Reymond André · Nationalrat · 2011-03-17
Reymond André · Nationalrat · Genf · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2011-03-17
Wortprotokoll
Depuis 2007, la crise économique et financière qui frappe le monde a eu un impact destructeur [PAGE 515] sur de nombreux pays vulnérables. Les effets de cette crise planétaire continuent d'ébranler les systèmes politiques et sociaux, même si certains pays semblent se diriger vers un retour à la croissance. C'est dans ce contexte défavorable que la Suisse a choisi de poursuivre et d'amplifier son aide aux pays les moins favorisés.
Dans les années 2007 à 2009, les prix de certaines matières premières se sont effondrés, ce qui a réduit la principale source de devises de nombreux Etats. Durant la même période, les investissements et les transferts financiers vers les pays émergents ont brutalement chuté, ce qui a entraîné l'explosion de la dette de ces Etats bien souvent incapables de se refinancer sur les marchés financiers. C'est pour cela que les Etats développés ont dû intervenir par une aide rapide et massive. En 2009, les pays membres du Comité d'aide au développement de l'OCDE ont alloué un montant total de 119 milliards de dollars à l'aide au développement. La Suisse y a aussi contribué pour 0,47 pour cent de son produit national brut.
Les catastrophes naturelles ne font qu'affaiblir les pays les plus fragiles. L'appauvrissement des sols, la baisse des rendements agricoles, la pollution chimique des terres arables ou la réduction des cheptels conduisent des populations entières à la famine, alors que l'accroissement démographique exige chaque jour de nouvelles ressources alimentaires.
Comme objectif prioritaire, il y a surtout le problème de la gestion des ressources en eau et des problèmes qui s'y réfèrent. Il est alarmant de constater qu'un peu plus de 1 milliard d'êtres humains n'ont pas accès à l'eau potable et que plus de 2,6 milliards d'habitants de notre planète ne disposent pas d'installations sanitaires de base.
A la lecture de ce rapport, il semble que tout va de mieux en mieux. On laisse un peu de côté les choses qui vont moins bien.
Je considère que les fonds affectés à l'aide suisse au développement sont mal répartis. On aimerait une distribution plus ciblée de ces engagements financiers. Par exemple, aider les villes chinoises à maîtriser les émissions de gaz à effet de serre me semble être une dépense superflue, tant les ressources financières chinoises sont importantes. De même, l'argent consacré à la reconstruction d'Haïti est un exemple flagrant d'argent gaspillé. A quoi ont servi tous ces millions de francs envoyés à Port-au-Prince? Plus d'un an après le séisme, rien n'a bougé, aucun logement n'a été bâti. Les réseaux sanitaires sont dans le même état lamentable qu'il y a un an. Où sont donc passés ces fonds?
Cela, les communiqués triomphants de la DDC n'en font pas mention et c'est bien dommage, car c'est la même chose pour les fonds affectés directement aux Etats d'Asie centrale. La centaine de millions de francs que l'entourage des potentats ouzbeks et kazakhs vient dépenser dans nos boutiques de luxe ne sortent pas de nulle part! Aider ces régimes corrompus n'est pas symbolique d'une bonne gestion de l'aide au développement.
Je souligne que, dans bien des cas, le droit européen est en contradiction avec le droit suisse. Plus nous allons de l'avant, plus nous perdons notre souveraineté. Le Conseil fédéral pourrait-il nous présenter un concept de souveraineté suisse, plutôt que de vouloir s'aligner uniquement sur le droit européen?
Il y a aussi le problème de l'euro et des rétorsions que nous pourrions subir si nous ne nous alignions pas sur l'Europe dans bien des domaines. Comment fonctionnent nos contrôles dans la distribution de fonds depuis les prêts jusqu'aux bénéficiaires qui souvent ne reçoivent rien? L'argent reste sur les comptes ou dans les administrations qui, elles, utilisent ces fonds surtout pour des frais administratifs souvent surdimensionnés.