Brunschwig Graf Martine · Nationalrat · 2011-06-09
Brunschwig Graf Martine · Nationalrat · Genf · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2011-06-09
Wortprotokoll
Comme on est à la veille des élections fédérales, il est devenu à la mode de faire référence à la volonté du peuple. Alors, au nom du groupe libéral-radical, je vais rappeler la votation du 5 juin 2005. Cela remonte donc à six ans; c'était la date à laquelle les citoyens ont accepté les accords Schengen/Dublin, qui étaient contestés par voie référendaire. Le sujet intéressait les votants, puisque le taux de participation s'est élevé à 56 pour cent - ce qui, dans notre pays, pour les votations fédérales, constitue un taux supérieur à celui de bien des votations presque aussi importantes.
Mais aujourd'hui, ces accords sont attaqués sur le plan politique par ceux-là mêmes qui devraient les soutenir s'ils prétendent améliorer la sécurité du pays. L'Union européenne n'est pas une institution parfaite, chacun le sait; l'Espace Schengen - auquel nous appartenons désormais - et sa gestion ne le sont pas non plus. Mais le groupe libéral-radical estime que la Suisse a impérativement besoin, pour assurer la sécurité de ses citoyens, de bénéficier d'un système d'information et de coordination internationales pour pouvoir lutter contre la criminalité. La Suisse n'est pas une île; elle ne l'était pas non plus avant que le système Schengen soit mis en place. En revanche, elle était bien plus isolée qu'elle ne l'est aujourd'hui en matière de lutte contre la criminalité.
Ceux qui connaissent la situation dans les régions frontalières de notre pays savent bien qu'avant 2008, les douanes n'étaient pas toutes gardées jour et nuit par des douaniers armés jusqu'aux dents, contrairement à ce qu'on voudrait nous faire croire aujourd'hui. La frontière était loin d'être imperméable. Des violations de la loi, il y en avait déjà. Hélas! il y en a toujours, avec tout de même une grande différence, qu'auront constatée ceux qui s'intéressent aux faits divers: les arrestations se font plus nombreuses à partir du moment où la frontière n'est plus un obstacle aux opérations de sécurité. Gardes-frontière et police: la coordination est indispensable. Une stratégie Confédération/cantons est indispensable. En effet, Schengen n'est pas qu'un traité; il s'agit avant tout d'une nouvelle façon de concevoir la politique de sécurité.
Il ne suffit pas de demander davantage de gardes-frontière ou de policiers: il s'agit aussi et surtout de définir la mission des uns et des autres dans le contexte nouveau créé par l'Espace Schengen dans lequel nous sommes. Les imperfections que l'on peut constater aujourd'hui ne seront pas corrigées par une dénonciation du traité ni en s'opposant à son adaptation, comme le demandent les interventions du groupe UDC. Quant aux demandes des milieux de gauche réclamant une sortie de Frontex, le dispositif de protection et de contrôle des frontières, elles sont tout aussi irresponsables.
Nous nous opposerons à toute demande de ce type-là. Nous sommes convaincus que l'application des traités doit se faire avec un maximum d'efficacité.