Leuenberger Ueli · Nationalrat · 2011-03-17
Leuenberger Ueli · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2011-03-17
Wortprotokoll
Ce matin, lorsqu'on a commencé nos travaux en présence de seulement 30 personnes dans la salle, je me suis dit qu'on avait vraiment tous besoin de plus de vacances, de plus de moments de repos, de plus de moments de récupération!
Ce que je demande par mon initiative parlementaire est tout simple: revoir le droit légal aux vacances. Celui-ci doit être augmenté, mais mon initiative ne dit pas à combien; il faut le revoir, car il y a une nécessité. A cette demande toute simple et pertinente, le Conseil fédéral et la majorité de la commission ont répondu par un niet sec. Ils ne veulent pas entrer en matière sur cette proposition.
Pourtant, l'augmentation du droit aux vacances s'impose. Tout le monde doit reconnaître que la charge croissante du monde du travail ainsi que l'environnement influencent l'état de santé de la population. Tout le monde doit reconnaître que la société est en mutation. Le développement vers une société de services, la place croissante qu'y prend la technologie, l'accessibilité 24 heures sur 24, "die 'Rund um die Uhr'-Gesellschaft", tout cela a fondamentalement modifié le monde du travail. La charge de travail et la pression, en particulier à la place de travail, ont considérablement augmenté durant les deux dernières décennies.
Grâce aux nouveaux moyens technologiques et de communication, les exigences des entreprises ont augmenté envers leurs collaborateurs. La densification et l'intensification des processus de travail ont augmenté le rythme de travail qui croît de manière continue. Les travailleuses et les travailleurs ne sont pas les seuls concernés par les activités de la société qui ne s'arrêtent jamais. Les activités non-stop affectent la société toute entière. Les activités se poursuivent durant la nuit et en fin de semaine dans les villes et dans les agglomérations, mais aussi dans les campagnes. Les conséquences en sont un accroissement des émissions sonores, des charges sur l'environnement et la consommation de ressources. [PAGE 476]
Le stress au travail est un des risques pesant sur la santé qui est le plus souvent mentionné. Selon une étude du SECO sur le travail et la santé faite en 2009 - tout le monde le sait, mais personne ne le reconnaît ni ne veut en tirer les conséquences -, deux tiers environ des personnes actives souffrent à leur place de travail. Le stress au travail coûte la colossale somme d'environ 10 milliards de francs par année à la société. Alors qu'on arrête de me parler des charges insupportables pour les entreprises si on augmente un petit peu la durée des vacances dans notre pays!
La productivité à long terme des personnes actives est aussi en jeu. Il n'existe presque plus de possibilités de juxtaposer de manière équilibrée les différents domaines de la vie que sont le travail, la famille et le temps libre. L'augmentation des cas d'épuisement professionnel - qu'on appelle communément le "burn-out" - est en cela significative. Les travailleurs ont besoin d'un temps de pause plus long pour pouvoir se régénérer; c'est nécessaire au simple bien-être. Il s'agit d'investir dans la santé de notre société. Plus de vacances, c'est la solution idéale pour récupérer.
Le droit légal aux vacances n'a pas augmenté depuis un quart de siècle dans notre pays. Ceux qui plaident en faveur de solutions sectorielles savent très bien que les employés dans ces secteurs vulnérables ne peuvent pas créer un rapport de force suffisant pour imposer l'amélioration du droit aux vacances. Ceux qui proposent de rejeter l'initiative populaire de Travail Suisse, qui ne veulent donner suite ni à l'initiative parlementaire Leutenegger Oberholzer, ni à l'initiative parlementaire de Buman, ni à la mienne, qui ne veulent donc même pas tenir un débat sur une nécessité réelle, font tout simplement de l'obstruction.