Rennwald Jean-Claude · Nationalrat · 2011-02-28
Rennwald Jean-Claude · Nationalrat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2011-02-28
Wortprotokoll
Je voudrais faire d'abord une remarque préliminaire. Dans ce dossier, j'interviens moins comme élu socialiste que comme quelqu'un qui a pratiqué le journalisme durant près de vingt ans. Même si j'ai pratiqué le journalisme surtout en Suisse, j'ai toujours été solidaire de ceux qui exerçaient ce métier dans des zones de conflits.
Par ma motion, je demande au Conseil fédéral de s'engager en faveur d'une convention internationale sur la protection des journalistes dans les zones de conflits armés et de violences internes et, pour commencer, de convoquer une réunion internationale sur ce thème.
2009 a été une année record pour les journalistes, si l'on peut dire: 121 d'entre eux ont été tués dans l'exercice de leur fonction. Il faut ajouter à ce noir bilan de nombreux enlèvements et emprisonnements, parfois accompagnés de tortures, ainsi que de fréquentes pressions et de menaces. A mes yeux, cette hécatombe est révélatrice du manque de protection des journalistes dans les conflits. Les Conventions de Genève assimilent les journalistes à des civils. Or il est évident que les journalistes ne sont pas des civils comme les autres, en ce sens qu'ils prennent des risques considérables et qu'ils doivent donc être protégés de manière spécifique. Et cela d'autant plus que les journalistes sont devenus et deviennent toujours davantage des cibles.
Une ONG a proposé de promouvoir un nouvel instrument juridiquement contraignant qui réaffirme, complète et précise le droit humanitaire. Cela passe notamment par la création d'un emblème des journalistes qui règle par exemple les questions d'accès, d'identification et l'instauration de sanctions. Actuellement, la Fédération internationale des journalistes estime que 90 pour cent des crimes commis contre des journalistes restent impunis.
Par rapport à cette situation, il me paraît que la Suisse, comme bien d'autres pays, ne mesure pas tout à fait la gravité et l'urgence de la situation, comme en témoigne la réponse du Conseil fédéral. Madame la présidente de la Confédération, je n'aurai pas l'outrecuidance de dire que la réponse du Conseil fédéral est dépourvue de sens, mais elle ne me semble pas très concrète, car on dit que la Suisse s'engage, que la Suisse salue, que le Conseil fédéral estime, etc.: tout cela ne me semble pas très concret. Donc, il est nécessaire de maintenir cette motion, ceci d'autant plus que les graves ennuis de journalistes, y compris suisses, en Egypte et en Tunisie ces dernières semaines, ainsi que les difficultés d'accès en Libye donnent une actualité brûlante à la nécessité de résoudre ce problème.
En résumé, ceux qui estiment que la liberté de la presse n'est pas très importante voteront contre la motion Rennwald et ceux qui sont attachés à la liberté de la presse partout dans le monde voteront en faveur de ma motion.