu'on en compte - on l'a déjà dit - entre 8000 et 10 000 par an, alors que les loups ne sont responsables que de la disparition de 100 à 350 bêtes. Ces 8000 à 10 000 pertes liées à des accidents, à des chutes ou à des maladies, [PAGE 1618] sont en outre bien plus dommageables pour les éleveurs, puisqu'elles ne sont pas indemnisées.

Je vous encourage dès lors à adopter ma motion afin que les éleveurs soient mieux soutenus dans leur tâche et que des solutions adéquates leur soient proposées pour mieux protéger leurs bêtes, que ce soit du loup ou des autres dangers qui les menacent lors de l'estivage.

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