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John-Calame Francine · Nationalrat · 2012-03-12

John-Calame Francine · Nationalrat · Neuenburg · Grüne Fraktion · 2012-03-12

Wortprotokoll

Le groupe des Verts refusera la réforme des quotes-parts et de la gouvernance du FMI. Selon le site Internet du Fonds monétaire international, l'organisation a pour mission "d'encourager la coopération monétaire internationale, de veiller à la stabilité financière, de faciliter le commerce international, d'oeuvrer en faveur d'un emploi élevé et d'une croissance économique durable et de faire reculer la pauvreté dans le monde". Force est de constater que le FMI ne respecte pas les objectifs que je viens de citer.

J'en veux pour preuve l'effet désastreux de son intervention en Grèce. Même d'éminents économistes soutiennent la théorie que la faillite de la Grèce aurait eu des conséquences moins pénibles pour la population si cette intervention n'avait pas eu lieu. Le FMI a exigé un plan d'austérité drastique: les salaires et les retraites ont été amputés de 50 pour cent, la faim a refait son apparition surtout dans les grandes villes du pays dont le centre est désormais occupé par des milliers de SDF misérables et affamés; le chômage atteint désormais 20 pour cent, mais 45 pour cent chez les jeunes; les services publics ont été liquidés ou privatisés avec pour conséquence une diminution des lits d'hôpitaux de 40 pour cent et des soins qu'il faut payer très cher, même pour accoucher. En janvier 2012, l'Etat grec n'était toujours pas capable de fournir les livres de l'année scolaire commencée en septembre 2011. Les femmes, qui sont les premières à être licenciées, doivent désormais assumer bénévolement des tâches de service public que l'Etat est dorénavant incapable de fournir.

Ces inégalités sociales en augmentation fragilisent la société civile et créent un climat d'insécurité car les sacrifices se font toujours au détriment des personnes les plus vulnérables. Que ce soit en Grèce, en Espagne, en Irlande ou au Portugal, ces plans d'austérité produisent une nouvelle vague de migrants qui rêvent d'une vie meilleure.

Ces dernières années, les banques occidentales ont cherché le profit à court terme, ont pris des risques inconsidérés et, lorsqu'elles ont rencontré des problèmes, elles ont appelé au secours les Etats. Pourtant, dans ce Parlement, on n'arrête pas de nous répéter qu'il n'y a que les règles du libre marché pour réguler efficacement le monde des affaires et que la responsabilité est la règle d'or à laquelle il ne faut en aucun cas déroger.

Mais, qu'en est-il de la responsabilité des instituts financiers qui prêtent à tout-va, sans même s'assurer que les garanties de leurs prêts sont solides? Suite à différentes débâcles financières, les gouvernements n'ont eu d'autres choix que d'aider les banques en difficulté, ce qui a eu pour conséquence d'augmenter les montants des dettes publiques dans des pays qui, jusque-là, contrôlaient relativement bien leur taux d'endettement. Par effet domino, ces mêmes pays n'arrivent plus à rembourser leurs emprunts qui arrivent à échéance. Ils sont alors acculés et n'ont d'autre solution que de faire appel au FMI, à la Banque mondiale ou à la Banque centrale européenne.

Le cercle vicieux est en place car que leur propose le FMI pour améliorer leur sort? De nouvelles coupes drastiques dans les prestations publiques, ainsi que des baisses de salaire, donc plus de pauvreté, des taux de chômage très élevés, une récession importante qui empêche l'instauration d'une croissance économique et le maintien du pouvoir d'achat de la population. Arrêtons cette hypocrisie et cessons de soutenir des actions qui ne font qu'empirer la spirale infernale de l'endettement et de la récession! Ce n'est plus supportable.

Cette situation est d'autant moins supportable lorsque l'on sait que Mario Draghi, qui a été nommé président de la Banque centrale européenne, était vice-président pour l'Europe de Goldman Sachs, que Lucas Papademos, qui a pris la tête de la Grèce, était gouverneur de la Banque centrale hellénique et que Mario Monti, qui a remplacé Silvio Berlusconi, travaillait comme conseiller pour Goldman Sachs. Tous les trois, à des degrés divers, sont responsables du déclenchement de la crise en Europe, car ils ont participé à la falsification des comptes de la dette grecque et ont spéculé sur celle-ci. Et vous voudriez que nous fassions confiance à ces personnes pour améliorer le sort des Etats surendettés! Mais comment voulez-vous rendre un peu de crédibilité à la finance internationale lorsque de tels faits sont à peine évoqués et jamais condamnés!

Comme l'a affirmé la Commission du droit international des Nations Unies à propos de l'état de nécessité, on ne peut attendre d'un Etat qu'il abandonne les services publics de telle sorte qu'il livre sa population au chaos et à l'anarchie, simplement pour disposer de l'argent nécessaire au remboursement de ses créanciers. Le groupe des Verts partage cette analyse et souhaite que les organisations financières internationales, tel que le FMI, fonctionnent sur des valeurs démocratiques et centrées sur la satisfaction des besoins humains fondamentaux.

Pour toutes ces raisons, le groupe des Verts vous invite à refuser la réforme des quotes-parts et de la gouvernance.