AB 114931
Calmy-Rey Micheline · Bundesrat · Genf · 2010-12-09
Wortprotokoll
Lors de cette conférence des donateurs, qui s'est tenue le 31 mars 2010, la communauté internationale avait mobilisé un montant total de 5,3 milliards de dollars pour 18 mois. La Suisse s'était, elle, engagée à participer à la reconstruction pour 35,9 millions de francs pour les années 2010 à 2012.
Jusqu'à maintenant, en plus des moyens dispensés dans le cadre de l'aide d'urgence, qui se montent à 12 millions de francs, la DDC a versé environ 5 millions de francs sur les 35,9 promis pour les années 2010 à 2012.
Aujourd'hui, l'aide humanitaire de la Confédération prend le relais de l'aide d'urgence et met l'accent sur la reconstruction et le fonctionnement des infrastructures sociales, comme par exemple les établissements de santé ou les écoles. La coopération bilatérale au développement de la DDC a renforcé son engagement dans les domaines de l'eau potable, des installations sanitaires et de la sécurité alimentaire, c'est-à-dire surtout sur des questions de production agricole.
L'ensemble de la somme promise par la DDC sera libérée en 2010, 2011 et 2012, par la mise en oeuvre de différents projets. Et les autres donateurs vont certainement faire leur possible pour concrétiser aussi leurs engagements. Cela a été un point à l'ordre du jour du Sommet de la Francophonie, en la présence de la ministre des affaires étrangères d'Haïti, Madame Rey, qui a soulevé également la question du choléra qui s'abat sur Haïti et qui a demandé de l'aide.
La Francophonie s'est prononcée dans sa déclaration finale pour un soutien à Haïti. Même si la Suisse respecte ses engagements, la reconstruction en Haïti progresse très lentement. Cela s'explique par la faiblesse des structures gouvernementales, l'opacité des questions de propriété foncière, l'absence de normes, de standards gouvernementaux pour encadrer les projets de reconstruction et l'effort de coordination intense qui est exigé de la part des donateurs.
Puis, aux difficultés institutionnelles, juridiques, politiques, organisationnelles - je ne parle pas des élections encore - s'ajoutent les catastrophes naturelles qui ne cessent de frapper cette île. Après le séisme de janvier dernier, Haïti connaît une épidémie de choléra sans précédent, qui est amplifiée par le passage d'un ouragan au début du mois de novembre dernier. Et tous ces événements mettent à genoux Haïti, qui est déjà extrêmement affaibli.
La Suisse a réagi à cette nouvelle catastrophe. Nous avons envoyé des spécialistes du Corps suisse d'aide humanitaire qui aideront la Direction nationale de l'eau potable et de l'assainissement haïtienne à vérifier l'absence de contamination fécale de l'eau potable dans les zones rurales. Ils s'attaqueront ainsi à la cause de l'épidémie de choléra, qui est transmis principalement par l'eau. Outre les experts en eau potable envoyés à la fin d'octobre 2010, un médecin et un infirmier sont venus renforcer l'équipe médicale de l'Hôpital Albert Schweitzer pour le traitement des patients atteints de choléra. L'hôpital est situé dans le département de l'Artibonite et il est d'autant plus concerné que l'épidémie de choléra trouve son origine dans ce département. Un expert en eau, un infirmier, un logisticien sont également envoyés en Haïti en soutien à Terre des hommes Lausanne, pour une mission de quatre semaines, et l'aide humanitaire de la Confédération apporte à Caritas une contribution financière dans le cadre d'une action associant la distribution de sets d'hygiène à une campagne d'information sur la prévention.
Pour garantir l'échange d'informations et la mise au point d'éventuelles mesures, l'aide humanitaire de la Confédération a invité les organisations d'entraide suisses et d'autres acteurs du DFAE à participer à une table ronde. Nous avons en effet été rendus attentifs à l'importance très grande d'avoir une coordination aussi ici en Suisse entre les organisations d'entraide qui sont actives en Haïti. Et nous avons pris cette initiative.