Dreifuss Ruth · Bundesrat · 2001-06-11
Dreifuss Ruth · Bundesrat · Genf · 2001-06-11
Wortprotokoll
Je ne ferai pas ici de longs développements sur les difficultés de définir le screening optimal. Il se trouve toujours entre en faire trop, sans gain réel pour la santé, et en augmentant le risque d'avoir des résultats qui ne correspondent pas à la réalité et donc d'induire des femmes dans une fausse sécurité, soit au contraire de les affoler, alors que, quelques examens plus loin, éventuellement quelques interventions plus loin, on voit qu'il y avait une lecture insatisfaisante de l'examen lui-même. Il est extrêmement difficile de trouver l'équilibre exact entre le nombre d'examens qui peuvent être faits de façon aussi générale et les résultats pour la santé. Nous avons donné quelques chiffres concrets dans notre réponse. Nous sommes en train de faire nos premières armes dans ce domaine et vous vous rappelez certainement des débats sur la question de l'échographie lors d'une grossesse et des questions sur l'utilité de la mammographie de dépistage. Nous avons d'autres examens, en particulier celui de la prostate, pour lesquels nous nous posons les mêmes questions. Nous sommes en train, et nous ne sommes pas les seuls dans le monde, à faire nos premières expériences sur l'équilibre exact de ces examens.
Vous m'avez demandé ce qui s'était passé depuis votre interpellation: nous continuons à évaluer la qualité de l'examen, et c'est la raison pour laquelle nous avons introduit, depuis le 1er juillet 2000, le remboursement d'un nouveau test - il s'appelle "cytologie en couches minces pour la détection précoce du cancer du col de l'utérus" - qui se révèle, semble-t-il, beaucoup plus précis que le fameux test de Papanicolaou qui était la méthode traditionnelle. Nous l'avons introduit dans la liste des prestations obligatoires, bien qu'il soit plus onéreux, et c'est lui qui est actuellement évalué. Nous avons dû nous rendre compte qu'en fait, les gynécologues procédaient déjà à d'autres examens que les examens [PAGE 665] traditionnels. Nous avons donc maintenu la fréquence, mais avec un examen plus précis, avec tous les avantages qui en découlent, et nous pourrons en faire un bilan en l'an 2002.
De plus, nous pensons qu'il est particulièrement important, nous l'avons dit, de développer l'information auprès des groupes de femmes qui ne procèdent à aucun examen.
Sur ce plan, c'est la population étrangère qui nous intéresse au premier chef et que nous devons atteindre, puisqu'on y trouve le pourcentage le plus élevé de femmes de plus de 20 ans qui n'ont aucun examen gynécologique. Nous avons, dans ce but, des programmes particuliers à l'Office fédéral de la santé publique, qui s'adressent aux différentes communautés étrangères et qui soutiennent les efforts faits par les cantons.
L'OFAS et l'OFSP ont commencé le débat au sein du comité directeur du programme national de lutte contre le cancer au sujet du dépistage du cancer de l'utérus. Le travail se poursuit dans ce cadre. Le comité directeur du programme national de lutte contre le cancer est d'accord d'intégrer dans son programme la lutte contre le cancer de l'utérus.
Pour terminer, j'aimerais dire, puisque tous les screenings nous posent un peu les mêmes problèmes quant à la participation des personnes concernées, que nous avons quand même déjà fait un progrès important. Nous pouvons libérer de la franchise les examens de dépistage effectués dans des programmes que les cantons mettent sur pied. Cela, dans les cantons qui ont des programmes systématiques de dépistage et d'information de la population, qui font l'effort d'aller vers les personnes concernées. Nous accumulons des expériences qui seront certainement intéressantes pour la suite.
Le screening est un instrument de prévention relativement difficile à utiliser. Laissez-nous faire nos expériences; nous en rendrons compte très volontiers à toutes les occasions que vous voudrez.