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Freysinger Oskar · Nationalrat · 2011-09-26

Freysinger Oskar · Nationalrat · Wallis · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2011-09-26

Wortprotokoll

Le groupe UDC voudrait tout d'abord souligner le rôle subsidiaire que joue le soutien à la culture au niveau de la Confédération suisse. Nous opposons ici la diversité au centralisme. Les cantons, les communes sont les premiers vecteurs du soutien culturel; la Confédération n'agit que de manière subsidiaire. Et c'est bien ainsi, car une centralisation au niveau de la culture - et le passé nous l'a démontré - n'est pas souhaitable. Il vaut mieux jouer la carte de la diversité culturelle, qui est très grande en Suisse.

Ce que nous trouvons positif dans ce projet, c'est le fait qu'il y ait un crédit-cadre défini pour quatre ans. C'est bien, parce que cela donne un cadre plus large, que cela permet de mieux fixer les buts et de les définir sur une plus longue durée.

Il est aussi positif que le projet prévoie d'éviter les doublons. Car, à l'heure actuelle, des soutiens culturels sont alloués à certaines organisations globales, mais il y a des sous-organisations qui sont subventionnées par d'autres organismes. Il règne un certain flou à ce niveau-là. Avec cette nouvelle manière de faire, nous évitons ce genre de doublon, et c'est positif.

Le problème que nous avons connu et que nous connaissons encore en ce qui concerne ce projet composé de huit projets d'acte, c'est que nous avons été évidemment contactés par de multiples lobbys, groupes d'intérêts, etc. Chaque acteur culturel a voulu tirer la couverture à soi et considère évidemment que son activité culturelle est indispensable, mais, les moyens étant limités, ce que nous donnons aux uns va manquer aux autres. On va opposer le film à la peinture, la peinture à la littérature, etc., et cela deviendra un peu un bazar! Et ç'a été un peu la problématique lors des débats en commission.

Dans certains domaines, vu les moyens à disposition, j'ai un peu l'impression qu'on en fait trop peu si l'on veut réellement être efficace. Je prends en exemple le cinéma: c'est une activité culturelle horriblement chère. Il est vrai qu'un film coûte beaucoup plus cher que d'autres activités. Donc il faudrait savoir: soit on veut vraiment créer des films de grande qualité et alors on y met les moyens, mais alors il faut mettre carrément dix à vingt fois plus de moyens que maintenant; soit on fait dans le bon marché. Je vois, au niveau du cinéma, plutôt un avenir dans le domaine des coproductions que dans la création de films du cru, avec des moyens limités - forcément limités par rapport au coût que cela représente.

Néanmoins, le groupe UDC entrera en matière sur ces projets d'acte. Nous veillerons, lors de la discussion par article, à adopter le plus souvent possible le projet du Conseil fédéral. Lorsqu'il y aura des déplacements de crédits, on tentera de compenser dans les sept autres grands blocs, selon des critères de valeur ajoutée. Nous donnons un exemple: pour le patrimoine culturel, c'est de l'argent qui reste chez nous, qui donne du travail à nos entreprises, et vu qu'un franc dans ce domaine génère huit francs, le groupe UDC a été d'accord de souscrire à 20 millions de francs de plus pour le maintien du patrimoine culturel.

Pour ce qui est de la formation, un aspect qui nous semble un peu discutable, c'est le soutien à la création de jeux vidéo et de films. En même temps, on abandonne passablement le soutien à l'écrit et à la lecture, qui sont des activités éminemment formatrices: plus un jeune a de capacités verbales, plus il sait s'exprimer et utiliser son instrument de base qui est sa langue maternelle, voire même parler des langues étrangères, et moins il aura tendance à opter pour la violence.

D'un autre côté, soutenir la création de films vidéo, de jeux vidéo souvent violents, ne nous semble pas nécessairement la meilleure des solutions, même si l'on peut dire qu'il y a des jeux et des films extraordinaires. 98 pour cent des jeunes, finalement, ne vont pas s'occuper de ce genre de vidéos; ils vont plutôt utiliser ce qu'il y a de plus violent sur le marché. On peut s'interroger à propos d'Arte: on dit qu'Arte est super, mais on peut se demander aussi quel est son taux d'audience.

Nous avons des doutes quant au fait de rendre l'art accessible, parce que si les gens ne veulent finalement pas consommer une certaine production artistique, on ne va pas pouvoir les forcer à le faire. Donc il faut que là aussi, nous gardions une bonne mesure.

Je reviendrai peut-être à la fin sur deux petits détails, deux choses qui nous posent problème. Il y a ainsi la proposition de crédit pour le Musée alpin suisse. La majorité des membres du groupe UDC sera contre, mais il y aura là quelques voix discordantes. Au projet 6, quelque chose qui tient à coeur au groupe UDC, c'est de soutenir la culture populaire.

Par contre, nous refuserons de soutenir le crédit destiné aux gens du voyage, donc aux Yéniches, et à leur organisation, parce que soit on veut les intégrer et, à ce moment-là, il faut mettre des moyens pour qu'ils s'intègrent, soit alors ils vivent en marge de la société selon un mode de vie qui leur est propre et, à ce moment-là, je ne vois pas pourquoi nous mettrions de l'argent pour cela. Il faut quand même savoir ce qu'on veut: est-ce qu'on veut les intégrer ou pas? C'est assez schizophrène. Nous ne soutiendrons pas ce crédit.

Quant à Pro Helvetia qui veut aller se produire à Moscou, je pense que le groupe des Verts devrait être particulièrement sensible à ne pas trop soutenir ce projet, puisque nous savons qu'un voyage vers Moscou, cela cause beaucoup de rejets de CO2! Donc il vaudrait peut-être mieux moins polluer l'atmosphère que d'aller aussi loin propager de la culture!

Le groupe UDC entrera en matière et, au fur à mesure de l'évolution des débats, rejettera ou adoptera les propositions en question, selon les critères que je viens d'énoncer.