Calmy-Rey Micheline · Bundesrat · 2010-09-14
Calmy-Rey Micheline · Bundesrat · Genf · 2010-09-14
Wortprotokoll
En juin 2010, le Conseil fédéral a décidé que la Suisse participerait aux mesures de financement des mesures climatiques à hauteur de 140 millions de francs pour les années 2010 à 2012. La contribution totale de la Suisse a été calculée par l'Office fédéral de l'environnement sur la base des émissions de gaz à effet de serre de notre pays et sur la base aussi de notre solvabilité.
Le Conseil fédéral a décidé de ne pas puiser cette contribution de la Suisse dans les budgets actuels de la coopération au développement. Il s'agit de ressources nouvelles et additionnelles qui s'ajoutent au plan financier 2011/12 de la DDC et du SECO. Ces fonds seront utilisés pour financer des mesures d'adaptation au changement climatique et de réduction des émissions de gaz à effet de serre dans les pays en voie de développement.
La répartition du financement se présente comme suit: 15 des 140 millions de francs proviennent de la contribution suisse au Fonds pour l'environnement mondial - le FEM - et les 125 millions restants proviennent des moyens que le Conseil fédéral demandera au Parlement par le biais du message concernant l'augmentation des moyens pour le financement de l'aide publique au développement. Le Conseil fédéral discutera ce message lors de sa séance du 17 septembre 2010 et votre chambre aura l'occasion de s'exprimer sur ce dossier lors de la prochaine session.
Vous l'avez souligné tous les deux, les conséquences du réchauffement climatique sont réparties très inégalement sur la surface du globe. Elles affectent souvent les sociétés les moins à même de faire face à ce phénomène. Et dans les pays du Sud, les répercussions des changements climatiques menacent le développement durable et économique, la sécurité alimentaire et la lutte contre la pauvreté. Le débat a longtemps été mené uniquement dans la perspective de la politique de protection du climat. Aujourd'hui, il est de plus en plus mis en relation avec la nécessité d'adaptation, de lutte contre la pauvreté, de justice et de participation des populations concernées, c'est-à-dire de gouvernance.
Dans les négociations internationales sur le climat, les revendications de la politique de développement sont peu à peu entendues, et on se rend à l'évidence qu'il faut lutter contre la pauvreté et contre les inégalités pour que les pays en développement puissent renforcer leurs capacités au changement climatique et prendre les mesures nécessaires pour moins polluer. Les mesures nécessaires sont de nature agricole, écologique, technique, économique, sociopolitique, institutionnelle et politique.
Le secrétaire général des Nations Unies a décidé de mettre en place un panel de personnalités, qui sera constitué le 19 septembre prochain. J'ai l'honneur d'être nommée par le secrétaire général des Nations Unies dans ce panel. Il aura pour objectif d'examiner juste cette problématique, aussi au niveau institutionnel, et les travaux dureront jusqu'à la fin de l'année 2011. Donc la Suisse participera, comme vous l'avez dit, Monsieur Schweiger, avec comme objectifs à la fois de diminuer les conséquences climatiques et environnementales et d'avoir une plus-value dans la lutte contre la pauvreté dans les pays en transition et en voie de développement.
Nous avons aussi, dans notre rapport sur la politique extérieure, mis en évidence ce lien étroit qui existe entre politique climatique et politique de développement.
Vous pouvez donc avoir confiance: le Conseil fédéral va s'engager dans cette lutte pour éviter les conséquences du changement climatique, et en particulier dans les pays en voie de développement. Nous comptons aussi sur votre participation, votre coopération et votre engagement.